Grande classe !

30 sept 2008 - 

Lors de l’examen du projet de loi en faveur des revenus du travail (voir p.11), le Gouvernement et l’UMP ont critiqué l’obstruction menée par la gauche au travers d’innombrables rappels au règlement et demandes de suspension de séance. Les échanges ont été particulièrement houleux entre majorité et opposition, visiblement décidées à en découdre dès cette rentrée parlementaire.
Estimant qu’elle ne pratique pas l’obstruction, la gauche a qualifié les députés de l’UMP de « pitoyables », considérant qu’ils étaient « atteint de troubles de l’audition et même d’autisme ». Déplorant que le Gouvernement « “karchérise” le droit du travail », Jean-Pierre Brard (GRD, Seine-Saint-Denis) a affirmé que les parlementaires de la majorité devaient être tenus pour des « laquais du MEDEF, dont [ils] satisfont la moindre exigence ».
Des réponses tout aussi élégantes ont immédiatement suivi, Philippe Boënnec (UMP, Loire-Atlantique) traitant même Marcel Rogemont (app. SRC, Ille-et-Vilaine) de « nul ». Quant à la montée au créneau du président du groupe UMP sur le comportement « indigne, discourtois », « caricatural et dégradant pour l’image de notre Parlement » de la gauche, elle a été contrée par Jean-Pierre Brard pour qui le Parlement est « bâillonné, soumis, à genoux – que dis-je ? –, à plat ventre devant le Gouvernement ! » Pour Xavier Bertrand, baptisé « ministre des expédients » par Pierre-Alain Muet (SRC, Rhône), cette attitude visait surtout à retarder les débats sur le RSA « car c’est le constat de l’échec de la réforme du RMI » que ne semble pas digérer le PS.
La question est : cette session extraordinaire était-elle une répétition générale de ce que sera la session ordinaire ou cet élan bagarreur va-t-il s’essouffler ?


Laisser un commentaire