Mal dans leur peau

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Par Joël Genard

Les indicateurs de confiance sont au plus bas. Selon une étude TNS Sofres, de plus en plus de Français se sentent frustrés et se mettent à l’écart du système économique et politique.

Jamais les Français n’ont été aussi pessimistes… C’est le principal constat de l’étude TNS Sofres réalisée pour le compte de l’agence Australie. La photographie de l’état d’esprit de nos concitoyens est bien sombre. À 88 %, ils sont inquiets pour la situation économique de la France. À 76 %, ils le sont aussi pour leur situation personnelle, notamment en matière de niveau de vie et de pouvoir d’achat. « L’opinion décroche sur plusieurs sujets, comme si les Français étaient de plus en plus nombreux à vouloir se tenir à l’écart du système », estime Vincent Leclabart, patron de l’agence Australie et commanditaire de cette enquête.

Les courbes de pessimisme convergent. Il y a déjà eu deux pics équivalents ces dix dernières années. En 2005, après le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen, et en 2008, en raison des désillusions postélectorales. La crise actuelle de la dette, l’affaire Dexia, la remontée du chômage, rendent les Français particulièrement inquiets. Pour eux, la crise vécue depuis dix ans au plan personnel et depuis trois ans au plan collectif ne semble pas près de s’arrêter.

56 % des Français déclarent ainsi ne pas gagner assez pour pouvoir vivre comme ils le souhaitent. 40 % déclarent vivre difficilement avec leurs revenus actuels et 27 % disent se priver en permanence ou souvent pour des raisons financières.

80 % croient de moins en moins les politiques Pour les Français, la vie politique les ennuie à 42 %. Leur opinion sur les hommes politiques s’est aussi dégradée en trois ans. Ils sont 80%, soit 3% de plus qu’en 2008, à croire de moins en moins les politiques. Dans leur univers de consommation aussi, les Français décrochent. Pour la première fois depuis la création de l’étude il y a huit ans, les indifférents et opposants au modèle « consommatoire » sont majoritaires (63 %). Si l’amour pour les marques reste stable, les consommateurs pensent que les entreprises roulent pour elles et pas pour leurs clients.

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