Les primaires : ça marche

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Dix mille bureaux de votes pour un premier tour le 9 octobre et, si nécessaire, pour un deuxième le 16 octobre. Photo Eric Cabanis / AFP

Les primaires socialistes et les débats organisés à cette occasion provoquent une avalanche de commentaires et de réactions sur le Web. Avec une très large majorité de clics favorables appréciant tout à la fois le contenu des débats et le principe de la compétition. Même à droite, où l’on est plus dubitatif qu’hostile.

Léon, sur le blog collectif disons.fr, résume bien le point de vue de la blogo- sphère : la primaire socialiste intéresse. Le processus marche plutôt bien. Mais il se demande si cet intérêt n’est pas un intérêt par défaut.

Léon

« les primaires socialistes intéressent et ne sont pas cette machine à perdre et à diviser que j’avais prévue, enfin, pour le moment. Mais je me demande s’il n’y a pas un rapport entre les deux : les électeurs s’intéressent aux primaires et aux débats qui les précèdent parce qu’enfin, et tant pis si ce n’est qu’au sein du PS, on y parle de politique, d’emploi, de fiscalité, d’Europe, de délocalisations, d’enseignement, de pauvreté, là où la droite n’arrive à faire parler d’elle que par une avalanche d’affaires, de mauvais résultats et le people de la  future  progéniture du couple présidentiel. Les électeurs seraient-ils  saturés d’odeurs nauséabondes et auraient-ils  envie de refaire fonctionner la démocratie ? »

www.disons.fr

Jean-Louis Hussonnois, qui anime un blog collectif bourguignon, va plus loin. L’exercice est selon lui une trouvaille intelligente qu’il porte au crédit du PS.

Jean-Louisc Hussonois

« cette formule nouvelle de désignation d’un candidat est très appréciable et globalement le PS sort plutôt grandi d’une telle nouveauté. En dépit des divergences entre les postulants qui ont pu apparaître lors de ce deuxième débat beaucoup plus que lors du premier, l’essentiel unitaire n’a pas été gravement touché. Il y eut des moments difficiles, mais toujours assez bien maîtrisés. Je persiste : ces primaires sont une trouvaille intelligentes du PS ; elles valorisent l’exercice démocratique et l’ensemble de ceux qui participent. »
www.jlhuss.com

Romain Pigenel, sur son blog Variae, constate lui aussi le succès populaire de cette nouveauté politique et se demande si le PS ne pourrait pas en tirer bien plus qu’il ne le pense.

Romain Pigenel

« Pour l’instant, et contrairement aux craintes que l’on pouvait avoir à leur égard, les primaires citoyennes sont un franc succès. Qui aurait pu affirmer avec confiance, il y a encore quelques mois, qu’elles pourraient attirer 5 millions de Français devant leur poste de télévision ? Qui aurait pu penser qu’elles résisteraient à l’injonction médiatique du clash et qu’elles deviendraient une démonstration d’unité de 6 personnalités de gauche, au moment où la sarkocratie se lézarde et se divise?  Les primaires ne conduisent pas nécessairement à la dissolution des partis, bien au contraire, même. Je connais plus d’un ancien « 20 euros » de 2006 qui, profitant de la main tendue alors par le PS, et alors que rien ne l’y prédisposait, est devenu un militant parfaitement actif et intégré au sein du parti. La première édition des primaires citoyennes peut avoir le même effet, au centuple. »
www.variae.com

Même à droite, cette primaire socialiste est regardée avec intérêt. Jonathan Parienté s’est intéressé à deux jeunes UMP du département de l’Hérault, qui pensent que le principe de la primaire a un bel avenir, et pas seulement à gauche.

Jonathan Parienté

« Ils n’iront pas voter à la primaire, mais ils ont regardé d’un œil plus ou moins attentif le débat qui opposait les six candidats à l’investiture socialiste. Yannick Cambon et Romain Ferrara sont cadres des Jeunes UMP de l’Hérault. S’ils se sont installés face à leur télévision ce mercredi 28 septembre, c’est pour se « changer les idées » à la veille de l’examen du barreau que ces étudiants en droit de Montpellier passent tous deux. Disons-le tout net, le principe de la primaire ne les effraie ni ne les choque. Ils regrettent que certains de leurs aînés aient fait « tout un foin » de ces primaires en accusant le PS de ficher les électeurs. D’ailleurs, « une primaire sera sans doute nécessaire pour 2017 si aucun candidat n’émerge naturellement », anticipe Romain Ferrara, responsable départemental des jeunes UMP. »
montpellier.blog.lemonde.fr

Il reste malgré tout des irréductibles. Roland Thevenet, dans son blog Solko, s’en fait le porte- parole.

Roland Thevenet

« il faut craindre, en cas de succès des primaires socialistes, puis d’élection de celui ou de celle qui en sera sorti « vainqueur », la fin définitive de tout ce qui fonde l’élection française, à savoir ce premier tour et son panel de candidats, premier tour qui est le véritable moment de débats. Contrairement à la propagande que l’on entend un peu partout, je suis convaincu qu’une participation massive à cette mascarade de consultation ne sera pas une bonne nouvelle pour la vie démocratique et l’avenir du pays, et qu’il aurait mieux valu qu’elle se bornât à un simple vote de militants. »
solko.hautetfort.com/

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