Entre think tank et cercle politique, l’Ami public a du mal à se positionner, notamment par rapport aux choix de carrière de son fondateur, Christian Blanc, alors président du mouvement « Energies démocrates ». Le cercle de réflexion compte bien rebondir et porter à nouveau le débat sur la réforme de l’Etat.
Catherine Gallou, présidente de l’Ami public
Comment est né l’Ami public ?
En 2001, Christian Blanc a souhaité lancer un cercle de réflexion pour trouver des moyens de répondre aux différents blocages de la société française. Nos thèmes de prédilection étaient la réforme de l’Etat, le service minimum, les simplifications administratives, la suppression de certains échelons locaux, le contrôle de la dette publique, la décentralisation, etc. Nous souhaitions apporter des réponses sur des sujets précis avec une grande indépendance d’esprit.
Qui sont vos membres ? Leur profil a-t-il évolué ?
Nous ne souhaitons pas une réunion de gens d’une même couleur politique. Au contraire, l’idée est de dépasser la fracture droite-gauche. Il y avait à l’origine de l’Ami public beaucoup de sociologues et de fonctionnaires. Nous essayons de diversifier les profils en nous ouvrant au privé et en rajeunissant nos troupes. Nos adhérents sont aujourd’hui des gens qui ne veulent pas forcément faire de la politique. Je me donne trois ans pour étoffer à nouveau les effectifs, plus de 650 à la création, être plus proche de la société civile et faire le point sur nos travaux.
Quels sont vos méthodes de travail et vos moyens de diffusion des propositions?
L’Ami public se saisit d’un sujet, d’un thème, sur lequel il travaille en amont d’une conférence. L’idée est d’assurer à la suite de ce débat un suivi de la réflexion en faisant remonter les différentes pistes et idées sur le sujet. Beaucoup d’antennes travaillent en province et contribuent au débat.
Pour la communication, une newsletter devrait prochainement voir le jour.
Quels sont vos thèmes de travail pour cette année ?
Après avoir abordé l’économie verte l’année dernière, une conférence est prévue en septembre sur ce que j’appelle « la chaîne de la valeur » : les interactions entre le social, l’économique et les obligations juridiques liées.
L’Europe reste au cœur de nos préoccupations, avec l’idée de la faire avancer par deux ou trois idées concrètes. Nous travaillons aussi sur la santé publique, pour laquelle il faut privilégier la prévention plutôt que de couper dans les dépenses.
Nous souhaitons enfin faire vivre un observatoire de la réforme pour faire des points réguliers sur l’avancée de telle ou telle loi, pour analyser ce qui fonctionne et ce qui est à revoir.
Propos recueillis par Aurélien Hélias
