La rigueur, forcément !

par Robert Namias

Robert Namias. L'Hémicycle

Robert Namias. L'Hémicycle

La pudeur des uns et des autres n’y changera rien. Elle s’impose déjà. Les débats de la primaire socialiste l’ont montré : elle est le fond sans lequel aucun projet politique ne sera crédible. La rigueur, puisque c’est d’elle dont il s’agit, s’est déjà incrustée dans le débat politique. Incrustée et pas seulement immiscée. Elle est au cœur de toute problématique économique. Et ce ne sont pas des mots cache-misère qui masqueront cette réalité.

La gauche majoritaire au Sénat oblige le Président à renoncer à la convocation du Congrès et le principe de la règle d’or a déjà vécu avant même d’avoir été discuté. Pour autant, s’ils veulent être convaincants, les candidats aux primaires socialistes devront confirmer solennellement qu’ils s’engagent à revenir dès 2013 aux critères de Maastricht. Et cette règle, quel que soit son nom, s’imposera à tous.

Cela dit, reconnaître cette nécessité de la rigueur n’est pas fermer le débat. C’est au contraire l’ouvrir et poser les thèmes d’une véritable alternative. Avec cette question : Y a-t-il une rigueur de droite et une rigueur de gauche ? Non répondent implicitement UMP et Gouvernement, en assurant qu’il n’y a qu’une politique de redressement et que seul le chemin tracé par l’actuelle majorité nous donne quelques chances d’arriver à bon port.

Faux répond la gauche, qui affirme que le retour à des comptes équilibrés passera par des réformes structurelles et fiscales que la droite se refuse à envisager. A chacun de se faire une opinion, mais ce débat là, s’il ne gomme pas les déballages nauséabonds du moment, a au moins le mérite de poser les vraies questions. Celle qui, à coup sûr, seront au cœur de la prochaine campagne. Du moins, on l’espère.

Lire les débats de l’Agora avec M. Sapin et M. Novelli.

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