Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale de Notre Europe
Créé par Jacques Delors, le think tank Notre Europe travaille à perpétuer l’héritage de son fondateur à l’époque où il dirigeait la Commission européenne. Tant les choix des problématiques abordées par l’association que les membres du conseil d’administration visent à préserver l’esprit et les valeurs qui étaient les siennes à cette époque.
Pour quelles raisons Notre Europe a-t-il été créé ?
Au moment où Jacques Delors quitte la présidence de la Commission en 1996, un certain nombre de personnalités souhaite qu’il continue son action au niveau de l’Union. Il lance alors Notre Europe qui était à l’origine un cercle de réflexion sur les questions européennes. Les membres du conseil d’administration, qui sont toujours les mêmes aujourd’hui, sont des proches de Jacques Delors. Ce dernier a une vision forte de l’Union et c’est son héritage qui continue d’être le fil rouge de nos activités.
Comment est organisé le think tank ?
Nous avons à notre tête un comité d’orientation composé de personnalité de « haut niveau ». Il se réunit environ une fois par an pour prendre des positions à l’occasion d’événements particuliers. Le Conseil d’administration est lui très engagé sur le fond. Il donne des orientations administratives et programmatiques.
Comment se concrétise la dimension européenne de l’association ?
Nous sommes un think tank européen basé en France, ce qui nous permet de cultiver une double identité. Notre démarche est complètement européenne avec une équipe plurinationale, un conseil d’administration composé de personnalités européennes et un public cible tout autant européen que français. Nous ne souhaitons pas installer d’antenne à Bruxelles, mais plutôt, à long terme, créer des « sœurs » dans d’autres Etats membres.
Quelles sont les problématiques de Notre Europe ?
Notre programme annuel, qui fixe entre 60 et 70 % des grands sujets abordés, s’inscrit d’abord dans les thématiques chères à Jacques Delors comme les questions institutionnelles ou économiques et sociales. Les 30 à 40 % restants sont décidés en cours d’année pour s’ajuster avec l’actualité.
En 2008, nous abordons l’agriculture, le budget européen, l’énergie, le développement rural, etc.
Quelles sont les activités de l’association pour faire vivre ces sujets d’étude ?
Il y a d’une part nos publications et d’autre part des relais événementiels tels que des séminaires de recherche. Nous venons aussi de publier un rapport commun avec 13 think thanks européen et la Fondation pour l’innovation économique [voir l’Hémicycle n° 321] afin de porter des propositions pour la prochaine « troïka » des présidences de l’Union. Notre Europe va également organiser des Etats généraux de l’Europe, un projet plus grand public. Car si nous ciblons d’abord les décideurs européens, nous nous adressons de temps en temps directement aux citoyens.
Propos recueillis par Raphaël Richard
