Une pensée pour la gauche

4 sept 2008 - 

Dernier arrivé dans le monde des think tank français, Terra nova fait partie des nombreux cercles de pensée cherchant à faire avancer les débats au sein de la gauche divisée. Ce groupe vise à créer un espace dédié à la réflexion intellectuelle sociale-démocrate. Son président, Olivier Ferrand, explique les enjeux et les missions de cette nouvelle structure de la pensée progressiste indépendante.

ferrandaspx.jpg Olivier Ferrand, président de Terra nova, maire adjoint de Thuir et vice-président de la communauté de communes des Aspres

Comment est né Terra nova ?
Notre think tank existe depuis mai 2008. L’idée m’est venue, avec Thierry Pech, Eric Maurin et Olivier Mongin, lors de la troisième défaite de la gauche aux présidentielles de 2007. Si la gauche peine à renouveler ses idées, c’est avant tout pour une raison structurelle : elle manque de lieux pour faire ce travail. En nous alignant sur le modèle des think tank américains en France, nous entendons créer cet espace dédié à la réflexion intellectuelle de gauche. Plus précisément, Terra nova s’est donné deux missions principales. A court terme, notre but est d’effectuer une analyse de l’actualité et de la diffuser auprès des élus, des médias et des citoyens, afin de leur donner les moyens de mieux la comprendre. Puis, sur le long terme, nous voulons produire des idées neuves. Nous souhaitons contribuer à l’élaboration d’un projet politique de gauche rénové, et ainsi véhiculer des propositions de politiques publiques.

Quelles sont vos moyens pour faire connaître vos propositions ?
Pour diffuser nos idées, des groupes de travaux pluridisciplinaires produisent des essais, d’une centaine de pages, visant à approfondir une réflexion sur les sujets de politiques publiques. Nous souhaitons publier des rapports tous les mois ouvrables, soit environ 10 numéros par an, disponibles en librairie. Pour la rentrée, des groupes de travail préparent des rapports sur le bilan de la carte scolaire, l’enseignement supérieur, la grande pauvreté, la croissance et l’innovation ou le sport. Concernant les analyses de l’actualité, la production des experts est pluri-hebdomadaire. Les notes prétendent fournir aux leaders politiques (qui peuvent faire une demande spéciale) et au grand public des analyses de sujets politiques. Elles sont publiées sur le site Internet de Terra nova, et diffusées par voie électronique. L’idée est de fournir, face à la communication gouvernementale, une expertise de gauche. Cependant, Terra nova reste un espace de réflexion indépendant du Parti socialiste.

Qui sont les membres de ce think tank ?
Pour transformer les diagnostics en solutions politiques, la politique a besoin de pluridisciplinarité. Il faut des échanges entre les communautés, entre les intellectuels, les spécialistes, les praticiens et les politiques. Nos membres viennent de ces différentes sphères et ce sont eux qui participent directement aux productions de Terra nova. La direction comprend 15 membres dont Louis Dreyfus, et Alain Christnacht , conseiller d’Etat. Le Conseil d’orientation scientifique (COS), présidé par Michel Rocard, regroupe les 150 personnalités les plus en vue de l’espace progressiste. Il est divisé en trois collèges : le collège universitaire, le collège « société civile » et le collège international. Il a en charge la qualité scientifique des travaux produits par Terra nova. Enfin, le cabinet d’experts réunit 250 personnes qualifiées issues du monde de l’entreprise, de la fonction publique et du monde associatif. Actuellement, le Conseil d’orientation scientifique est bouclé. Par contre, nous recevons toujours des candidatures pour les membres du cabinet d’experts.

Terra Nova en bref
Date de création :
mai 2008
Membres : environ 400 membres plus les adhérents
Budget : Un million d’euros, issus du mécénat d’entreprises privées françaises et européennes
Site : http://www.tnova.fr/
Publications : communiqués (commentaires d’actualité) publiés sur Internet, notes, essais dont Pour une primaire à la française d’Olivier Duhamel et Olivier Ferrand.

Propos recueillis par Laure Martin


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