A l’occasion de la quatrième année polaire internationale, le Sénat et la Fondation Total organisent sur les grilles du jardin du Luxembourg une exposition intitulée « Terre des pôles ». Une excellente façon de sensibiliser le grand public aux conséquences du changement climatique, à la raréfaction de l’eau et à la disparition de la biodiversité.
En longeant le jardin du Luxembourg, levez les yeux. Vous ne verrez que du bleu et du blanc. Pas de doute, il souffle sur ces photographies grand format un vent glacé, qui semble pénétrer jusqu’aux os des rares humains et animaux perdus au milieu de ces immensités. Les photographies se succèdent le long des grilles, donnant cette impression qu’aux pôles, la vie se déroule au ralenti. Les brise-glaces parcourent 4 ou 5 km par jour. Les véhicules roulants se traînent en file indienne sur une piste qu’ont peut-être empruntée bien avant eux des colonies de manchots.
La glace est omniprésente, sous les pieds, sur les plumes des manchots empereurs, sur la fourrure des rennes, sur les joues des hommes. Du pôle Nord au pôle Sud, de la région de Taïmyr en Russie à la base Dumont D’Urville en Terre Adélie, huit photographes ont saisi l’instant. Résultat : des clichés visuellement parfaits, dont les couleurs font ressortir la beauté des paysages grandioses, et des images en noir et blanc prises au vol et dont le grain évoque la rudesse de la vie quotidienne dans ces régions. Car, même si certains passants s’exclament « C’est mon rêve, c’est vraiment mon rêve ! », vivre aux pôles suppose des sacrifices. Les conditions de vie et de travail sont bien sûr difficiles, que ce soit pour les scientifiques équipés de matériel de pointe, pour les ouvriers russes qui creusent toujours des pistes d’atterrissage à la pelle, ou pour les Dolganes qui vivent de l’élevage des rennes dans la péninsule de Taïmyr depuis des siècles.
Parallèles
La Marche de l’empereur en tête, le passant s’arrête un instant devant l’image de parents manchots veillant sur leur petit. Juste à côté, une autre famille, humaine cette fois, regarde l’objectif. Une mère soigne son enfant dans une station météorologique. Un père confie à son fils une défense de mammouth trouvée après la fonte des glaces. A contre-jour, les silhouettes de deux hommes et de trois manchots regardent le soleil se coucher pour très, très longtemps, sur leur territoire.
Est-ce parce que « les pôles font partie de notre imaginaire universel », comme le dit Nicolas Mingasson, concepteur de cet événement ? Le fait est que cette exposition est sans doute l’une des plus belles – et des plus efficaces – manière d’obtenir des citoyens français un peu plus de « civisme environnemental ».
Carine Duvoux
Terre des pôles – Exposition gratuite sur les grilles du jardin du Luxembourg – jusqu’au 4 janvier 2009 – 7 jours sur 7, 24 h sur 24 (éclairage nocturne).
