Par Robert Namias
La forte participation au scrutin, l’effondrement de Ségolène Royal et la percée d’Arnaud Montebourg constituent de véritables marqueurs pour une société française en mutation. De droite ou de gauche, le vainqueur de 2012 devra en tenir compte.
Les éléments de langage décidés à l’Élysée et distillés sans grande conviction par certains dirigeants de l’UMP dimanche soir n’étaient guère crédibles. Décidément, l’idée que « plus c’est gros, plus ça passe » a semble-t-il encore de beaux jours devant elle. Étrange, tant cette attitude paraît aujourd’hui risquée. Minimiser le succès de la primaire socialiste et nier l’évidence politique ne sert pas la majorité, d’autant qu’elle pouvait trouver d’autres angles d’attaque (par exemple le possible virage à gauche évoqué dès le lendemain). Sur le principe même de la primaire, les dirigeants de l’UMP seraient bien inspirés de s’en tenir
aux propos prononcés la semaine dernière par François Fillon. Le Premier ministre, qui n’est ni sourd ni aveugle, avait bien compris avant même que l’on connaisse le résultat de ce scrutin que les primaires constituent désormais une avancée démocratique qui s’imposera à tous, à droite comme à gauche.
Dans tous les cas, il faut rendre à César ce qui appartient à Olivier Ferrand de Terra Nova et à Arnaud Montebourg, qui se sont battus pour l’organisation de ces primaires. Succès dès le premier tour, elles constituent bel et bien une innovation démocratique validée par les Français sans qu’il y ait eu besoin de convoquer le Congrès ou d’organiser un référendum. Il y aura un avant et un après primaire socialiste. À l’avenir, difficile pour un parti d’ignorer la volonté des Français de participer au processus de désignation des candidats et donc leur refus implicite de l’homme providentiel. Cette fois la page de l’après-guerre est bien tournée, le changement d’époque est acté depuis dimanche. Raté en 2002, esquissé en 2007, le passage au XXIe siècle devrait être la marque de fabrique de l’élection de 2012.
Lire aussi les interview de Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, de Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, ainsi que l’opinion de Gérard Leclerc, président de LCP


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