Tout en notant l’absence – très regrettée – de Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, les édiles ont, lors de l’atelier du Congrès des maires consacré à l’accueil de la petite enfance, mis en avant leurs inquiétudes face à une baisse des financements et à un possible désengagement de l’Education nationale.
Crèches, micro-crèches, regroupements d’assistantes maternelles, jardins d’éveil… Face aux nombreuses possibilités, comment les élus doivent-ils choisir ? « En fonction avant tout de l’intérêt de l’enfant, de sa sécurité, des besoins des parents en termes d’horaires et de budget », répond Elisabeth Laithier, adjointe au maire de Nancy. « Le financement ne doit pas être le premier critère, poursuit Valérie Demangeau, maire du Pellerin en Loire-Atlantique. Il ne faut pas céder aux incitations qui accompagnent le lancement d’un nouveau dispositif si ce dernier ne correspond pas aux besoins. Il faut éviter de mettre en concurrence les modes de garde. Il est dommage que l’Etat ne propose pas de dispositifs à des conditions financières pérennes. »
Cofinancement à 55 % minimum
L’AMF a obtenu des avancées dans le cadre de la nouvelle Convention d’objectifs et de gestion (COG), signée par l’Etat et la Cnaf pour la période 2009-2012 : « il y a eu une revalorisation des prix plafonds des prestations de service et une modulation du montant des enveloppes Contrat enfance et jeunesse (CEJ) dans les Zones urbaines sensibles (Zus) et les Zones de revitalisation rurale (ZRR). L’accueil d’enfants de familles défavorisées ou soumises à des horaires atypiques ou d’enfants porteurs d’un handicap a également été renforcé. » Mais l’inquiétude des édiles demeure. Sylvie Le Chevillier se veut rassurante : « désormais, lorsque l’on obtient des financements pour créer des places de crèches, on négocie en même temps les dépenses de fonctionnement » liées à ces places, explique-t-elle, ajoutant que, dans la COG, « il est prévu que le taux de cofinancement de la Caf ne pourra être inférieur à 55 % ».
Scolariser les 2-3 ans
Les maires craignent aussi un « désengagement de l’Etat ». Alors que la scolarisation des enfants de deux ans baisse, l’apparition de structures telles que les jardins d’éveil, réservés aux enfants de 2-3 ans, laisse en effet planer le doute sur l’avenir de la scolarisation de cette tranche d’âge en maternelle, expliquent-ils.
L’AMF a d’ailleurs adressé une lettre au ministère de la Famille, s’alarmant « non seulement d’un possible transfert de charge vers les collectivités locales, mais aussi des difficultés pour les familles défavorisées qui peuvent envoyer leurs enfants à l’école car elle est gratuite mais ne pourront payer le jardin d’éveil. »
Carine Duvoux
