Le Vendredi 19 décembre 2008
Gérard Larcher a fait de la « transparence » son leitmotiv. Lors du second bureau du Sénat, le 16 décembre, plusieurs mesures ont été prises dans le but avoué de faire suivre un petit régime budgétaire à la Haute Assemblée. Si les sénateurs consentent à moins de « fastes », ils restent attachés à leur régime de retraite.
Le Sénat a pris une seconde salve de mesures amorcée lors d’un premier bureau, le 18 novembre dernier (voir l’Hémicycle n°346). Sénateurs et personnels ne bénéficieront plus de prêt immobilier à taux zéro à partir du 31 décembre 2009. Une somme estimée à 71,5 MnsE.
Les dépenses liées à l’événementiel seront, elles aussi, source d’économie (800 000 E par an). Par ailleurs, les sénateurs ont décidé de mettre en place un « pacte de stabilité financière ». Il s’agit notamment de maintenir la dotation et le budget du Sénat en euros constants sur les trois prochains exercices et de réaffecter à l’Etat la part de la dotation qui n’aura pas été utilisée et ce, dès l’année 2009.
Quand transparence rime avec indépendance…
L’examen limité de comptes tel qu’il existe aujourd’hui sera remplacé par un audit réalisé par des cabinets extérieurs sous l’égide du Conseil supérieur de l’Ordre des experts comptables. « Le Sénat peut être géré comme une entreprise avec un plan comptable différent, souligne René Garrec (UMP, Calvados). Et Gérard Larcher de préciser : « Nous sommes attachés à l’indépendance du Sénat. Une indépendance qui n’empêche pas la loyauté ».
Enfin, le bureau a souhaité que la commission en charge du contrôle des comptes et de l’évaluation interne voie ses compétences renforcées. Elle pourra notamment être informé de manière plus large et étendre ses auditions aux secrétaires généraux et à tous les directeur de service du Sénat. Ses travaux seront rendus publics et présents sur le site Internet du Sénat « avec une identification spécifique et un accès guidé à ses rapports ».
Retraite : on ne touche pas !
Les sénateurs consentent à quelques efforts mais n’iront sans doute pas jusqu’à toucher au fonctionnement de leurs caisses de retraites dont la gestion est totalement dissociée de celle de l’Etat. Il s’agit d’un régime de provision mixte. Ainsi, les pensions sont payées par les cotisations des actifs complétées par les produits issus de placements (13,3 MnsE pour la retraite des sénateurs et 7,1 pour le personnel). « C’est 20,4 MnsE de moins demandés à l’Etat », précise Philippe Richert (UMP, Bas-Rhin). Pour Gérard Larcher, c’est « un système éprouvé qui demande au contribuable trois fois moins que l’Etat pour le financement des pensions qu’il sert ».
Le montant total de ces caisses s’élève aujourd’hui à 1,16 MdE (538,7 MnsE pour la caisse des sénateurs et 626 MnsE pour celle du personnel ». Quant à la pension moyenne nette d’un sénateur à la retraite, elle est de 3419 E par mois.
1 Créée en 1856 pour le personnel et en 1905 pour les sénateurs.
