A deux contre un

27 juin 2007 - 

Que se passe-t-il quand un strauss-kahnien et un fabiusien prennent chacun la plume après des élections présidentielle et législatives perdues par le PS ? Bien sûr, ils font feu sur la candidate malheureuse, Ségolène Royal. Pour Jean-Christophe Cambadélis, l’échec de la dame du Poitou réside principalement dans son « incapacité à se poser la bonne question : “Quelle politique peut battre Sarkozy ?” et non “Qui peut battre Sarkozy ?” », mais aussi les improvisations répétées d’une candidate trop sûre de ses intuitions. S’il ne veut pas trop égratigner Ségolène Royal comme on l’avait reproché à DSK au soir du second tour de la présidentielle, le député de Paris souligne avec perfidie que Royal a tout joué sur la popularité d’un moment, comme l’avait fait dans le temps un certain Maurice Barrès qui n’est pas ce qu’on pourrait appeler une figure de gauche…
Claude Bartolone, gâchette fabiusienne et chargé des relations avec la presse lors de la campagne, n’est pas plus tendre avec une candidate à qui il reproche l’absence de socle programmatique solide et une auto-victimisation incessante. Le propos se fait encore plus dur pour dénoncer « l’autopersuasion télévangélique » qui guide la candidate, persuadée que les Français ne veulent entendre parler que d’elle, et ses discours « plus christiques que politiques ».
Mais, et c’est peut-être là la principale analyse qui réunisse aujourd’hui partisans de DSK et de Fabius, les mots les plus durs sont réservés à François Hollande. Accusé d’avoir « glacé » le parti pendant cinq ans pour neutraliser les ambitions de chacun afin de préserver les siennes selon Cambadélis, « montant les uns contre les autres » selon Bartolone, le premier secrétaire du PS en prend pour ses frais. Les deux députés dressent le portrait d’un responsable prêt à tout pour rester au centre du jeu et rafler une investiture qu’il se fera finalement voler par celle qu’il avait mis en avant pour mieux neutraliser les éléphants.
A.H.

Une élection « imperdable » - Claude Bartolone - l’Archipel - 163 p. - 14,95 €
Parti pris - Jean-Christophe Cambadélis - Plon - 303 p. - 18,50 €


Laisser un commentaire