Le Jeudi 28 juin 2007
Le Parlement européen et le Conseil ont conclu le 20 juin un accord sur le troisième paquet ferroviaire, dont l’objectif est de revitaliser les chemins de fer communautaires. Ils ont notamment trouvé un compromis sur le champ d’application du règlement sur les droits et devoirs des passagers.
Le principal point de divergence portait sur l’application - souhaitée par les eurodéputés - du règlement sur les droits et devoirs des passagers aux passagers des réseaux intérieurs, alors que le Conseil voulait que ce texte ne soit appliqué qu’à ceux des services internationaux. Finalement, ” tous bénéficieront des mêmes droits minimums (responsabilité du transporteur envers les passagers et leurs bagages, droit au transport des personnes à mobilité réduite) quand la législation entrera en vigueur en 2009 “, indique le Parlement européen. Sur décision des Etats membres, les services de longue distance ne seront pas obligés d’appliquer les autres droits prévus par le règlement, et ce pour une période de cinq ans reconductible deux fois. Quant aux services urbains, inter-urbains et régionaux, ils pourront être définitivement exemptés de ces droits non minimums. ” Le fait qu’il ait été très difficile de persuader tous les Etats membres d’accorder des droits minimums aux passagers ferroviaires est symptomatique de la façon dont les autorités ferroviaires traitent leurs clients de nos jours “, a constaté le rapporteur pour le Parlement européen, Dirk Sterckx (ADLE, Belgique). Aux termes de l’accord, il est prévu que les compensations en cas de retard sur les services transfrontaliers - à condition que l’opérateur puisse être tenu pour responsable de ce retard - devront correspondre à 25 % du tarif (pour un retard de 60 à 120 min) et à 50 % du tarif (retard de 120 min ou plus).
Ouverture en 2010
L’accord prévoit aussi que les services ferroviaires internationaux seront ouverts à la concurrence à partir du 1er janvier 2010, la Commission européenne devant déterminer dans les deux ans qui suivent si une libéralisation des services intérieurs est nécessaire.
Enfin, s’agissant des conducteurs de trains, l’accord précise qu’ils devront détenir un certificat portant sur leur état de santé, leur niveau de qualification et leurs compétences professionnelles. Les eurodéputés n’ont pas réussi à étendre le principe de ce certificat à tout le personnel roulant, mais ils ont obtenu que l’Agence ferroviaire européenne identifie ” les autres agents ferroviaires à des postes critiques en matière de sécurité qui devraient être soumis à un système similaire de permis “, la Commission ayant ensuite un an pour faire un rapport et éventuellement présenter une proposition législative à ce sujet.
L’accord doit être ratifié par les eurodéputés en séance plénière en septembre.
Carine Duvoux
