Malaise

par

L’opinion de Bruno Jeudy

Décidément, Dominique Strauss- Kahn n’est pas le champion de la communication si souvent décrit. Une fois encore, l’ancienne étoile socialiste a manqué son rendez-vous avec la sincérité. Certes, il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas rester insensible aux justifications avancées, dimanche soir, par DSK. Après tout, il a avoué une « faute morale ». Ce qui n’est pas rien. Faute avouée à demi pardonnée.

Mais voilà, au bout de ces vingt-quatre minutes de show télévisé, il n’y a guère que TF1 qui puisse avoir de quoi se réjouir. La Une a probablement décroché la plus belle audience de l’année. Pour DSK, le bilan risque d’être nettement moins positif. L’excès de com’ et de scènes surjouées (le rapport du procureur brandi à cinq reprises, les silences pesants, les yeux fermés…) a étouffé la sincérité qui aurait dû prévaloir. Et provoqué in fine un sentiment de malaise. Trop de grosses ficelles, pas assez de repentance. Il s’est bien gardé d’ailleurs de présenter de plates excuses.

Résultat : les 13,5 millions de téléspectateurs ne savent toujours pas ce qui s’est passé dans la suite du Sofitel de New York. Ce ne fut pas une relation tarifée, ni un rapport sexuel sous la contrainte, a-t-il juré. Mais le même DSK a reconnu une « faute morale »… qu’il regrettera longtemps. La belle affaire ! Il nous avait déjà fait le coup au début de son mandat à la tête du FMI lorsqu’il avait dû admettre une relation adultère avec une collaboratrice.

La contre-attaque de DSK risque d’être un peu courte. En évoquant un « piège » voire un « complot », l’ancien champion socialiste a posé les jalons d’un retour. Car il espère bien revenir dans le jeu politique si l’occasion se représente en 2012 ou plus tard. Il n’a pas pu s’empêcher de délivrer sa leçon d’économie en posant son nouveau diagnostic sur la Grèce. Dominique Strauss-Kahn n’est pas Lionel Jospin. Disqualifié par sa « faute morale », l’homme de Sarcelles n’a pas annoncé son retrait de la vie politique. La preuve que ce champion du monde de tram- poline en politique ne se contentera pas d’un rôle de conférencier international, façon Bill Clinton. Il croit à un miracle. Pas sûr que le vainqueur de la primaire socialiste ait envie de faire une place à ce camarade devenu trop encombrant.

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