Une ville de confluences

Par Pierre de Vilno

Avec l’aide de nombreux architectes, dont les Suisses Herzog & de Meuron, le sénateur-maire de Lyon ouvre pour sa ville une période de grands travaux. Aménagements des rues, constructions d’immeubles, créations de musées, la capitale des Gaules va être redessinée pour organiser la confluence entre Saône et Rhône.

Panoramique du quai Rambaud en 2011. © THIERRY BAZIN

Innover d’abord, dupliquer ensuite. Voilà l’esprit de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon et président du Grand Lyon, sur ce projet urbain pharaonique et diversifié, qui devrait s’achever à l’horizon 2025. Sans remonter aux Romains, qui, déjà, avaient établi des fortifications sur les collines qui surplombent le confluent au premier siècle avant J.-C., cela fait plus de deux cents ans que ce projet d’habilitation de la Confluence existe. Après une longue période de bagne, où cette rareté naturelle qu’est la jonction de deux fleuves majeurs avait été reléguée à l’industrie, aux prisons et aux abattoirs (à tel point qu’on l’appelait « derrière les voûtes de Perrache »), la Confluence va enfin devenir un vrai quartier. Mieux que cela : le projet va consister en un test grandeur nature de ce que pourraient devenir, dans un futur proche, toutes les grandes agglomérations. C’est la raison pour laquelle la Cité de l’architecture, à Paris, dans sa galerie d’actualité, propose de découvrir à quoi ressemble une « redéfinition de la ville ». Car, explique Francis Rambert, le commissaire de cette exposition et directeur de l’Institut français d’architecture, ce projet est une expérimentation, comme c’est le cas avec l’île de Nantes, Euroméditerranée à Marseille, le bassin à flots à Bordeaux ou encore la deuxième phase d’Euralille. « Dans les années 1960, dit Francis Rambert, le principe était la tabula rasa. Aujourd’hui, on aménage l’existant. » Continue reading

Tempête sur l’éolien en mer

De Noirmoutier au Tréport, les sites qui accueilleront les premiers parcs éoliens en mer à l’horizon 2015 suscitent des réactions contradictoires où l’on retrouve pêle-mêle des oppositions locales et des rivalités interrégionales. L’enjeu : la création de filières industrielles des énergies renouvelables.

Estelle Grelier. Présidente de la Communauté de communes de Fécamp et députée européenne. Photo Kenzo Tribouillard : AFP

Lancé cet été par le Gouvernement, le premier appel d’offres pour l’installation de 600 éoliennes en mer au large des côtes de la Manche et de l’Atlantique attise les convoitises. Il s’inscrit dans l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement, qui prévoit de consacrer 23 % de l’énergie consommée en 2020 aux ressources renouvelables. Sur les 25 000 mégawatts (MW) produits par l’éolien, 6 000 MW proviendront à terme de quelque 1 200 installations en mer. Celles-ci devraient assurer 3,5 % de l’électricité consommée en France. Aujourd’hui, l’éolien terrestre fournit moins de 2 % de la consommation française. « Au-delà de l’évolution du mix énergétique de la France, l’enjeu est de constituer une filière industrielle française et de conquérir une position de leader dans l’industrie des énergies éoliennes en mer. Plus de 10 000 emplois pourraient ainsi être créés à l’horizon 2020 », estime la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Continue reading

Tramway toulousain : c’est reparti

Photo Pascal Pavani / AFP

Principale source de discorde entre la majorité et l’opposition municipale, la prolongation du tramway de Toulouse a été validée par le Conseil d’État.

Pierre Cohen peut être « soulagé ». Le Conseil d’État vient d’annuler l’ordonnance rendue le 1er juin dernier par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, qui avait infligé un camouflet à la mairie socialiste de la ville en exigeant la suspension des travaux prévus pour la prolongation du tramway, à la demande de riverains et de commerçants.

Le chantier controversé devrait débuter fin décembre, précise le maire de Toulouse. Des travaux préalables de déviation des réseaux d’eau, d’électricité et de téléphonie ont déjà été réalisés. Continue reading

Élus : savoir plus pour décider mieux

Michèle Tabarot, députée UMP des Alpes-Maritimes et maire du Cannet

3 questions à Michèle Tabarot

Michèle Tabarot est la nouvelle présidente de l’Association nationale pour la démocratie locale (ANDL). Une structure en charge depuis 1983 de la formation et de l’information des élus territoriaux.

À quels enjeux répondent les formations dispensées aux élus ?
La complexité de la gestion d’une ville impose que les élus connaissent les principales règles en termes juridiques et financiers, en particulier pour pouvoir dialoguer utilement avec les techniciens et diriger leur action. Les élus veulent être efficaces dans leur gestion, ils veulent tenir leurs engagements et désirent aussi faire connaître leur action à la population. C’est un élément important de la démocratie locale. La manière de communiquer a connu une évolution considérable ces dernières années. Les élus locaux se disent aussi parfois préoccupés par les changements qui peuvent intervenir. Nous le voyons par exemple avec la réforme de l’intercommunalité, autour de laquelle il faut faire œuvre de beaucoup de pédagogie. Continue reading

Concilier rigueur économique et intégration sociale

La crise s’est invitée dans l’économie des collectivités locales. Les maires des grandes villes de France, réunis à Paris fin septembre, ont tenté de trouver des politiques qui concilient la rigueur économique et une politique sociale dynamique.

Photo Jean Ayissi / AFP

Après avoir misé sur la rénovation urbaine, à grand renfort de tramways et de quartiers remodelés faisant la part belle aux bourgeois bohèmes adeptes de Vélib’ et de voitures électriques, les maires des grandes villes de France doivent faire face au défi de la cohésion sociale. Un enjeu majeur à l’heure où la crise noircit le moral des Français – la dernière enquête TNS-Sofres fait ainsi apparaître que deux tiers des sondés redoutent le chômage, 76 % souhaitant de nouvelles réponses pour une réforme de la société – et creuse un peu plus les inégalités. Pour Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental : « La société moderne a une soif de liberté individuelle qui pose des problèmes de vie collective, d’instabilité et de précarité. » Face au conflit transgénérationnel, au problème identitaire et de basculement culturel qui se dessinent, « les politiques doivent responsabiliser les citoyens, éveiller les consciences et innover au plan local, au risque de créer des phénomènes d’exclusion ». Continue reading

Les HLM face au désengagement de l’État

Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), réunie en congrès à Bordeaux, dénonce les choix budgétaires de l’État. Et reproche au Gouvernement de ne pas apporter les bonnes réponses face à l’explosion des besoins sociaux en matière de logement.

Thierry Repentin. Le sénateur socialiste préside l’Union sociale pour l’habitat. Il s’inquiète de l’appauvrissement des locataires, qui provoque de nombreux défauts de paiement. Photo Jean-Pierre Muller / AFP

Avec 1 200 000 ménages en attente d’un logement social, « Les moments difficiles sont plutôt devant nous en raison de la baisse prévue des subventions et des financements de l’État, du 1 % logement et des collectivités locales », prédit Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui chapeaute les organismes HLM, représentant 10 millions de personnes logées. « Les locataires sont de plus en plus pauvres, les situations d’impayés se développent, le logement social subit la crise de plein fouet », rappelle encore Thierry Repentin. Continue reading

Roms : un projet européen pour leur intégration

Le congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a réuni un sommet des maires à Strasbourg, le 22 septembre. À cette occasion, « une alliance des villes et des régions d’Europe pour l’inclusion des Roms» a été créée. La commune d’Aubervilliers a été choisie pour représenter la France au sein de cette alliance.

Jacques Salvator, maire PS d’Aubervilliers Photo Thomas Samson / AFP

La situation des Roms continue de provoquer de très vives polémiques entre la droite et la gauche. Récemment, le Conseil d’État a annulé l’accord franco-roumain de coopération judiciaire pour le rapatriement des mineurs. Ce que n’a pas manqué de souligner le député socialiste Dominique Raimbourg, qui dirige le groupe de travail sur « l’accueil des populations issues des minorités Roms dans les grandes villes », créé au sein de l’AMGVF. Alors même que les compétences sont clairement définies – à l’État, l’accueil et l’hébergement d’urgence des populations étrangères ainsi que les discussions au niveau européen concernant les politiques migratoires et le statut des migrants, aux collectivités la mise en œuvre des aides sociales de droit commun et la scolarisation des enfants –, le bras de fer entre les élus et l’État est récurrent. Les différentes déclarations du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, ont provoqué de vifs débats au sommet des maires organisé à Strasbourg. Le premier magistrat de la ville, Roland Ries, a notamment critiqué l’attitude du ministre de l’Intérieur, qui a « de nouveau jeté les Roms à la vindicte populaire en lançant son plan de lutte contre les jeunes délinquants roumains. Cette politique du bouc émissaire où une population complète est pointée du doigt est de mon point de vue inacceptable. » Continue reading

Marseille accueille la première plate-forme régionale d’Air France

La compagnie française a inauguré le 2 octobre à Marseille sa première « base province », destinée à contrer les « low-cost ». L’aéroport phocéen s’attend à accueillir 1 million de passagers supplémentaires.

Photo Stéphane Frances / AFP

La première aérogare « low-cost » d’Europe s’apprête à devenir le laboratoire de la stratégie de reconquête du réseau court-courrier d’Air France, ébranlé depuis des années par la déferlante des compagnies à bas coûts et du TGV. « C’est une petite révolution », estime son directeur général délégué commercial, Bruno Matheu. Cette première base installée en province hébergera une dizaine d’avions, soit environ 120 pilotes et 200 hôtesses et stewards (PNC*). Un personnel volontaire, au nombre encore insuffisant, soumis à une nouvelle organisation du travail qui doit permettre une réduction des coûts d’environ 15 %. « Nous nous inspirons du low-cost tout en conservant les services Air France. Les bases régionales reposent sur une gestion locale. Nous misons sur la proximité et la réactivité de nos équipes, que nous responsabilisons à travers une organisation totalement décentralisée. » Un développement soutenu par Jean-François Brando, président de l’aéroport phocéen. « Après sept années de croissance ininterrompue, l’aéroport Marseille-Provence poursuit son essor et conforte son ambition de se positionner comme leader sur la zone euroméditerranéenne. » Avec plus de 150 entreprises et 5 000 salariés sur la plate-forme, il constitue l’un des premiers employeurs de la région. Continue reading