Le Mercredi 27 février 2008
Auditionné le 20 février par la commission des finances de l’Assemblée sur la banalisation de la distribution du Livret A, Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des caisses d’épargne, a critiqué le rapport Camdessus, « une bien mauvaise source d’inspiration ». Le taux de commissionnement étant peu incitatif (0,4 %), les banques « ne manqueront pas de réorienter rapidement la collecte vers des produits plus rémunérateurs pour elles », ce qui « mettra la collecte en danger », a-t-il affirmé tout d’abord. Ensuite, « le rapport Camdessus est fondé sur le constat erroné que le coût du financement du logement social serait moindre en faisant appel au marché ». Pour Charles Milhaud, cela est « faux car, dans la formule actuelle, le coût de la ressource issue du Livret A est inférieur au coût des émissions obligataires à 20 ans ». Enfin, « la mise en place, proposée par le ministre des Finances, d’un “Livret A bis“ ne paraît nullement correspondre à quelque besoin que ce soit ». En conclusion, Charles Milhaud a indiqué que l’application du rapport Camdessus « se traduirait, pour les Caisses d’épargne, par une perte d’environ 500 Mns€ de produit net bancaire ».
