Le Mercredi 23 décembre 2009
La commission de l’économie du Sénat a examiné le 16 décembre le rapport d’Elisabeth Lamure (UMP, Rhône) sur l’application de la Loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008.
Le premier sujet abordé par le rapport est la réduction des délais de paiement à 45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires. Sur ce point, « le bilan de la LME est très positif, souligne la rapporteure. Les premières études montrent une réduction effective des délais de paiement ». Une seule difficulté se pose, dans le secteur du livre, mais « une proposition de loi en ce sens a été adoptée à l’Assemblée le 1er décembre et sera soumise au Sénat » le 13 janvier. Elisabeth Lamure révèle simplement que « certaines pratiques doivent être surveillées » et que l’application de la loi au niveau international doit être clarifiée.
Relations commerciales
En revanche, la rapporteure est beaucoup plus réservée s’agissant du bilan dressé sur le deuxième thème du rapport : la réforme des relations commerciales. « Si les marges arrière ont été effectivement fortement réduites, souligne-t-elle, la LME n’a pas permis de réelle amélioration des relations commerciales, les relations entre fournisseurs et distributeurs restant fortement déséquilibrées ; les fournisseurs et les distributeurs divergeant sur l’interprétation de la loi et de nombreux abus ayant été constatés. » La multiplication des contrôles effectués par la DGCCRF est, dans ce contexte, saluée par la sénatrice.
Auto-entrepreneur
Même bilan en demi-teinte concernant le régime de l’auto-entrepreneur. Entré en vigueur comme prévu le 1er janvier 2009, ce régime a eu « un effet stimulant sur la création d’entreprise », en hausse de 68 % entre le 1er janvier et le 31 octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. Mais la rapporteure nuance ces chiffres, rappelant qu’ « une large majorité d’auto-entreprises n’ont toujours pas déclaré de chiffre d’affaires au troisième trimestre » (on pourrait donc les considérer comme « dormantes ») et que ces entreprises « se substituent en partie aux entreprises individuelles classiques dont le nombre de création a fortement baissé depuis le début de l’année (-37 %) ».
Elisabeth Lamure souligne également le fait que « l’auto-entreprise suscite encore un certain nombre de questions, sinon d’inquiétudes » en raison de la concurrence que ce type d’entreprises fait à celles de l’artisanat et au salariat dans le domaine de la sous-traitance.
La rapporteure demande au « Gouvernement d’établir très vite un rapport économique et social sur les auto-entrepreneurs afin que l’on sache vraiment qui ils sont, ce qu’ils font, quels sont l’emploi et la valeur ajoutée réellement créés, quel est leur impact sur le monde de l’artisanat, sur les comptes sociaux et sur les pratiques de gestion de la main d’œuvre des entreprises ». Elle estime aussi nécessaire de « renforcer l’information sur le caractère illégal et les risques des pratiques consistant à requalifier de façon abusive une relation salariale sous la forme d’une relation commerciale de sous-traitance ».
Urbanisme commercial
Enfin, dernier thème du rapport : l’urbanisme commercial. Elisabeth Lamure regrette que les missions confiées aux Commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) ne soient pas claires, qu’il n’existe pas d’outil statistique pour évaluer l’impact de la libéralisation des implantations commerciales et que l’intégration de l’urbanisme commercial au code général de l’urbanisme reste inachevée. La rapporteure recommande notamment de « mettre en place dans les plus brefs délais un outil d’observation des équipements commerciaux permettant d’établir un bilan objectif de la LME » et d’« élaborer rapidement un texte sur l’urbanisme commercial, qui ne soit pas un texte sur le commerce mais bien un texte d’urbanisme ».
A noter qu’un débat sur l’application de la LME doit avoir lieu en séance publique le 12 janvier, à la demande du groupe socialiste, a rappelé la sénatrice.
Carine Duvoux




