Le Mercredi 25 février 2009
Le projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion de Christine Boutin a définitivement été adopté le 19 février par le Parlement. Les propositions de la Commission mixte paritaire (CMP) ont convaincu députés et sénateurs. Retour sur les principales dispositions du texte.
Le parc HLM
Des mesures ont été prises pour favoriser la mobilité dans le parc social. Le texte abaisse de 10 % les plafonds de ressources pour accéder au logement social pour ramener la proportion des ménages y ayant droit de 70 % à 60 %.
De plus, en cas de sous-occupation d’un logement situé dans le parc HLM, le bailleur devra dorénavant proposer au locataire un nouveau logement correspondant à ses besoins. Le loyer du nouveau logement devra être inférieur au loyer actuel. Si le locataire refuse trois propositions de logements, il ne bénéficiera plus du droit au maintien dans les lieux. Ainsi « à l’expiration d’un délai de six mois à compter de la notification de la troisième offre de relogement, le locataire est déchu de tout titre d’occupation des locaux loués. »
Toutefois, ces dispositions ne s’appliquent pas aux locataires de plus de 65 ans – l’âge était initialement fixé à 60 ans – ni aux locataires présentant un handicap ou ayant à leur charge une personne présentant un handicap.
Le droit au maintien dans les lieux pour les locataires qui dépassent de plus de deux fois les plafonds de ressources est également supprimé. Ces mesures ne s’appliqueront que dans les zones dites « tendues » (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes et Nord).
Enfin, le texte prévoit l’assouplissement des conditions de ressources et d’attribution d’un logement social pour les personnes en instance de divorce ou victimes de violence conjugale.
Par ailleurs, pour favoriser la construction, la loi dispose que les organismes HLM n’investissant pas assez seront soumis à un prélèvement sur leurs ressources inutilisées pour favoriser ceux qui ont besoin de construire plus.
Lutte contre l’exclusion et accès au logement
Dans chaque département sera maintenant établi un plan d’accueil, d’hébergement et d’insertion des personnes sans domicile ; il sera inclus dans le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées. Etabli pour une période de cinq ans, ce plan appréciera l’évolution des besoins de la population sans domicile ou en situation de grande précarité ; dressera le bilan qualitatif et quantitatif de l’offre existante ; ou encore déterminera les perspectives et les objectifs de développement ou de transformation de l’offre.
Par ailleurs, dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant de l’Etat, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique, sociale et de les orienter vers les structures ou services qu’appelle leur état.
Pour le 1 % logement
La CMP a adopté à l’unanimité un amendement du député Michel Piron (UMP, Maine-et-Loire) tendant à prévoir « que certaines ressources attribuées au titre de la participation des employeurs à l’effort de construction donnent lieu à contreparties, notamment sous forme de droits de réservation ».
Elle a également entériné, dans les mêmes termes, l’attribution de 30 MnsE par an à l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), et la programmation de 12 MdsE pour le Programme national de rénovation urbaine (PNRU).
Mission de l’Agence nationale pour l’habitat (Anah)
L’Anah exerce dorénavant une mission de requalification des immeubles, et non des îlots, d’habitat privé dégradé.
De plus, la substitution de l’Anah à l’Etat pour l’amélioration des structures d’hébergement et l’exécution des missions de résorption de l’habitat insalubre doit intervenir au plus tard le 31 décembre 2009 ; le décret d’application fixera la liste des opérations transférées et le montant des dépenses engagées restant à payer.
Enfin, l’Anah pourra financer l’acquisition de terrains dangereux ou insalubres.
Mesures diverses
D’ici à trois ans, les occupants d’un logement, qu’ils soient locataires ou propriétaires, ont l’obligation d’installer un détecteur de fumée.
Le taux réduit de la TVA à 5,5 % s’applique dorénavant aux ventes et à la construction de logements neufs destinés à être affectés à l’habitation principale des personnes physiques, s’ils sont primo-accédants et s’ils bénéficient d’une aide à l’accession sociale à la propriété.
Laure Martin
