Le Vendredi 27 juillet 2007
Hervé Mariton, député (UMP, Drôme), président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public
Comment le texte sur le service minimum s’est-il peu à peu imposé ?
C’est un projet de loi assez pragmatique qui vient à la suite d’un long cheminement. Il y a tout d’abord eu une demande populaire, puis différents débats – notamment à l’Assemblée nationale et autour du rapport Mandelkern de 2002 – et enfin l’instauration de procédures de dialogue social dans les entreprises de transport.
Toute l’économie du texte vise une amélioration de ce dialogue social et la prévisibilité des conflits. L’objectif est de réduire la conflictualité et d’optimiser les ressources disponibles. Nous avons maintenant une approche décentralisée et priorisée sur cette question.
Xavier Bertrand a-t-il apporté des précisions sur ce texte lors de son audition par la commission spéciale le 24 juillet ?
Le ministre a donné des informations supplémentaires au sujet du préavis de 48 h imposé à un salarié qui souhaite se mettre en grève. Il a indiqué que ce principe n’était pas réversible : un salarié ne pourra donc pas changer d’avis et se joindre au mouvement s’il n’a pas respecté le préavis. A l’inverse, il pourra décider de travailler alors qu’il avait indiqué vouloir faire grève.
Quels sont les amendements principaux qui seront défendus à partir du 30 juillet au nom de la commission spéciale ?
Les membres de la commission souhaite que la RATP et la SNCF aient, comme les entreprises qui ne disposent pas d’accord en la matière, jusqu’au 1er janvier 2008 pour se conformer aux dispositions du texte. [Le Sénat souhaite leur laisser jusqu’au 1er janvier 2009, ndlr]
Nous proposerons également un amendement afin de préciser que l’information délivrée par les entreprises de transport à destination des usagers est gratuite, et non disponible sur un serveur vocal payant par exemple.
Enfin, nous souhaitons préciser que ce seront les entreprises de transport qui paieront entièrement l’indemnisation des usagers en cas de perturbation. [Le texte prévoit que les collectivités locales participent à l’indemnisation, ndlr]
Propos recueillis par Raphaël Richard
