Depuis le 10 septembre, la fondation Henri Cartier-Bresson (H-C-B) célèbre le centenaire de la naissance de son fondateur en l’associant le temps de l’exposition « Photographier l’Amérique » à l’américain Walker Evans. Les deux artistes, qui se vouaient une estime réciproque, sont réunis pour une présentation de 86 tirages pris entre 1929 et 1947 aux Etats-Unis.
« J’ai voulu créer un dialogue, explique Agnès Sire, commissaire de l’exposition et directrice de la fondation H-C-B. En évitant de mettre côte à côte des clichés qui se ressemblent, j’ai fait en sorte que les spectateurs entrent dans l’œuvre de chacun des deux photographes. » La présentation des photos est simple - épreuves en noir et blanc sur fond blanc bordées d’un cadre noir - mais séduit rapidement. Le visiteur se perd dans l’atmosphère de l’Amérique des années 1930 et 1940, en observant les visions de Cartier-Bresson et d’Evans sur ce pays qu’ils affectionnaient tant.
Les deux artistes abordent, avec une sensibilité qui est propre à chacun d’eux, une image sombre de la société américaine dépeinte dans son quotidien. « Evans était conceptuel, tandis que Cartier-Bresson était plus intuitif », souligne la commissaire de l’exposition. Pauvreté, crise économique, société de consommation, rencontres au café ou à l’arrêt de bus : de New-York à la Louisiane en passant par l’Alabama, la vie de quartier est photographiée dans sa réalité et sa diversité.
Cartier-Bresson a réalisé la plus grande partie de son travail, souvent exposé au Museum of Modern Art ou à la galerie de Julien Levy à New York, avec John Malcolm Brinnin et pour la revue Harpers’s Bazaar. De son côté Walker Evans a pris un grand nombre de ses clichés lors du travail qu’il avait réalisé pour la Farm Security Administration lors de la Grande dépression des années 1930.
Laure Martin
« Photographier l’Amérique » : Fondation H-C-B, 2 impasse Lebouis, Paris 14e, du 10 septembre au 21 décembre 01-56-80-27-00, www.henricartierbresson.org
