Deux jours après le discours de Nicolas Sarkozy sur les nécessaires réformes de la fonction publique (revalorisation des carrières, réforme des heures supplémentaires et rémunération au mérite), le Gouvernement annonçait un « grand débat national » pour apaiser les esprits.
Ce débat, qui s’achèvera fin mars 2008, sera lancé le 1er octobre prochain, à l’occasion de l’ouverture d’une conférence présidée par le Premier ministre sur les « valeurs, missions et métiers de la fonction publique ». Tous les citoyens, en tant qu’usagers, et tous les fonctionnaires, pourront y participer, via un site Internet. Entre temps, des tables rondes seront organisées et un livre blanc fixant les grandes orientations pour la fonction publique sera présenté. Deux rapporteurs, Jean-Ludovic Silicani, conseiller d’Etat, et Catherine Sieschi, de l’institut de recherche Demos, seront chargés d’auditionner des experts, des syndicalistes et des membres de l’administration.
Avance sur réforme
Autant d’initiatives qui visent à faire redescendre la température, alors que les leaders des syndicats de fonctionnaires ont lancé des appels à la mobilisation après les propos du chef de l’Etat. Pour Eric Woerth, le ministre de la Fonction publique, il n’y a « pas de raison de déclencher des conflits », le président de la République n’ayant fait qu’annoncer « des mesures de bon sens ».
En attendant, son ministère joue les bons élèves, en prenant de l’avance sur la réforme. Il a annoncé le 22 septembre que les ministères pourront désormais remplacer le système actuel de notation par des « entretiens individuels » de leurs agents. Ils porteront sur « les résultats obtenus […], les objectifs pour l’année à venir, la manière de servir, les acquis de l’expérience professionnelle, les besoins de formation, ainsi que les perspectives d’évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité. » Ces entretiens seront expérimentés jusqu’en 2009.
Rendez-vous difficile
Chez les parlementaires, peu sollicités sur la question pour le moment, les lignes politiques sont respectées mais chacun sent l’épreuve de force arriver. Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, a estimé que la « refondation » de la fonction publique constituera un « rendez-vous difficile ». Sans surprise, Patrick Braouzec (GDR, Seine-Saint-Denis), juge que « la révolution néo-conservatrice est en marche », le Gouvernement démolissant « un à un les fondements de la fonction publique et du service public ».
David Gilberg
