Pour la première fois, il sera impossible d’invoquer l’inutilité des élections européennes

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Par Martin Schulz, président du Parlement européen

Par Martin Schulz, président du Parlement européen

Entre le 22 et le 25 mai prochains, les citoyens européens seront appelés à élire leurs représentants au Parlement européen. Ce n’est pas une échéance inattendue : depuis 1979, les élections européennes ont lieu tous les cinq ans. Malgré cette régularité de métronome, le scrutin n’a pas réussi à convaincre les citoyens européens. En 2009, plus de 55 % d’entre eux se sont abstenus. Ils étaient près de 60 % en France. Ce n’est pas une nouveauté : la participation aux élections européennes subit depuis 35 ans une érosion inexorable, alors même que les pouvoirs du Parlement n’ont cessé de croître durant cette même période.

Peut-on en déduire que les citoyens méprisent l’Europe ? Non, d’autres scrutins sur les enjeux européens ont suscité des débats passionnés et des participations fortes. On peut cependant saisir une lassitude, une incompréhension. L’Europe est une promesse pour des millions de personnes. Une promesse de paix, de sécurité, d’idéaux humanistes, mais aussi d’impératifs sociaux et de croissance. Si la paix est assurée et son principe ancré dans tous les cœurs, l’Europe n’a pas su répondre aux autres défis. L’Europe n’est plus un foyer de croissance, l’emploi n’y est plus assuré, l’Europe a parfois failli dans sa tâche de protection des droits. L’idée que, ensemble, les Européens seraient plus forts, n’est plus incarnée par l’Union européenne.

Face à cette situation, les Européens ont voulu s’exprimer, ont réclamé du changement. Cette exigence pour le projet européen était peut-être entendue, mais pas répercutée. Le format inédit des prochaines élections européennes change la donne. En effet, le traité de Lisbonne prévoit que, pour la première fois, cette année, les chefs d’État et de gouvernement tiennent compte des résultats des élections dans le choix du candidat à la présidence de la Commission européenne qu’ils présenteront au vote du Parlement. Cette désignation se déroulait autrefois derrière les portes closes d’un conclave réunissant les têtes des exécutifs européens. Elle se fera désormais face aux citoyens, dans le respect de leur vote. Pour le Parlement européen, l’esprit de Lisbonne s’interprète ainsi : le parti qui parvient à fédérer une majorité au Parlement derrière son candidat doit remporter la présidence de la Commission. Cette élection est calquée sur les élections législatives nationales qui recueillent l’attention et les suffrages des électeurs européens. Pour la première fois, il sera impossible d’invoquer l’inutilité des élections européennes, de clamer que leur déroulement est exempt d’enjeu de pouvoir. Leur issue modifiera l’équilibre des forces, car ces élections donneront l’occasion aux citoyens de choisir l’Europe qu’ils veulent.

Ce nouveau processus entraînera des effets positifs en cascade pour l’Union européenne. Il confortera le Parlement européen dans son rôle de contrôle des institutions européennes. L’exécutif européen dont le président sera élu devra répondre de ses actes devant les électeurs et en sera légitimé et renforcé.

Ce processus démocratique ne fait pourtant pas l’unanimité. Les dirigeants des États d’Europe ne veulent pas renoncer à leurs prérogatives et préfèrent rester sourds à la voix des peuples. Une offense à la démocratie qu’ils n’oseraient réclamer pour leur propre pays. Mais offrons-leur le bénéfice du doute. Écoutons plutôt ceux qui expriment leur opposition en soutenant que la Commission européenne ne doit pas être politique. Je leur réponds que la Commission est politique depuis de nombreuses années. Mais cela a été une politique entre élites, loin des citoyens et des élus qui les représentent. Aujourd’hui, un lien clair est établi entre les citoyens et les institutions européens. C’est une promesse de démocratie à des millions de citoyens : l’Europe ne pourra plus se faire sans eux.

C’est un pas important en direction de ceux qui, consciemment ou inconsciemment, sont devenus eurosceptiques. C’est un premier pas nécessaire car je comprends leur scepticisme. Je le partage même. L’Union européenne a perdu de vue son objectif : prendre le relais des États membres pour des enjeux supranationaux – l’économie, l’environnement, l’emploi… Elle s’est aujourd’hui perdue dans des errements administratifs, dans des règlements tatillons. Elle s’est déconnectée des Européens. Cette déconnexion, ou son sentiment, a été aggravée par des hommes politiques nationaux qui ont martelé que l’Europe était définitivement un projet lointain, incompréhensible pour le commun des mortels. Ils n’ont désormais plus d’excuse. Les partis européens et leurs composantes nationales ont comme responsabilité de sensibiliser leurs électeurs, de défendre leur programme politique européen, de présenter des candidats aux élections dévoués à leur tâche de législateur et soucieux d’expliquer leur action à leurs concitoyens. Il est de leur responsabilité de rappeler que le Parlement européen est la voix du peuple européen. Un parlement dont les prérogatives se sont élargies. C’est lui qui s’est battu pour un budget à long terme stabilisé, pour des bonus de banquiers encadrés, pour une taxe sur les transactions financières. C’est lui qui s’est battu pour que la contribution aux plus démunis en Europe soit sanctuarisée.

Il est de leur responsabilité de rappeler aux Européens que l’Europe est leur quotidien. Que ce qui se décide à Bruxelles n’est pas le fait d’une oligarchie inconséquente. Ils ne doivent plus accabler « Bruxelles » pour des décisions que leurs dirigeants nationaux ont eux-mêmes prises. Il est temps pour eux de redonner à l’Europe ses lettres de noblesse.

Ce scrutin sera aussi l’occasion pour les grandes forces politiques de confronter leur vision de l’Europe, de soutenir une candidature trans-européenne pour la tête de l’exécutif européen. La montée redoutée des forces populistes au Parlement européen ne peut être une excuse pour se désengager, une échappatoire pour les pays membres et leurs partis pour traiter à la légère ces élections. En ne prenant part aux élections que du bout des doigts, certains espèrent ne pas avoir à payer les conséquences d’un vote anti-européen. Il n’en sera rien. D’autant que nous le savons tous, aucune élection n’est jouée d’avance.

Je porterai les couleurs des socialistes européens à ces élections. Parlementaire européen depuis 20 ans, je me suis battu pour que mon institution soit connue, reconnue et respectée. Européen convaincu, je souhaite réconcilier l’idée européenne avec les attentes des citoyens. Et pour cela, je leur promets un changement de cap, après 10 ans de politique de droite, mais surtout une Commission à l’écoute des citoyens, à l’écoute et sous le contrôle des parlementaires qu’ils ont élus.

Martin Schulz

5 réflexions au sujet de « Pour la première fois, il sera impossible d’invoquer l’inutilité des élections européennes »

  1. Monsieur le Président

    Directive européenne sur le vaping,acceptez de splitter le vote de la TPD

    Je suis un ancien fumeur, depuis plus de 9 mois je n’ai pas touché au tabac, depuis 9 mois j’inhale de la vapeur de glycol ,je suis un vapoteur.

    j’ai été « tranquille » une semaine avec la vape, j’avais des doutes au lendemain de mon premier achat, lorsque je me suis rendu compte de efficacité de mon modeste kit ego ! deux jours sans tabac ! comment est-ce possible ? ensuite, en parcourant le net j’ai tout de suite été au courant des enjeux, c’était trop beau pour durer…..médicament….produit du tabac ,interdiction, ou limitation drastique ,bref, la totale…..parfois je me dis, c’est une blague………j’ai fumé pendant plus de vingt ans sans jamais me poser la question du lendemain….je connais de bons buveurs qui n’ont et ne seront jamais inquiétés de la disponibilité de leur boisson favorite, ni sur la contenance de leurs verre….2ml de vodka avec des bouteilles de 10 ml ! c’est pas pour demain ! ce n’est pas demain non plus que le taux d’alcool sera limité à 20% ni qu’il faudra un amm a la bière sans alcool……..je côtoie des fumeurs de cannabis qui ne savent pas où se trouve Bruxelles, encore moins Strasbourg car eux n’auront jamais de problème de disponibilité ou limités par la législation a des joints jetables ou pré-remplis en pétard scellés……….je n’ai jamais vu autant de sujets ,de déclarations scientifiques, d’études, de polémiques ,de projets de lois, d’interdiction, de ban, et autres que ces derniers mois……….

    Bientôt, à Strasbourg va être voté par les députés Européen le texte de la TPD ,concernant les produits du tabac et, malheureusement pour les millions de vapoteurs européens, l’article 18 qui, une fois appliqué va réduire à néant des mois d’efforts passés à oublier la tabac.

    Produit du tabac ou Médicament, rien que ça ! pour la France, ou je vis, ce sera le monopole aux buralistes, quelle bonne idée que de me renvoyer chez le buraliste alors que je viens de passer 9 mois à tout faire pour ne plus toucher au tabac !

    Pour d‘autres ,ce sera la pénalisation médicamenteuse ,des produits chers et disponibles uniquement en pharmacie ! si cela ne décourage pas les fumeurs ,l’inefficacité des procédés actuellement prévus le fera.

    Que dire de mon matériel ? pourtant efficace…pas une seule de mes batteries ne correspond à la directive, il ne me reste qu’à espérer quelle dureront longtemps car je ne pourrais plus les remplacer ,pas un seul de mes réservoirs rechargeables n’échappe au cahier des charges de la directive, là aussi ,en plus de devenir illégaux ,il me sera impossible de les renouveler.

    Les produits qui passeront au travers des mailles de la directive et resteront sur le marché sont ancestraux ,techniquement dépassés par les nouvelles générations de vapoteuses .

    La directive entends limité les flacon de liquide a 10ml,les réservoirs a 2ml,a part multiplier les déchets ces mesures sont inadaptées et de l’avis de plusieurs spécialistes totalement injustifié.

    Et que dire de l’option fatale ajoutée dans la hâte a cette directive :
    la possibilité si seulement trois états le décident d’interdire les modèles rechargeables dans toute l’Europe, plus clairement, de renvoyer plusieurs millions de vapoteur au tabac dans l’heure en interdisant 99% des modèles.

    Outre la fermeture de la plupart des boutiques cette mesure offrirait a British American Tobacco l’exclusivité et le monopole du vaping en Europe, seul les modèles vuse ,vype et njoy correspondrait à la virgule prêt au cahier des charges de la directive tabac ! cette situation est assez cocasse pour le signaler !

    Une interdiction arbitraire de tout ce qui fait la vape ,innovation ,diversité, saveurs, et libre choix ! pour assoir le monopole des fabricants de tabac et une distribution offerte aux débiteurs de tabac ? quel est donc le message que veut faire passer le conseil européen aux vapoteurs européens ? de retourner au plus vite au tabac ?

    Je passe sur les mesures de « sécurité » et les normes imposées aux liquide dont je doute que l’eau de source parviennent à passer.

    A présent, j’hésite entre retourner au tabac de mon plein grés ou attendre qu’une directive ne me laisse d’autres choix….

    Ou ,l’option que j’ai choisi de vous écrire pour vous faire partager mes craintes et vous demander de vous joindre à la demande des députés qui réclament actuellement auprès de votre autorité la possibilité de pouvoir voter séparément les différents points de cette directive, de cette façon, les options choisies concernant le tabac pourraient être votées sans risques, et parallèlement ,les contraintes imposées à la vape pourraient être allégées, en favorisant la sécurité, les tests de qualité, en prenant en compte les études faites par de nombreux spécialistes, et l’impact de vaping sur la chute des ventes du tabac de ces derniers mois, légiférer, mais n’interdisez pas ,mesurez l’impact sanitaire que pourrait avoir le vaping en Europe si elle continue à se développer et à sortir des fumeurs du tabac. Ecoutez les scientifiques, les vapoteurs ,réclamez un vote distinct pour le tabac et pour le vaping, la vape n’est pas du tabac ,je ne fume plus, je vape………

    il n’y a aucune urgence a légiféré sur le vaping,le vaping ne fait pas de victime comme le tabac ou l’alcool ,une législation allégée,réfléchit, favorisant la sécurité et la qualité des produits ,en écoutant l’avis des spécialistes de santé et les vapoteurs,les anciens fumeurs enfin sortis du tabagisme.

    Vous voulez une Europe a l’écoute des citoyens ? c’est l’occasion de le prouver.

    soyez assuré, Monsieur le Président de ma plus haute considération.

    Manu.
    France

  2. Cher Monsieur Schultz,

    Blogueur depuis 2006 sur les remèdes au tabagisme (UnAirNeuf.org*), je vous demande de faire ce qu’il faut pour retirer les points concernant la cigarette électronique d’une Directive Tabac qui ne la concerne en rien.

    Vous seul êtes actuellement en position de faire cesser les conciliabules pilotés en sous-main par des multinationales âpres au gain : seul le Parlement Européen est en mesure de DICTER à la Commission Européenne de faire cesser ses pratiques scandaleuses successives, qui notamment ont contraint son président à faire démissionner le Commissaire en charge de ce dossier pour des raisons très – trop – floues liées à ce dossier précisément. Ce n’est pas un détail.

    Dans cette affaire, comme le montre le recours de M. Clive Bates au Médiateur Européen (qui se déclare non compétent !), le scandale d’une ‘maladministration’ éclabousse toutes les belles promesses et beaux idéaux européens. C’est faire le lit des eurosceptiques, et notamment de Mme Le Pen, qui va être en mesure de l’emporter en France si vous ne redressez pas la barre. Oui, vous pouvez craindre le pire. Oui, si des actes concrets ne sont pas accomplis par vous dans les heures et les jours qui viennent, je demanderai à ce que les lecteurs de mon blog votent en faveur d’une femme vapoteuse qui imposera à l’Europe le nettoyage des écuries d’Augias. Sachez que les vapoteurs entendent sauver leur peau et sont déterminés à faire valoir leur droit à se libérer du tabagisme, contre toute autre considération éventuelle.

    Je reste à votre disposition et dans l’attente d’une réponse favorable de votre part.

    Randall
    * UnAirNeuf.org (sans publicité ni sponsoring commercial et sous pseudonymat pour éviter toute suspicion de vendre mes propres recettes)

  3. Troisièmement, les lois électorales du pays doivent être plus ouvertes et réinstaurer une plus grande confiance quant au bon déroulement et à l’impartialité des élections, ce qui n’était pas le cas auparavant.

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