Auditionné pour la première fois devant une instance parlementaire depuis sa nomination le 12 janvier à la fonction de haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, est intervenu le 17 février devant la commission des affaires culturelles du Sénat afin de s’expliquer sur son nouveau poste.
Jusqu’alors, la mission Jeunesse était soit isolée, soit rattachée aux ministères du Sport, de l’Education, de la Ville ou encore des Affaires sociales. « Cette catégorie de population - 8 millions de personnes - aux besoins divers appelle à une action plus transversale, interministérielle et rattachée au Premier ministre », explique Martin Hirsch pour justifier sa mission. Et d’ajouter : « Il faut une prise sur les différents leviers et politiques de la jeunesse ».
Dorénavant face à lui, des jeunes confrontés au « paradoxe français ». En effet, « nous avons un pays avec le meilleur taux de fécondité en Europe et pourtant, nous avons des difficultés à intégrer les jeunes dans la société », admet le haut commissaire. A cela s’ajoute leurs conditions de ressources. « On se rend compte que le taux de pauvreté des jeunes est 50 % plus élevé que celui de la population en générale. Parmi les 18-25 ans, il y a 18 à 20 % de pauvres ». Il faut donc faire en sorte qu’à la fin de leurs études, ils trouvent un emploi stable.
Comment agir ?
La fonction de Martin Hirsch prévoit un partage de compétences avec les ministres de l’Emploi, de l’Enseignement supérieur et de l’Education. « Ce positionnement est destiné à concevoir une politique, vis-à -vis de la jeunesse, qui puisse répondre aux différents défis que pose cette dernière ».
Concernant la méthode, il mise sur la conciliation entre les syndicats de salariés, les organisations patronales, les organisations qui représentent les jeunes et les collectivités territoriales afin de « réorganiser tout cela ».
Et le chantier prioritaire sera celui de l’éducation. « Il faut tout d’abord restructurer l’orientation des jeunes pour que, du collège jusqu’à l’obtention d’un emploi durable, il y ait une logique forte », annonce le haut commissaire. Car l’orientation crée des dégâts importants « quand elle est mal faite ou quand elle devient une orientation par défaut ». D’autant plus que la France est un pays au sein duquel « si l’on se trompe d’orientation, il est difficile d’en changer ».
Il est également utile d’instaurer une continuité dans le parcours des jeunes afin d’éviter qu’ils ne « sortent du système éducatif sans diplôme et qu’ils ne soient lâchés dans la nature sans aucun suivi », informe-t-il. Le haut commissaire a aussi insisté sur la nécessité « de passer par une phase expérimentale [qui] est très importante ».
Laure Martin
