« Humanistes et iconoclastes », c’est ce que veulent être les membres d’Entreprise et progrès, think tank qui s’est donné pour mission de réconcilier économie et social. Philippe Charrier explique l’esprit qui anime l’association et présente ses actions visant à faire découvrir le monde de l’entreprise.
Philippe Charrier, président d’Entreprise et progrès
Quelles sont les raisons pour lesquelles Entreprise et progrès a été créé ?
En 1970, José Bidegain, alors patron des entreprises de la chaussure, et François Dalle, président de l’Oréal, ont créé l’association pour réconcilier l’économique et le social en pensant que plus de l’un provoque plus de l’autre. Cet état d’esprit est résumé par cette phrase : « L’Homme au cœur de l’entreprise, l’entreprise au cœur de la cité ». Aujourd’hui nos travaux se sont étendus du social aux politiques sociétales, afin de prendre en compte des problématiques comme l’environnement.
Comment prend forme cet état d’esprit ?
Tout d’abord par une liberté de parole et par le fait que les patrons se retroussent eux-mêmes les manches sur des chantiers pour diffuser les bonnes pratiques. Nous allons au-delà de l’activité de think tank, nous avons une vraie volonté d’agir.
Quels sont les sujets abordés par l’association ?
Par le passé, nous sommes notamment intervenus sur l’intéressement et la participation, sur les seniors ou sur la loi Dutreil. Plus récemment, nous avons publié des cahiers sur l’insertion des jeunes en difficulté et sur le passage des PME à l’international. Nous faisons de la politique, mais nous ne sommes pas partisans.
Outre les chantiers, quelles sont les activités d’Entreprise et progrès ?
Nous souhaitons tout d’abord être des vecteurs d’information pour nos membres, ce qui se concrétise par exemple par l’organisation de petits-déjeuners autour de personnalités politiques. Nous rencontrons également régulièrement les parlementaires de toutes tendances pour leur présenter les enjeux des entreprises. Ils ne connaissent souvent pas bien ce milieu, même si cela change. Nous organisons aussi des stages en entreprise pour les magistrats.
Vous menez aussi des opérations de ce type auprès des collégiens ?
Dans le cadre du stage obligatoire en entreprise en classe de troisième, nous avons mené des opérations très locales en Seine-Saint-Denis. En accord avec l’Education nationale, nous avons fait venir des patrons pour qu’ils fassent découvrir aux élèves ce qu’est une entreprise.
Propos recueillis par Raphaël Richard
