Un hommage centenaire

30 juin 2008 - 

100 ans après que les cendres d’Emile Zola y furent transférées, le Panthéon organise une exposition autour de l’écrivain et de son combat dreyfusard.

Dans la crypte du Panthéon, près des tombes de Voltaire, Rousseau, Dumas, celle de Zola fait désormais l’objet d’une exposition très didactique lui rendant hommage. Reproduisant de nombreux documents d’époque et mettant en scène les événements politiques du XIXe siècle, la scénographie « doit permettre aux visiteurs d’entrer dans une chronologie complexe », explique Alain Pagès, commissaire de l’exposition et auteur d’un livre consacré à l’inventeur du naturalisme1.
Très vite, l’écrivain de Médan laisse sa place à l’Homme public et à son combat dreyfusard, développé de manière très pédagogique. L’espace consacré à la panthéonisation d’Emile Zola, décidée en 1906 pour n’être réalisée qu’en 1908, rappelle que la chose ne fut pas aisée. « Alors qu’on croyait l’affaire Dreyfus bouclée, le débat redémarre car les nationalistes n’acceptent pas la panthéonisation », explique Alain Pagès. L’Action française refuse l’hommage de la patrie à un ardent dreyfusard qui en plus a sali selon eux la France en décrivant les conditions de vie peu reluisantes d’une grande partie de la population. En une du journal Le Témoin, Nana dénudée qui écrase le Panthéon est un cri d’outrage…

« Un baroud d’honneur »
Le combat des nationalistes est illustré par le dernier espace de l’exposition consacré au débat parlementaire sur la panthéonisation. Après le vote en 1906 de la proposition de loi de Jules-Louis Breton sur le transfert des cendres, la question revient au Palais Bourbon en 1908 car il s’agit désormais de trouver des crédits pour financer la cérémonie. Ardent opposant de la panthéonisation, le député Maurice Barrès affirme « Nous n’aurons jamais une si belle occasion de faire des économies »… « C’est le baroud d’honneur de la droite nationale qui veut marquer sa désapprobation et faire plaisir à tout un électorat », analyse Bruno Fuligni, chargé de la mission éditoriale de l’Assemblée nationale qui réédite le débat parlementaire2. Barrès ne convaincra pourtant pas les députés de s’opposer au financement de l’opération, ayant trouvé un orateur plus convaincant, Jaurès, qui lui répond qu’il ne faut « pas mutiler la tradition de la patrie ».
Aurélien Hélias

(1) Emile Zola, de j’Accuse au Panthéon aux éditions Lucien Souny, 21 €.
(2) 1908 Zola au Panthéon aux éditions du patrimoine, 5 €.

Zola au Panthéon – Centre des monuments nationaux, Panthéon – jusqu’au 31 octobre, tous les jours de 10h à 17h45 – 7,50 €


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