15h50, le 26 novembre : mouvement de foule vers la sortie de l’auditorium du congrès de l’Association des maires de France (AMF), à l’appel de l’édile de Périgueux, Michel Moyrand (PS). Cette action est le résultat d’une heure de contestation des maires, qui se sont succédés au micro face au recteur de l’Académie de Créteil, Jean-Michel Blanquer, pour contester la politique du ministre de l’Education, Xavier Darcos, son absence au congrès, et surtout le Service minimum d’accueil (SMA) dans les écoles primaires, « impossible à mettre en œuvre », selon la majorité des élus.
« Je vous fais part de mon amertume et de ma colère », « on a vraiment l’impression d’être pris pour des niais », « on en a marre, il va falloir qu’on nous écoute un peu ». Jeudi après-midi, au congrès de l’AMF, lors du débat sur « L’école : les réformes », les maires n’ont pas mâché leurs mots.
Principal sujet de discorde : le SMA des élèves dans les écoles primaires et maternelles. Cette mesure mise en place par Xavier Darcos cette année, après accord du Conseil constitutionnel, vise à ce que les collectivités locales assurent l’accueil des enfants les jours de grève du corps enseignant, pendant les heures habituelles d’enseignement.
Sujet amplement d’actualité avec la grève des professeurs du 20 novembre ; certains maires dans l’impossibilité d’assurer ce service minimum ont été poursuivis devant le tribunal administratif, ravivant la colère des élus.
Au-delà de cette polémique, de nombreux reproches ont été formulés : « Avec les SMA, on nous demande de régler un conflit que l’Etat vit avec son personnel », martèle Yves Durand, maire de Lomme (Loire). « En cas d’accident grave lors du SMA, qui sera responsable, la collectivité ou l’Etat ?», demande un autre élu, arguant du fait que dans la loi, il est seulement prévu un surveillant pour trente élèves. Quant à Jean Germain, maire de Tours (PS), également à la tribune, il estime « qu’avec cette mesure, on transfert une nouvelle responsabilité communale, sans hausse budgétaire ». En effet, les petites communes (mais pas uniquement) se plaignent de ne pas disposer d’assez de personnel pour assurer ce service minimum.
Quelles solutions ?
Le recteur de l’Académie de Créteil a cherché par tous les moyens à rassurer les maires, tout en assumant pleinement sa position. « Bien sûr que la mise en œuvre du SMA est difficile, mais cette mesure correspond à une attente de la population et à un engagement de l’Etat », a-t-il expliqué, tout en ajoutant que « concernant la sécurité des élèves, l’Etat assure la responsabilité en cas d’accident grave ».
Yves Detraigne, maire de Witry-lès-Reims, également intervenant, a tenté d’apaiser les débats : « Pour le SMA, on va voir avec le temps comment cela va se dérouler car quelques journées de grève ne permettent pas de porter un jugement. »
Jean Germain a toutefois proposé une solution : « Les maires considèrent que cette loi ne peut pas être appliquée dans les conditions actuelles. Le mieux, c’est de négocier un moratoire avec le gouvernement pour éviter un blocage ».
Laure Martin
