La journée parlementaire de l’UMP – Copé-Fillon : une rivalité de moins en moins feutrée

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Après l’échec de la droite aux législatives, députés et sénateurs UMP se sont retrouvés jeudi dernier à Marcq-en-Barœul pour une journée de travail unique, consacrée aux « attentes de l’opinion ».

Après la défaite, la reconquête [des municipalités] démarre maintenant. » C’est le mot d’ordre que les responsables des groupes parlementaires UMP de l’Assemblée et du Sénat souhaitaient faire passer à l’occasion de la journée parlementaire organisée jeudi dernier à Marcq-en-Barœul, la banlieue chic de Lille. Mais l’exercice était compliqué : l’UMP est en pleine campagne électorale interne, le projet de budget 2013 n’était pas complètement arrêté et, pour compliquer le tout, l’UMP s’apprête à voter en faveur du traité budgétaire européen (il est vrai, négocié par Nicolas Sarkozy).

Dans ce contexte mouvant, Christian Jacob et Jean-Claude Gaudin, les deux présidents de groupe, ont préféré la sobriété aux affrontements publics entre « copéistes » et « fillonistes » : les séances de travail ont été consacrées exclusivement aux enseignements d’un sondage spécialement commandé à l’Ifop consacré à « l’état de l’opinion : perceptions et attentes des Français quatre mois après l’élection présidentielle ». Frustrant pour ceux, nombreux, qui auraient voulu s’en prendre au choc fiscal le plus important depuis la Libération. S’ils ont dû « encaisser » l’approbation par près de deux tiers des Français du retour de la retraite à 60 ans pour certains salariés, ainsi que la création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale, députés et sénateurs ont eu la satisfaction d’apprendre que la réduction de la dette est la première préoccupation de leurs concitoyens, et que pour y remédier la réduction des dépenses publiques est plébiscitée par 78 % d’entre eux. Le droit au mariage pour les couples homosexuels et l’octroi du droit de vote des étrangers se retrouvent en queue de peloton. La question du cumul des mandats (le non-cumul est plébiscité par les Français) a été éludée. Un autre chiffre a impressionné l’assemblée : 64 % des Français considèrent que François Hollande a raté le début de son quinquennat ; Christian Jacob y voit une explication : « Hollande s’enfonce pour deux raisons. D’abord pour ce qu’il fait ou plutôt ce qu’il ne fait pas. Mais il s’enfonce également parce que nos groupes parlementaires ne l’ont pas laissé respirer. » Une façon de motiver les élus tentés de rester sur la réserve pour se préserver des retombées de la guerre Fillon-Copé.

Anita Hausser
Article paru dans le numéro 451
du mercredi 3 OCTOBRE 2012

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