Editorial

par Robert Namias

Robert Namias. L'Hémicycle

Robert Namias. L'Hémicycle

Dimanche la désignation de François Hollande a mis un point final à la précampagne présidentielle. Certes, le champion qui portera les couleurs de la droite n’est pas officiellement connu, mais qui peut douter de son nom. Malgré les airs entendus de certains et les espoirs irréalistes de quelques autres, l’affaire est verrouillée : Nicolas Sarkozy sera évidemment au rendez-vous de 2012.

À gauche, quatre candidats déclarés, au centre, François Bayrou, à droite, le Président sortant, Marine Le Pen et peut-être pourquoi pas Hervé Morin, Christine Boutin, Corinne Lepage ou bien encore Dupont-Aignan. À vrai dire les incertitudes sont mineures si l’on excepte les états d’âme de Dominique de Villepin. À six mois du premier tour, le casting est complet, et nous sommes bel et bien entrés dans la campagne, même si du côté de l’Élysée on pense encore faire illusion en affirmant qu’il y a plus urgent à faire que de s’occuper d’une élection qui n’aura lieu qu’au mois d’avril prochain.

Les acteurs sont connus, la pièce peut commencer. D’autant qu’on imagine le décor. Il est le même pour tout le monde : une crise durable, une croissance en berne, un chômage qui ne baissera guère d’ici six mois, une dette qui ne cesse de se creuser, une Europe divisée face à une Amérique plus protectionniste que jamais dans un monde dominé par l’émergence de la Chine, de l’Inde et de quelques autres puissances d’Amérique latine.

Reste à écrire le scénario, c’est-à-dire le projet qui permettra à la France et aux Français de puiser dans l’ambition des candidats des raisons de croire que tout n’est pas gris et sans avenir. La liberté d’agir est étroite, et les propositions des uns et des autres ne peuvent être différentes qu’à la marge. Mais c’est cette marge qui fera le résultat.

Contenus des réformes économiques et financières, rapports du pouvoir avec la justice, questions sociétales, mode de gouvernance, personnalité des candidats, les vrais débats sont à venir. Et d’ici avril, l’espoir changera de camp à de nombreuses reprises.

Les dés roulent mais rien n’est joué. Souhaitons seulement que l’incertitude du résultat ne conduise pas les candidats et leur entourage à s’entretuer à coups d’affaires et de petites phrases assassines par incapacité de convaincre sur le fond. On ne peut pas passer son temps à rater les rendez-vous avec l’Histoire.

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