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Politiques

17 octobre 2012

Bruno Marzloff « Travail mobile : nous n’en sommes qu’aux prémices »

[caption id="attachment_1447" align="alignleft" width="300" caption="Bruno Marzloff. DR"]Bruno Marzloff[/caption] Bruno Marzloff est sociologue, directeur du cabinet de prospective Média Mundi, animateur du groupe Chronos, laboratoire des mobilités innovantes, président de la Cité des services, un observatoire des villes intelligentes avec Villes Internet, et copilote du programme DatAct sur la donnée urbaine. Quelles sont les nouvelles formes de travail mobile ? Regardez autour de vous. On ne sait plus si ces gens penchés sur un smartphone, un PC ou un iPad, au bistrot, dans la rue ou dans les trains, travaillent ou papotent. 37 %* du temps de travail se passe maintenant hors du lieu de travail. Mais ce n’est pas le numérique qui change la manière de travailler. C’est l’inverse. Le travailleur et l’entreprise mobilisent le numérique pour trouver une issue à des enjeux du quotidien, à sa géographie devenue distordue et à des défis sociétaux. Nous n’en sommes qu’aux prémices. Il faut s’attendre à ce que ce mouvement se généralise.  Les « tiers-lieux » de travail vont-ils se généraliser ? L’écart domicile-travail s’accroît dangereusement. En quelque cinquante ans, la distance entre ces lieux a décuplé. Le travailleur réagit. 37 %* des travailleurs veulent changer d’entreprise ou de domicile. Dès lors, une délocalisation du travail s’organise. Forcément, des tiers-lieux lui seront dédiés. Ils produiront une autre sociabilité du travail. Voilà pourquoi « tiers-lieux » et coworking se confondent et produisent des expériences nouvelles. L’une des observations les plus intéressantes est celle des pairs dans le travail : ils sont moins les collègues de l’entreprise que des comparses croisés sur le Net, à l’occasion d’un chantier ou dans un espace de coworking. Que recouvre exactement, selon vous, la notion de télétravail ? Je préfère le terme plus générique de « travail mobile ». Il recouvre une transformation structurelle du rapport entre salarié et entreprise. C’est toute l’architecture du quotidien et ses organisations que le travailleur change pour continuer à assurer les missions et la productivité du travail et pour concilier, dans le même temps, d’autres activités. Il assume une dispersion du travail dans l’espace et son éparpillement dans le temps : le soir, les RTT, les week-ends, voire pendant les vacances… Cette transformation accompagne un autre mouvement qui favorise la mobilité : la réduction de l’industrie manufacturière au bénéfice des activités servicielles qui représentent 80 % des emplois. La présence permanente au siège du travail devient moins nécessaire. * Selon une étude de début 2012 par Chronos, Sereho, Telecom- ParisTech, Atos et Citica sur wite2-0.fr

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Pascal Bories Article paru dans le numéro 453 du mercredi 17 OCTOBRE 2012

Écrit par

Pascal Bories, en collaboration avec SFR PLAYER

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