Think tank, mouvement civique, lobby d’intérêt général, Confrontations Europe semble avoir fait de l’effervescence et de l’action ses leitmotivs. Débats, colloques, publications abondent. Née à Paris au début des années 1990, cette association vit à l’heure européenne et voit en l’UE une véritable « chance » pour réformer la France.
Claude Fischer, secrétaire générale de Confrontations Europe
Racontez-nous la genèse de Confrontations Europe. Dans quel contexte est né ce think tank ?
En 1991, le paysage politique français était morose, le dialogue social, perclus. Philippe Herzog, Michel Rocard, Jean-Pierre Brard, Jean Peyrelevade et Jean-Christophe Le Duigou fondent alors Confrontations pour une conflictualité ouverte viable et créative. L’idée était de réfléchir à la réforme en dehors des clivages et des schémas auxquels nous étions habitués : lutte des classes et capitalisme. L’association regroupait déjà syndicalistes, sociologues, grands patrons, chercheurs… Très vite, des groupes de travail se sont mis en place pour travailler sur des thématiques telles que la croissance, l’emploi, la finance et l’Europe. Au fil du temps, notamment après Maastricht, nous nous sommes rendu compte que l’Union européenne prenait corps et qu’elle était une chance formidable de se réformer. La thématique européenne est devenue transversale, commune à tous les groupes de travail de l’association. Et nous avons opté pour le nom de Confrontations Europe au cours de l’année 2003.
Quelles valeurs prônez-vous ?
Le pluralisme ! Nous sommes un mouvement civique non partisan. Nos membres sont issus de tous les bords politiques. Nous prônions la démocratie participative bien avant que l’expression ne soit à la mode.
Les questions européennes couvrent un large spectre. Quelles thématiques avez-vous choisi d’aborder ?
La programmation des travaux de l’association se fait en fonction des grands enjeux politiques. Tout au long de l’année, plusieurs groupes de travail, composés d’une vingtaine personnes, se réunissent régulièrement autour de divers sujets : nouveaux élargissements ; énergie ; banque, finance et assurance ; industrie et service, emploi ; relations extérieures de l’Union européenne ; alimentation et santé publique ; etc. Ces groupes font un véritable travail de veille des dossiers en débat dans l’agenda communautaire. Nos chargés de recherche vont dans les commissions du Parlement européen et effectuent des comptes rendus des débats en temps réel. Chaque membre de l’association peut participer à nos diverses publications.
Quelles sont ces publications ?
Elles sont nombreuses ! Il y a notamment notre revue trimestrielle Confrontations Europe, diffusée à 30 000 exemplaires à travers l’Europe. Nous y proposons dossiers de fond, actualités nationales et mondiales et thématiques culturelles. Une lettre électronique mensuelle est envoyée depuis notre bureau de Bruxelles. Là , il s’agit plutôt de faire le point sur les sujets en débat inscrits à l’agenda communautaire. Il y a également L’Option dans lequel sont publiés les comptes-rendus d’acte. Distribuée à 10 000 exemplaires, La lettre des Entretiens européens aborde des sujets liés à l’alimentation et au nucléaire.
Nous travaillons également sur le terrain. En 2006 et 2007, nous avons fait un « Tour d’Europe » dans une dizaine de capitales européennes. A la fin de ce mois, nous organisons à Bruxelles un colloque international sur l’intérêt européen.
Etes-vous présents dans d’autres Etats membres de l’Union européenne ?
Depuis 2004, nous avons un bureau à Bruxelles où il y a quatre permanents. Il permet, entre autres, de coordonner les associations qui se sont créées au sein du réseau mais qui restent indépendantes. En France, il y a Confrontations-Pyrénées. On en trouve également en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Allemagne, en Grèce, etc. Notre bureau bruxellois gère également le Club Lisbonne qui rassemble une quarantaine d’eurodéputés.
A l’image des think tanks américains, pensez-vous être entendu des institutions qu’elles soient françaises ou européennes ?
L’association a eu accès au Parlement européen par le biais de Philipe Herzog. Député européen jusqu’en 2004, il a offert la possibilité à l’association d’endosser le rôle d’assistant parlementaire. Nous avons fait avancer des dossiers. Nos réflexions sur les services publics en Europe ont été repris dans le livre vert de la Commission européenne en 2004 et nous avons participé à la rédaction de l’article traitant de cette question dans le traité de Constitution européenne. Un exemple parmi tant d’autres… Aujourd’hui, nous sommes sollicités pour notre expertise.
Propos recueillis par G.B.
