Interview de Roland Cayrol, par Ludovic Vigogne
Pour Roland Cayrol, même s’il n’y croit guère, le risque d’une non-candidature Marine Le Pen n’est pas nul. Dans ce cas, il favoriserait l’abstention, le vote blanc et au final Nicolas Sarkozy.
Estimez-vous possible que Marine Le Pen n’ait pas ses 500 signatures ?
Je crois que ce n’est pas impossible. On a un peu le sentiment qu’à chaque fois le Front national nous fait le coup afin de se victimiser et de recueillir de manière plus sécurisée les parrainages manquants. Mais, cette fois, il semble y avoir un vrai risque. Les maires de communes rurales qui ont donné leurs signatures au FN sont de plus en plus agressés par leurs concitoyens. Même si le parrainage n’a pas été conçu juridiquement ainsi, cela passe quand même toujours pour un soutien. Ils ont donc bien plus de pression. Quant aux grands partis, ils tiennent leurs élus.
Comment réagirait l’opinion si Marine Le Pen était absente de la campagne présidentielle ?
Elle condamnerait cette absence sévèrement. Le FN fait partie du paysage pluraliste français. Marine Le Pen est aux environs de 20 % dans les sondages. L’exclure de la compétition de façon maligne, perverse serait très sévèrement jugé. Les Français auraient le sentiment qu’il manque quelque chose, que la démocratie a failli. Après les gens descendraient-ils dans la rue pour autant ? Je ne le crois pas. Une fois que ce séisme aura eu lieu, il sera passé. Il sera mal jugé, mais l’opinion pourra s’en accommoder. Il n’y aura plus que les politologues, les politiciens, les médias pour le commenter. C’est comme le 21 avril. Le remords n’a pas existé dans l’électorat. Continue reading










