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Portraits

19 octobre 2011

Boutin : « Jamais je ne renoncerai »

[caption id="attachment_531" align="alignleft" width="300" caption="Photo Thomas Samson / AFP"][/caption] La présidente du Parti chrétien-démocrate candidate à la présidentielle de 2012 répond au questionnaire de l’Hémicycle. L’ancienne ministre du Logement a du caractère. Et des convictions qui, parfois, décoiffent. Quel événement vous a décidée à faire de la politique ? L’élection de François Mitterrand en 1981, pas forcément pour les bonnes raisons d’ailleurs : j’imaginais que les chars russes allaient débarquer en France. On ne savait pas encore, à l’époque, que Mitterrand était un homme de droite ! La réforme que vous rêvez de voir adoptée ? L’instauration d’un revenu de base en lieu et place de la myriade d’allocations sociales existantes. Cette profonde simplification permettrait, sans aucune charge supplémentaire pour le budget de l’État, de donner à tous un revenu de base de 400 euros pour les adultes et de 200 euros pour les moins de 18 ans. Cette réforme permettrait d’en finir avec un système de solidarité illisible et coûteux, de créer une solidarité qui favorise le dynamisme et la responsabilité, de donner à chacun un atout pour ne pas tomber dans la misère et être reconnu dans sa participation spécifique à la richesse nationale. La loi, dans le passé, que vous auriez aimé voter ? L’abolition de la peine de mort. Je suis profondément convaincue que personne n’a le droit de décider de donner la mort. C’est valable pour les criminels (même s’ils doivent être sévèrement punis), mais aussi pour les personnes en fin de vie. C’est dans cette logique que je m’oppose fermement à la légalisation de l’euthanasie. Quel homme politique admirez-vous le plus ? Raymond Barre. C’est un homme qui avait une haute vision de la politique : le service de la France et la recherche du bien commun. C’est par exemple lui qui a voté le dernier budget de l’État à l’équilibre ! De quel adversaire politique vous sentez-vous le plus proche ? Michel Rocard. C’est un homme libre avec des convictions fortes et le talent pour les faire partager. Un des rares représentants de la gauche non idéologue. Quel livre êtes-vous en train de lire ? Je lis et je relis L’Empire du moindre mal, de Jean-Claude Michéa. L’auteur y démontre que l’ultralibéralisme économique (propre à la droite) et la culture libertaire (propre à la gauche) ne sont que les deux versants d’un même phénomène : la destruction systématique de tout ce qui permet le lien social et la construction d’une société réellement humaine. Il y décrit une société éclatée d’individus producteurs et consommateurs de désirs, sans aucune valeur commune. La lecture de ce livre m’a permis de mieux comprendre la vitesse à laquelle s’effondrent les valeurs les plus élémentaires. Jean-Claude Michéa y montre aussi que la gauche a abandonné les classes populaires au profit d’une nouvelle base électorale : une alliance des bobos aisés et des « minorités ». On comprend mieux ainsi le succès du Front national auprès des ouvriers... Le lieu de France que vous préférez ? Le Croisic ! Quand vous fredonnez, c’est quel air ? Et si je répondais : colonel Reyel, seriez-vous surprise ? Quelle photo avez-vous sur votre bureau ? Nombreuses, à vous de venir faire un tour dans mon QG de campagne de Levallois ! On vous propose de déjeuner en tête à tête avec une personnalité disparue. Qui choisissez-vous ? L’abbé Pierre. C’est un homme qui a mis toute son énergie, toute sa vie dans son combat contre la misère. Il a placé ce combat au cœur de la vie publique. Il a réveillé nos consciences et hautement participé à l’effort de reconstruction de l’après-guerre. Êtes-vous sûre d’être candidate à la présidentielle jusqu’au bout ? Évidemment ! Car personne d’autre à droite ne portera les valeurs essentielles que je défends, comme le respect de l’homme, de sa conception de la mort naturelle, l’attention aux plus fragiles, le soutien de la famille fondée sur la durée et la complémentarité des sexes, le rétablissement de l’école de l’autorité et du savoir, etc.

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