La commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale, mise en place le 7 octobre par le Parlement européen pour 12 mois, a tenu le 4 novembre sa première réunion. Elle devra « analyser et évaluer l’ampleur de la crise, son impact sur l’Union et les Etats membres, ainsi que sur l’état de la gouvernance mondiale ».
Après avoir auditionné les acteurs concernés et effectué des déplacements à Bâle et Genève, aux Etats-Unis, en Chine, dans un pays africain, un pays balte et/ou la Hongrie, la commission spéciale devrait présenter son rapport en juin. Mais sa présidente, Pervenche Bérès (S&D, France), évoque déjà quelques pistes à suivre. Tout d’abord, évaluer « le coût de la «non Europe» ». « Il est regrettable que les Etats membres n’aient pas utilisé la valeur ajoutée que représente l’Union. Dans le secteur bancaire, par exemple, il aurait fallu proposer un seul cadre européen avec les mêmes règles à imposer aux banques en contrepartie des aides publiques. Il aurait également fallu coordonner davantage les plans de relance nationaux. »
Rappelant la « divergence importante de productivité entre les pays européens », elle estime par ailleurs que « si l’on n’invente pas des mécanismes de solidarité entre les Etats membres, il y aura une destruction de la zone euro ». « Le jour où la Grèce fera appel au FMI, cela sera un échec terrible pour l’Union. » L’eurodéputée envisage donc la création d’un « fonds monétaire européen » ainsi que d’un « emprunt communautaire » pour faire face à la crise et aux « défis du développement durable et du vieillissement de la population ».
Enfin, Pervenche Berès estime primordial que l’Union européenne se fasse entendre en tant qu’espace politique dans la gouvernance mondiale. Par exemple, elle « trouverait normal que la zone euro siège au FMI ».
Carine Duvoux
