Une avancée d’Hercule….

Le Mercredi 30 janvier 2008

Chaud devant ! A défaut de contrats indiens, avec le rapport Attali, la croissance va repartir ! Et que voulez-vous, mieux vaut communiquer là-dessus par les temps qui courent que sur la dépénalisation du droit des affaires. S’appuyer sur le rapport du Cher Jacques et retourner sur le terrain : cela vaut bien un « j’ai changé », non ? Après tout, le coup a déjà marché par le passé, sans quoi l’on n’en serait pas là, à ne cesser de répéter qu’il faut agir. C’est sûr qu’il vaudrait mieux en donner l’impression, parce qu’à la veille des municipales, l’électorat inscrit en a gros sur le cœur.

Imaginez ! Il a appris que non, il n’y a pas de petit Sarko-Noël. Hier, ensemble, tout devenait possible. Aujourd’hui, à l’impossible, nul, c’est-à-dire le président de la République, n’est tenu. Le meneur d’hommes s’en est même ouvert à plusieurs reprises. Dans un premier temps aux imbéciles qui trépignent pour que leur pouvoir d’achat augmente alors que les caisses sont vides. Et dans un deuxième temps, à ceux qui l’ont écouté répondre aux propositions du rapport Attali : il en a par-dessus la tête de ces demandes paradoxales des collectivités et des entreprises, qui veulent simultanément que l’Etat paye – le plafonnement de la taxe professionnelle, les allègements de cotisation sociale et les préretraites - et se désendette.

Pire : une fois retiré son costume de Supère-Noël, Nicolas Sarkozy ne peut guère se réfugier derrière le prestige de sa fonction. Certes, il fut un temps, bien avant lui, où François Mitterrand pouvait prendre de haut PPDA sur le mode : « ne soyez pas insinuant ». Mais aujourd’hui, l’insinuation est dans toutes les têtes. Et pour cause : à force de descendre dans l’arène, Nicolas Sarkozy aura désacralisé jusqu’à sa fonction. Jamais jusqu’ici, un président ne s’était entendu traiter, face à face et devant les caméras, « d’enculé » (sic.) par un pêcheur qui le menaçait également d’un « coup de boule ». Jamais un de ses prédécesseurs n’avait poussé à ce point l’étalage délibéré de sa vie personnelle. Que le président passe assez de temps dans le show-biz pour s’amouracher d’un mannequin, cela énerve la France qui se lève tôt. Que les caricaturistes des journaux indiens s’en donnent à cœur-joie(1), certains hauts fonctionnaires chargés de représenter la France rougissent de honte. Mais quand ce mannequin s’exhibe, de cuissardes dévêtue, dans un journal espagnol et partout sur Internet, là, chapeau bas, ce n’est plus du Vaudeville, c’est du Feydeau et la pièce s’appelle : Mais ne te promène donc pas toute nue…

Alors bien sûr, dans une telle situation, il faut de l’imagination, de la nouveauté, pour captiver le spectateur, pour l’hypnotiser façon Ribadier(2). Tenez ! Un rapport Attali !

Question : cela suffira-t-il ? Car le document en question est parfois encombrant, au point que le président a d’emblée dû évacuer un ou deux points. Ainsi, de l’immigration, que le Cher Jacques préconise de relancer, pas un mot. Quant à la suppression des départements, le sujet n’est « pas prioritaire » et les Français y sont attachés – deux arguments qui peuvent sembler curieux venant d’un homme qui ne cesse de répéter que l’on peut « tout mener de front » et qu’il faut rompre avec les habitudes du pays. Mais toute la question est ailleurs. Car, au-delà de la bravade sur le fait que Paris est la capitale où il est le plus difficile de trouver un taxi, il sera intéressant de voir ce que Nicolas Sarkozy va faire de la proposition d’une quasi tabula rasa des avantages corporatistes et professions réglementées. Chacun ayant tendance à trouver son avantage propre aussi justifié qu’est injustifié celui de son voisin, mieux vaudrait, pour vendre la réforme, avoir l’image respectable d’un leader irréprochable et désintéressé, image que ne renvoie plus vraiment le titulaire de l’Elysée. A tel point que ce dernier semble parfois sur le point de reproduire avec les Français l’exploit qu’il avait réussi en 2005 avec les jeunes de banlieues : leur donner le sentiment d’une insulte personnelle, leur fournir des raisons d’en faire une affaire d’ego, et réussir à ce que chacun, devant sa télévision, attende sa prochaine déconvenue. Ce qui promettrait des choses intéressantes pour les municipales…

Ne serait-il pas dès lors tentant de lire d’un autre œil ce rapport, remarquable, Cher Jacques, puisqu’il légitime pour ainsi dire toute la politique présidentielle. Ce qui reviendrait à appliquer le B.A.-ba de la communication de crise : « Nous sommes conscients du problème », « nous entendons y apporter une solution opérationnelle et concrète dans les plus brefs délais et en concertation avec l’ensemble des parties prenantes »…

Bref, je vous l’assure mes amis, il est urgent de relancer l’immobilisme.

François-Xavier Lanfranchi

1. Selon Reuters, dans l’Hindustan Time on le voit mobile à la main : « Bruni, je t’appelle après la parade »
2. Chez Georges Feydeau, le système Ribadier consiste à endormir sa femme par hypnose pendant qu’on la trompe. Pour les intéressés, la pièce est en ce moment donnée au théâtre Montparnasse.

Carine Duvoux @ 16:21
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Une mesure pour le pouvoir d’achat

Le Mercredi 30 janvier 2008

Audition • Le 23 janvier, la mission d’information de l’Assemblée sur la mesure des grandes données économiques et sociales recevait Reine-Claude Mader, présidente de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Une occasion de découvrir les attentes des consommateurs en matière de mesure du coût de la vie.

Pour Reine-Claude Mader, « le problème ne vient pas d’une absence d’information, mais d’un inégal accès à cette information. Régulièrement, nous expliquons aux consommateurs ce qu’est l’Indice des prix à la consommation (IPC) de l’Insee et pour quelles raisons il ne peut être représentatif de la consommation d’un ménage tel que ce dernier la perçoit. L’IPC n’est pas un indicateur de pouvoir d’achat. »
L’association, qui réalise elle-même des enquêtes sur les prix à partir de paniers de produits consommés par des familles types, demande donc à l’Insee d’élaborer un « véritable indicateur du pouvoir d’achat », en s’inspirant des propositions faites par Philippe Moati et Robert Rochefort dans leur rapport « Mesurer le pouvoir d’achat » réalisé au nom du Conseil d’analyse économique(1). Elle désire également que les enquêtes des ménages(2) soient réalisées tous les deux ans au lieu de cinq ans actuellement et que l’Insee continue à réfléchir sur l’intégration dans ses mesures des dépenses contraintes (loyer, électricité, biens de première nécessité, etc.) et pré-engagées (abonnement téléphonique, par exemple).

Standards de vie
L’Insee devrait également « produire des statistiques qui prennent en compte les standards de vie des consommateurs ». Ainsi, considère l’association, « certaines dépenses paraissent à l’heure actuelle incontournables alors qu’elles ne le sont pas. Par exemple, un jeune a “besoin” d’avoir un téléphone portable pour être comme tout le monde. On touche ici à une forme d’intégration du consommateur dans la société. » Enfin, Reine-Claude Mader propose que l’Insee se serve de données issues du secteur privé, telles que celles commandées au bureau d’études BIPE par Leclerc.
En matière de logement, l’association estime également que les données sont à réviser. L’Insee devrait notamment, explique Reine-Claude Mader, « distinguer les locataires, les primo accédants et les propriétaires ». Il pourrait également faire apparaître les différences géographiques, notamment entre Paris et la province. « Dans l’IPC, le logement ne représente que 6 % des dépenses d’un ménage… Demandez à un Parisien ce qu’il en pense ! »
Aujourd’hui, considère-t-elle, « pour la population, l’indice Insee est décrédibilisé. Il faut le rendre plus interactif. On peut soit choisir un indice agrégé prenant en compte les dépenses contraintes, de première nécessité, pré-engagées, soit adopter une approche catégorielle. En tout cas, une base de quatre ou cinq indices pertinents serait souhaitable. »
C.D.

(1) Disponible sur le www.cae.premier-ministre.gouv.fr/rapports/073.htm
(2) Les enquêtes « budget de famille », réalisées par l’Insee depuis 1979, comportent des informations sur la consommation des ménages et plus précisément sur les dépenses et les ressources des ménages résidant en France.

Le prix au kilo
Face à des exigences de plus en plus diverses concernant l’étiquetage au niveau européen, Reine-Claude Mader a insisté lors de l’audition sur la nécessité de maintenir sur les étiquettes de produits « le prix au kilo ou au litre ». « Trop de producteurs et d’industriels ne modifient pas le prix d’un produit mais diminuent la quantité vendue. L’affichage du prix au kilo reste, pour le consommateur, l’un des principaux repères de l’évolution des prix. »

Carine Duvoux @ 16:19
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Evaluer les dépenses

Le Mercredi 30 janvier 2008

Audition • Le 23 janvier, la mission d’information de l’Assemblée sur la mesure des grandes données économiques et sociales a entendu François Fondard, président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), présenter l’indice qu’utilise cet organisme pour mesurer le coût de la vie.

L’Unaf estime qu’il « ne suffit pas de mesurer les prix : il faut aussi prendre en compte les dépenses ». Créé en 1948, le système de mesure des dépenses des familles, basé sur des budgets-types, est reconnu comme une donnée fiable, explique François Fondard, puisque « par exemple, les magistrats l’utilisent pour calculer le montant des pensions alimentaires ».
Après avoir déterminé les besoins d’une famille-type(1), l’Unaf se base sur les indices de prix de l’Insee. Mais attention, prévient cette association, « ces budgets ne reflètent pas la moyenne des dépenses effectivement faites par une famille. Ils correspondent à un niveau de dépenses qui permet à une famille de vivre avec un minimum décent. »
« Au-delà de la simple mesure des prix, l’objectif est de prendre en compte la masse des dépenses, c’est-à-dire des prix multipliés par des quantités consommées et des dépenses autres que de consommation », indique le président de l’Unaf. Ces budgets ont leurs limites, reconnaît-il, puisqu’ils ne prennent pas en compte un certain nombre de dépenses (impôts directs, garde d’enfants, etc.) et de situations (seuls les locataires sont par exemple concernés).

Plus proche du ressenti

D’une manière générale, estime François Fondard, « le budget-type de l’Unaf est un complément de l’indice des prix de l’Insee ». Il permet par exemple de démontrer que le budget-type d’une famille « A » a, entre 1998 et 2005, augmenté plus fortement que l’indice de l’Insee. « L’écart cumulé en sept ans est de 2,5 % ». La « tendance générale à l’augmentation est plus fortement ressentie par le budget que par l’indice des prix, ce qui va dans le sens dénoncé par les médias et ressenti par le public », explique l’Unaf.
Face à la perception actuelle du pouvoir d’achat, l’Unaf se demande « si les ménages ne sont pas conduits à supporter des frais non pris en compte par l’indice des prix et le budget ». Par exemple, indique-t-elle, « les instruments de mesure actuels n’enregistrent que peu ou mal l’évolution rapide des standards de vie qui conduisent à des pratiques plus coûteuses ».
Mais un autre élément, beaucoup plus évident, pourrait expliquer le sentiment de perte de pouvoir d’achat. Pour l’Unaf, le problème ne vient peut-être pas des dépenses, mais « des ressources disponibles pour y faire face. Or l’évolution récente du revenu brut moyen des ménages se révèle, depuis 2003, inférieure à celle des prix – et des dépenses, contrairement à la situation antérieure ».
Carine Duvoux

(1) Il existe quatre familles-types : famille A (deux adultes et deux enfants de 6 et 12 ans), famille B (deux adultes, deux enfants de 15 et 17 ans), famille C (un adulte, deux enfants de 6 et 12 ans) et famille D (deux adultes et quatre enfants de 6, 12, 15 et 17 ans).

Carine Duvoux @ 16:16
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Les préoccupations des consommateurs-citoyens

Le Mercredi 30 janvier 2008

Réalisée les 23 et 24 janvier, la dernière vague de notre baromètre réalisé pour Casino et l’Hémicycle met en avant une hausse des préoccupations chez les Français dans plusieurs domaines liés à l’actualité de ces dernières semaines : l’environnement et la pollution (+ 5 points) et la sécurité alimentaire (+?6 points), les inégalités sociales (+3 points) et l’intégration (+ 3 points), ainsi que l’école (+ 4 points). Surtout, l’évolution du pouvoir d’achat augmente à nouveau (+ 6 points) et retrouve son niveau record d’il y a deux mois.

Les esprits semblent en revanche s’apaiser sur certains thèmes généralement préoccupants ces derniers mois : le financement des retraites (- 6 points), la santé (- 1 point) et le financement de l’assurance maladie (- 1 point). Par ailleurs, la chute des bourses juste avant l’enquête ne semble pas avoir créé de vent de panique dans l’opinion (l’inquiétude sur la mondialisation de l’économie et les échanges commerciaux n’augmente que de deux points).

La préoccupation sur le pouvoir d’achat talonne celle sur le chômage
58 % des Français (+ 6 points) se disent préoccupés fin janvier par le pouvoir d’achat. C’est donc la deuxième fois (après novembre 2007) que ce seuil record est atteint, gravitant ainsi à des niveaux de préoccupation jamais franchis dans les autres domaines (mis à part le cas du chômage). L’analyse des évolutions depuis la création de notre baromètre en 2004 nous montre par ailleurs une hausse régulière de l’inquiétude liée au pouvoir d’achat, passant de 28 % en mars 2004 à 58 % fin 2007-début 2008 (+ 30 points) et marquée par une hausse particulièrement importante à partir de juin 2007.
La préoccupation pour le pouvoir d’achat est maintenant très proche de celle pour le chômage (62 % ; + 3 points) ; elle est même en tête chez les employés (68 %), les 25-34 ans (66 %), les salariés (65 %) et les sympathisants de droite (59 %).

Les Français marqués par le débat au sujet des OGM
La préoccupation pour l’environnement et la pollution augmente de cinq points (41 % de citations) et celle pour la sécurité alimentaire et la qualité de la nourriture de six points (20 %). Cette hausse est certainement à relier au débat sur les OGM, particulièrement sous les feux de l’actualité depuis le début du mois avec la grève de la faim de José Bové et surtout les doutes sérieux évoqués par la Haute autorité à propos de certains OGM. Le sujet reste donc anxiogène, même après la décision du Gouvernement de suspendre la culture de l’OGM en question.

L’intégration et l’école, deux sujets qui préoccupent davantage
Autre sujet mis en avant par le Gouvernement et auquel les Français ont été sensibilisés ces derniers jours : les banlieues. Avec pour effet une hausse de l’inquiétude des Français dans ce domaine : la préoccupation pour les inégalités sociales augmente de trois points (40 % de citations), tout comme celle pour l’intégration et les relations entre les groupes sociaux (15 %).
La préoccupation des Français pour l’école augmente, elle, de quatre points (38 % de citations). On peut y voir un effet possible du calendrier (en janvier se pose souvent dans les familles la question de la rentrée prochaine) ou un lien avec la grève des fonctionnaires, particulièrement suivie dans l’Education nationale.

Les autres thèmes de préoccupation en recul
L’inquiétude stagne ou diminue en revanche dans les autres secteurs. Ce phénomène est notable concernant le financement des retraites (47 % ; - 6 points), la santé (50 % ; - 1 point) et le financement de l’assurance maladie (33 % ; - 1 point), domaines pour lesquels l’inquiétude était grandissante ces derniers mois.
A noter également le faible niveau de l’inquiétude pour la mondialisation de l’économie et des échanges commerciaux (18 % ; + 2 points), alors que l’enquête a été réalisée juste après la chute des différentes Bourses.
Guillaume Petit, directeur d’études Département stratégies d’opinion de TNS Sofres, pôle actualité

Fiche technique

Enquête réalisée en face à face, pour Casino et l‘Hémicycle, les 23 et 24 janvier 2008, auprès d’un échantillon national de 1 000 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

redaction @ 16:12
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Sur la même longueur d’ondes

Le Mercredi 30 janvier 2008

La seconde table ronde sur le « Grenelle de l’environnement » (voir aussi p. 9) organisée le 23 janvier par la commission des affaires économiques et les délégations à l’aménagement du territoire et pour l’Union européenne de l’Assemblée portait sur les transports. La présence d’un représentant de la Commission européenne a montré aux intervenants français que l’Union et le « Grenelle » étaient parvenus à des conclusions similaires.

Au lendemain de la présentation par la Commission de son plan de lutte contre le changement climatique (voir p.11), Matthias Ruete, DG Energie et transports de la Commission européenne, a réaffirmé la volonté de l’Union de jouer sur les mêmes leviers que ceux du « Grenelle » pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Tout d’abord, il faut avoir davantage recours à des « moyens de transport moins polluants que la route. Nous devons avoir une approche plus transversale et développer la co-modalité », déclare Matthias Ruete, « en nous focalisant sur le réseau de fret ferroviaire et les autoroutes de la mer ». Et il y a du travail en matière de fret ferroviaire en France, reconnaît Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports. « Nous croyons au fret ferroviaire et aux autoroutes ferroviaires. Les projets existent, mais ils prendront du temps, il faut donc nous y mettre dès maintenant », explique Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, qui demande au passage à l’Union d’harmoniser les péages européens et surtout de « rendre le fret ferroviaire prioritaire sur les sillons européens ».
« La logistique est le parent pauvre de la politique européenne », reconnaît Matthias Ruete. « Cette année, la Commission va repenser les interconnexions entre différents modes de transport ». « Sans oublier le transport fluvial », espère François Bordry, président de Voies navigables de France. Pour lui, l’examen du projet de loi sur les ports maritimes, annoncé par François Fillon, devrait être une occasion de repenser les interfaces entre différents modes de transport. Il demande également à l’Union d’harmoniser les conteneurs, afin de permettre un passage facile des marchandises d’un moyen de transport à l’autre.

Marchés publics
Autre axe des politiques européenne et française : « rendre la route et le ciel plus verts, plus durables », selon l’expression de Jacques Barrot, commissaire européen aux transports. En plus d’un effort particulier en matière de R&D, l’Union a par exemple engagé une « réflexion concernant les marchés publics, afin d’encourager l’achat de véhicules propres par les collectivités locales ». Ainsi, le 19 décembre 2007 a été déposée une proposition de directive introduisant des aspects environnementaux comme critère d’attribution dans les marchés publics de véhicules et de services de transport. La Commission souhaite également mener une réflexion sur la mobilité urbaine. « Un plan d’action dans ce domaine devrait être proposé dans le courant de l’année », précise Matthias Ruete. En France, l’accent sera également mis sur le transport aérien, avec notamment la signature d’une charte entre Jean-Louis Borloo et les compagnies aériennes, indique Dominique Bussereau.
En outre, la « tarification verte » est à encourager, considère Matthias Ruete. « Nous espérons réviser la directive Eurovignette d’ici à la fin de 2008 ». « Ce sujet sera à l’ordre du jour du conseil transport de La Rochelle à l’automne », précise Dominique Bussereau. De même « un projet de loi sur l’amélioration des performances environnementales des véhicules sera déposé prochainement au Parlement », promet le secrétaire d’Etat.
Dernier élément important des politiques publiques : la maîtrise de la consommation d’énergie. « La lutte contre le gaspillage est essentielle », affirme Matthias Ruete, « elle passe notamment par une meilleure gestion des flux ». D’où l’importance selon lui de « disposer d’outils technologiques tels que le système de gestion du trafic ferroviaire ERTMS, le projet Sesar pour le trafic aérien ou encore la radionavigation par satellite avec Galileo ».
Sur tous ces sujets qui correspondent aux conclusions du « Grenelle de l’environnement », « l’Assemblée nationale est décidée à aller très vite et très loin », conclut Patrick Ollier. « Nous apporterons les compléments nécessaires à ce qui sera proposé par le Gouvernement » et l’UE, prévient-il.
Carine Duvoux

Carine Duvoux @ 16:09
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Autour de la redevance

Le Mercredi 30 janvier 2008

Alors que Marc Le Fur (UMP, Côtes-d’Armor) déposait le 20 décembre une proposition de loi visant à « supprimer la redevance audiovisuelle » et à la remplacer par « une contribution additionnelle à la taxe sur la publicité » audiovisuelle, le groupe GRD de l’Assemblée présentait le 15 janvier une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur le financement de l’audiovisuel public permettant sa pérennité et son développement. Pour le député UMP, « les programmes des grandes chaînes publiques du groupe France télévisions ne se distinguent pas de ceux des chaînes privées concurrentes ». Même constat – si ce n’est même cause – au groupe GRD : « embarquées dans une course infernale à l’audimat, les chaînes publiques ont été progressivement conduites à adopter les mêmes méthodes, les mêmes types de programmes que ceux des chaînes privées, s’écartant de leurs missions de service public ». Le groupe appelle à une extension du financement du service public à « des ressources nouvelles ».

Carine Duvoux @ 16:07
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Dernière ligne droite

Le Mercredi 30 janvier 2008

Le Parlement européen doit adopter le 30 janvier en deuxième lecture la proposition de directive permettant l’achèvement de la libéralisation du marché postal. Les eurodéputés vont se prononcer sur la position commune du Conseil qui reprend globalement le texte issu de la première lecture au Parlement. Le Conseil a ainsi retenu, comme les eurodéputés, la date de 2011 pour une libéralisation totale des services postaux, avec une dérogation jusqu’en 2013 pour la Grèce, le Luxembourg et les nouveaux Etats membres. Il a également suivi le PE s’agissant de la « clause de réciprocité » permettant aux Etats membres ayant totalement libéralisé leur marché de refuser l’agrément aux opérateurs bénéficiant d’un secteur réservé dans leur pays d’origine. La position commune confirme ensuite la possibilité pour les pays de conditionner l’accès à leur marché postal au respect de conditions de travail et des régimes de sécurité sociale, des relations entre partenaires sociaux et des conventions collectives.
A noter enfin que la présidence portugaise a ajouté une annexe s’inspirant de la directive sur les services de télécommunications afin de rassurer les Etats membres inquiets quant aux modalités de financement du service universel.

Carine Duvoux @ 16:06
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« Kit rêvé »

Le Mercredi 30 janvier 2008

Hervé Novelli a présenté le 25 janvier les grandes lignes de son « kit rêvé du futur auto-entrepreneur », qui doit « permettre à toutes les personnes qui le souhaitent, étudiants, chômeurs, salariés, artisans, commerçants ou professions libérales de créer très facilement leur propre activité ». Ce kit, encore à l’étude, devrait être mis en place au printemps dans la cadre d’un « paquet législatif dédié à l’entrepreneur ». Il s’agira notamment de « créer un statut de l’”auto-entrepreneur” ».

Carine Duvoux @ 16:06
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La voie de la consultation

Le Mercredi 30 janvier 2008

Interviewée par Touteleurope.fr le 23 janvier, la commissaire chargée de la société de l’information et des médias, Viviane Reding, a évoqué la communication présentée le 3 janvier par la Commission sur « les contenus créatifs en ligne dans le marché unique ».
Avec ce document, explique-t-elle, « la Commission prend l‘initiative à plusieurs niveaux ». Tout d’abord, elle propose la mise en place d’une « plate-forme européenne de discussion en vue de servir de référence aux décisions dans les Etats membres et aux accords entre les acteurs du marché ». Elle prévoit également « une consultation publique afin de préparer une proposition de recommandation du Parlement et du Conseil pour mi-2008, qui devrait porter en particulier sur la transparence (étiquetage) et l’interopérabilité des Digital rights management (DRM : systèmes de protection des œuvres), sur l’incitation à la mise en place de régimes de licence innovants dans le domaine des œuvres audiovisuelles et sur les offres licites et le piratage », indique la commissaire. « L’intérêt d’une approche européenne en la matière est d’accélérer la croissance du marché européen des contenus en ligne pour faciliter et rendre plus rapide l’accès à un vaste choix de programmes télévisés, de musique, de films ou de jeux sur internet, téléphone portable ou tout autre équipement et pour mieux promouvoir les contenus européens », estime-t-elle.
Abordant le sujet spécifique de la musique, Viviane Reding indique que, « selon une récente étude commandée par la Commission, les ventes en ligne ne progressent pas suffisamment pour compenser le déclin du marché de la vente des supports physiques, alors même que l’offre légitime s’est beaucoup améliorée, notamment pour la musique ». Dès lors, affirme-t-elle, « il faut réfléchir calmement aux possibles conséquences négatives de la segmentation des marchés et à des nouveaux business modèles ». Pour elle, la lutte contre le piratage passe bien entendu par la répression des abus, mais également, « sans céder à la démagogie du “tout gratuit” sur le Net », par des efforts de « tous les acteurs pour développer une culture du respect de la créativité ».
Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.touteleurope.fr

Carine Duvoux @ 16:04
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Le mouton en perdition ?

Le Mercredi 30 janvier 2008

Rapport d’information • Les sénateurs Gérard Bailly (UMP, Jura) et François Fortassin (RDSE, Hautes-Pyrénées) ont présenté le 23 janvier leur rapport d’information sur l’élevage ovin, intitulé « Revenons à nos moutons : un impératif pour nos territoires et notre pays ».

Les handicaps de la filière sont « lourds à gérer », selon les sénateurs. Souvent situé dans des zones difficiles d’accès, l’élevage ovin doit faire face à des coûts de production assez élevés, à la concurrence des autres pays, à une valorisation insuffisante de ses produits, à des rapports difficiles avec la grande distribution et à des exigences sanitaires onéreuses.
Les rapporteurs critiquent également un maillage territorial trop lâche des abattoirs, des structures de R&D en nombre trop restreint, un manque d’information des consommateurs et « un encadrement communautaire incertain ». Enfin, pour couronner le tout, la filière est confrontée à la fièvre catarrhale et aux prédateurs, « sujet sensible par excellence » qui a « des conséquences délétères sur les troupeaux » et sur le moral des éleveurs.

Atouts à valoriser
Pourtant, les rapporteurs ont « rencontré des gens qui [leur] ont donné des raisons d’espérer », explique François Fortassin. Car la filière « possède des atouts indéniables », parmi lesquels une « bonne image dans l’opinion publique ». En outre, elle participe à « l’entretien de paysages souvent désertés » et apporte « une contribution irremplaçable à la préservation de l’environnement ».
Les deux sénateurs proposent donc une série de mesures pour « accompagner la redynamisation du secteur ». Ils demandent ainsi, dans le cadre de la Pac, une « augmentation des primes à l’ovin à 125 % du niveau de celles aux bovins ». Ils souhaitent aussi une régulation plus adaptée des prédateurs, une présence plus forte de cet élevage dans les pôles d’excellence rurale, une mise en valeur de la production nationale via le système d’étiquetage ainsi que l’implantation de petites unités d’abattage. Ils désirent enfin « relancer les circuits courts », où l’éleveur s’occupe de toute la chaîne, de la production à la vente finale du produit.
Le rapport a été adopté par la commission des affaires économiques à l’unanimité le 16 janvier. Les deux sénateurs espèrent qu’il sera présenté au ministre de l’Agriculture « dans les semaines qui viennent ».
C.D.

Carine Duvoux @ 16:00
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