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	<title>L&#039;Hémicycle</title>
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	<description>Le pouvoir n&#039;est rien, seule compte l&#039;influence</description>
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		<title>Le retour à la croissance : une affaire de compétitivité</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 18:52:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Axel de Tarlé Pour l’éditorialiste d’Europe 1, c’est moins le coût du travail que l’innovation et l’intelligence créatrice qui sont en cause dans la compétitivité. Selon Axel de Tarlé, c’est l’excellence qui permettra aux entreprises françaises de redevenir concurrentielles. &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/le-retour-a%cc%80-la-croissance-une-affaire-de-compe%cc%81titivite%cc%81/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<div><em>Par Axel de Tarlé</em><strong></strong></div>
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<div><strong>Pour l’éditorialiste d’Europe 1, c’est moins le coût du travail que l’innovation et l’intelligence créatrice qui sont en cause dans la compétitivité. Selon Axel de Tarlé, c’est l’excellence qui permettra aux entreprises françaises de redevenir concurrentielles. Airbus, Vuitton et quelques autres donnent l’exemple.</strong></div>
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<div id="attachment_776" class="wp-caption alignleft" style="width: 243px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/nicolas-sarkozy-gerard-collomb-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-776" title="nicolas-sarkozy-gerard-collomb-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/nicolas-sarkozy-gerard-collomb-lhemicycle-233x300.jpg" alt="" width="233" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Nicolas Sarkozy avec le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb. En présentant ses vœux aux acteurs économiques et sociaux le 19 janvier à Lyon, le président de la République a souligné que la bataille de la compétitivité était pour lui essentielle. Photo Robert Pratta / AFP</p></div>
<p>La bataille de l’emploi a cédé sa place à la bataille de la compétitivité. Il ne s’agit plus de soutenir l’emploi à bout de bras, avec des contrats aidés. Il s’agit de faire revenir en France nos emplois, en redevenant compétitif. Nuance ! Et ça change tout. Au point d’entendre le patronat s’interroger sur la pertinence des réductions de charges sur tous les bas salaires. Les allégements de charges sur les bas salaires (inférieurs à 1,6 fois le Smic) ont coûté 22 milliards d’euros en 2010 aux caisses de l’État. « <em>A quoi bon</em> ? s’interroge tout haut l’un des représentants du patronat. <em>Les groupes de BTP et la grande distribution profitent massivement de ces aides. Or ces emplois sont non délocalisables. On ferait mieux d’utiliser cet argent pour aider les secteurs exposés à la concurrence internationale.</em> » On a changé de logiciel ! On le voit, il ne s’agit plus de défendre l’emploi, il s’agit de rendre la France plus compétitive pour en faire une « terre d’emploi » !<span id="more-773"></span></p>
<p><strong>Bataille cruciale</strong></p>
<p>Concrètement, il faut tout faire pour garder nos usines. Premier combat : l’automobile. On a vu comment le patron de PSA a été immédiatement convoqué à l’Elysée après l’annonce de son plan de suppression de 5 000 emplois. Car notre industrie automobile est en train de partir. Le groupe Renault ne fabrique plus que 20 % de ses voitures dans l’Hexagone. La France, qui était exportatrice nette de voitures en 2000, est aujourd’hui importatrice nette. Mais la question vaut aussi pour le carburant. Avec la fermeture de Petroplus, c’est la quatrième raffinerie à fermer en deux ans. Questions : Nos raffineries vont-elles toutes fermer les unes après les autres ? Et demain, nous faudra- t-il importer de l’essence déjà raffinée depuis les pays émergents ? On sait que Total participe à la création d’une raffinerie géante en Arabie Saoudite, dont la mise en service est prévue pour 2013. Cette bataille est devenue cruciale. Car on a réalisé que la perte de compétitivité était la mère de tous les déficits. Quand les usines ferment, les salariés pointent au chômage et consomment des produits importés avec les subsides de l’Etat. D’où les déficits budgétaires. Or, la France est sur la mauvaise pente. Nous avons enregistré l’an dernier un déficit commercial record de plus de 70 milliards d’euros. Il est donc urgent de rétablir notre commerce extérieur.</p>
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<p>Comment garder nos « usines qui fument » ?<br />
Bien sûr, il n’y a pas de recette miracle, mais plutôt une palette de solutions. On le sait, le coût du travail a dérivé en France, au point que l’heure travaillée est aujourd’hui plus chère qu’en Allemagne. Selon un rapport de l’institut Rexecode, le coût horaire du travail d’un salarié français s’établit à 37,41 euros, contre 33,37 euros en Allemagne. Pour revenir dans les clous, Nicolas Sarkozy veut baisser les charges qui pèsent sur le travail. C’est la fameuse « TVA sociale ». L’une des pistes avancées consisterait à supprimer les charges patronales qui financent les allocations familiales (5,4 %) ; Et, à la place, augmenter la TVA de deux points maximum.</p>
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<p><strong>Des mesures impopulaires</strong></p>
<p>Mais Nicolas Sarkozy veut même aller plus loin en s’attaquant au salaire net. L’idée consisterait à faire en sorte que – comme en Allemagne – syndicats et patronat puissent négocier des accords, en entreprise, sur l’emploi et la rémunération. Et qu’ensuite ces accords puissent s’imposer à tous les salariés. Aujourd’hui, si un accord prévoit de baisser le salaire horaire, le patron doit ensuite recevoir individuellement chacun des salariés pour lui faire signer un nouveau contrat de travail. Bien évidemment, ces deux mesures risquent de ne pas être très populaires. Et on peut s’interroger sur la capacité de Nicolas Sarkozy à faire passer de telles réformes à moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle. Mais la bataille de la compétitivité ne se joue pas uniquement sur la question des salaires. Un exemple : Au Maroc, Renault-Dacia vient d’ouvrir une nouvelle usine flambant neuve avec des salariés marocains payés&#8230; 250 euros nets par mois ! Encore moins cher qu’en Roumanie (446 euros par mois) ! Comment lutter ? Même en supprimant toutes les charges sociales, jamais on ne pourra rivaliser avec les salaires marocains.</p>
<p>Le salarié européen doit donc « mériter » son salaire par de l’innovation et l’excellence. Le symbole en la matière c’est Airbus, qui vient même de se payer le luxe de relever, la semaine dernière, de 3,9 % ses tarifs. Et pourtant l’avionneur européen va embaucher 4 000 salariés cette année. Pourquoi ? Parce que seul Airbus est capable de fabriquer un avion géant tel que l’A380&#8230; vendu 389,9 millions de dollars l’unité (prix catalogue) ! D’où l’importance de mettre le paquet sur la recherche et développement (R&amp;D). Bien sûr, cette bataille se gagne sur le long terme. L’innovation commence à l’école. Il faut aussi compter sur le soutien fort de l’État. Airbus est né d’une volonté politique, dans les années 1970, de ne pas laisser l’aéronautique aux seules mains des Américains.</p>
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<p><strong>Les clés du succès</strong></p>
<p>Mais la bataille de l’innovation se gagne à tous les niveaux. Seb a sorti une nouvelle friteuse sans huile. Malgré un prix de vente de 200 euros, cette friteuse « made in France » s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires la première année ! Et voilà comment on peut garder l’emploi en Bourgogne.</p>
<p>La bataille de la compétitivité, c’est aussi l’excellence. L’image de la France est un atout fantastique. Bernard Arnault arrive à vendre des sacs à main Louis Vuitton « made in France », hors de prix, aux quatre coins du globe. Les vignerons réalisent le même exploit. On pense au champagne bien sûr, mais aussi au cognac, dont les ventes ont dépassé l’an dernier le cap des deux milliards d’euros. 97 % du cognac est exporté ! Chapeau bas ! Le secteur des vins et spiritueux est ainsi le deuxième poste excédentaire de notre balance commerciale avec un excédent de 7,9 milliards d’euros, derrière l’aéronautique (18 milliards). Innovation, créativité, excellence&#8230; voilà les clés du succès.</p>
<p>Bonne nouvelle, jamais on n’a autant parlé du « made in France ». Jamais on n’a autant parlé d’industrie. Le vieux rêve du patron d’Alcatel, qui, en 2000, disait vouloir faire une entreprise « sans usine » (fabless). Ce rêve n’est plus qu’un lointain cauchemar !</p>
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		<title>Zimeray, avec un Z comme Zola</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 17:38:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Aung San Suu Kyi]]></category>
		<category><![CDATA[Droits de l'homme]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Éric Fottorino Rama Yade n’a pas été remplacée et les droits de l’homme ont perdu leur secrétariat d’État en 2009. Moins visible, un ambassadeur français aux droits de l’homme se bat malgré tout pour faire entendre la voix de &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/zimeray-avec-un-z-comme-zola/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<p><em>Par Éric Fottorino</em></p>
<p><strong>Rama Yade n’a pas été remplacée et les droits de l’homme ont perdu leur secrétariat d’État en 2009. Moins visible, un ambassadeur français aux droits de l’homme se bat malgré tout pour faire entendre la voix de la France. François Zimeray a été nommé à ce poste en 2008. Il sillonne la planète au nom du Gouvernement et défend face à toutes les dictatures la liberté avec la foi d’un Zola.</strong></p>
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<p><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-zimeray-lhemicycle.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-770" title="francois-zimeray-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-zimeray-lhemicycle-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a>C’est une chance de trouver l’ambassadeur aux droits de l’homme dans son modeste bureau du Quai d’Orsay. Ce matin-là, François Zimeray rentre de sa 89e mission dans un pays où les libertés individuelles sont bafouées. Cette fois c’était en Ukraine, un voyage éclair comme il en a l’habitude. Il y a tenté sans succès de se faire ouvrir la porte de la prison où est détenue Ioulia Timochenko, l’ex-égérie de la Révolution orange, arrêtée en août dernier en pleine audience par le tribunal de Kiev.</p>
<p><strong>Sous l’œil de Jacques Chirac</strong></p>
<p>Il y a seulement quelques semaines, François Zimeray était le premier diplomate français à rendre visite à la « lady » de Birmanie Aung San Suu Kyi. De Grozny à Kinshasa, du Darfour (« <em>un nom qu’on prenait pour l’enseigne d’un grand magasin</em> ») à l’Amérique centrale, cet élu socialiste, plus de vingt ans maire puis premier adjoint du Petit-Quevilly (Seine-Maritime), avocat de métier et de conviction, transporte la flamme de son adolescence. A 17 ans – On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, mais on est passionné – il fonda une association de défense et d’accueil des réfugiés cambodgiens. « <em>Pouvait-on commémorer la Shoah si on acceptait le génocide des Khmers rouges ?</em> » demande-t-il aujourd’hui, près d’une photo où, sous l’œil de Jacques Chirac, il étreint l’ancien roi du Cambodge Norodom Sihanouk.<span id="more-769"></span></p>
<p>A 24 ans, le voilà dans les camps de réfugiés à la frontière thaïlandaise. « <em>Rien ne me destinait à aller voir de l’autre côté de la palissad</em>e », dit-il sans afféterie, parce que c’est ainsi. L’autre côté, il l’a vu autant au Petit-Quevilly, une ville entièrement classée ZEP – zone d’éducation prioritaire –, que dans les oubliettes du Palais de justice de Kinshasa où des enfants dormaient à même le sol, le ventre vide. Ou encore en Bosnie, devant cette femme pleurant son fils abattu dans une forêt minée, la privant de tout espoir de retrouver son corps. Fier de ses attaches et de ses combats, il est devenu « <em>un professionnel dans la politique, mais pas un professionnel de la politique</em> ».</p>
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<p>Avocat d’affaires internationales pendant vingt ans au prestigieux cabinet Jeantet, François Zimeray n’a cessé de pratiquer son métier dans la liberté à l’égard de la politique, fort de ce credo : « <em>ne pas en dépendre, ne rien en attendre</em> ». Et si son bureau raconte tant de choses, c’est qu’il est de ces hommes capables d’exprimer par le symbole autant que par la parole ses points d’ancrage. Reproductions encadrées de photos d’Indiens Nambikwara prises par Lévi-Strauss, moulage d’un visage cambodgien, et aussi cette frappante vision du monde : une cage à oiseau tenant prisonnier de ses grilles un globe terrestre, une œuvre qu’il a lui-même réalisée. « <em>Chacun y voit ce qu’il veut.</em> » En évidence aussi, une photo en noir et blanc du Badinter de l’abolition dédicacée à son ami François Zimeray. « <em>Il m’a mis le pied à l’étrier, dit-il sans insister. C’est lui qui m’a fait connaître Laurent Fabius.</em> » Lequel lui donnera sa chance en politique.</p>
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<p><strong>Leçon de courage</strong></p>
<p>Aux yeux du jeune homme qu’il était en 1984, l’arrivée du brillant protégé de Mitterrand à Matignon a une signification précise : « <em>La modernité, et aussi les droits de l’homme. Fabius a joué un rôle dans les sanctions contre l’Afrique du Sud au temps de l’Apartheid. Je me souviens de son attitude lors de l’exécution du poète Benjamin Moloïse. Il était allé s’indigner devant les grilles de l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris.</em> »</p>
<p>En se dépouillant de ses mandats de maire et d’élu européen, en quittant une position enviable au barreau pour défendre les droits de l’homme depuis quatre ans – un record de longévité à ce poste – François Zimeray a voulu se mettre à nu, revenir à ce qui avait fait battre son cœur d’adolescent. Et c’est naturellement qu’il cite le nom de Zola, « <em>le Zola de</em> J’accuse », pour désigner le terreau où s’enracinent ses combats.</p>
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<p>« <em>Zola, c’est le contraire de l’indignation qui est à la mode</em>, explique-t-il. <em>Il ne fait pas appel aux sentiments et aux tripes. Son texte est une réfutation de l’accusation. Il en appelle à l’intelligence et à la raison du lecteur.</em> » Dans cette leçon de courage de l’écrivain en faveur de Dreyfus, l’ambassadeur aux droits de l’homme voit d’abord ce qui guide son propre cheminement : le refus de la complicité. « <em>Dans l’action diplomatique, face à une situation inacceptable, on peut commettre une erreur d’appréciation. La deuxième fois, c’est peut-être de l’indifférence. La troisième fois, c’est de la complicité. Je ne veux pas être complice.</em> »</p>
<p><strong>Les trois dimensions d’une vie</strong></p>
<p>D’où son admiration pour Zola qui, en prenant la défense éclairée de Dreyfus, engage sa responsabilité. Il faut se remémorer les mots de l’auteur de L’Assommoir : « <em>En portant ces accusations, écrit-il alors en une de l’Aurore, le 13 janvier 1898, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.</em> »</p>
<p>Evoquant ce texte, François Zimeray y discerne une action à la fois très politique, très juridique, et très engagée. « <em>Ce sont les trois dimensions de ma vie</em> », insiste-t-il. « <em>Un environnement politique, un outil juridique, et l’expression d’un engagement.</em> »</p>
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<p>Ce qui l’impressionne dans le Zola de « l’Affaire », c’est qu’il défend une cause sans avoir le sentiment d’incarner le bien. « <em>La barbarie arrive à cheval sur le bien</em> », observe cet ambassadeur aux yeux ouverts sur les détresses humaines, et assez lucide pour savoir que son action s’inscrit dans le temps long des relations entre États.</p>
<p>Comme il conversait récemment avec Aung San Suu Kyi, il lui a dit son trouble devant l’attitude de pardon qu’elle semblait prôner vis-à-vis de la junte birmane. La lutte contre l’impunité n’est-elle pas le pilier du discours de la France en faveur des droits de l’homme ? «<em> Le jugement de l’histoire est plus sévère que le jugement des hommes</em> », a-t-elle répondu, avant de se dire impressionnée par la lecture des Misérables et le personnage de Jean Valjean. Recluse, l’héroïne de Rangoun vibrait donc pour l’ancien malfrat ramené par un prêtre dans le camp du bien. « <em>Il est possible de s’amender comme Jean Valjean, si on est magnanime. Vous avez perdu cela</em> », a confié Aung San Suu Kyi. François Zimeray l’honnête homme a retenu la leçon.</p>
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		<title>L’inconnue de l’Europe</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 17:14:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Institution]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Jean-Claude Mignon, par Joël Génard C’est un député français qui préside désormais l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette assemblée peu connue a pour vocation de défendre les droits de l’homme et toutes les actions humanitaires liées à &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/linconnue-de-leurope/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<p><em>Interview de Jean-Claude Mignon, par Joël Génard</em></p>
<p><strong>C’est un député français qui préside désormais l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette assemblée peu connue a pour vocation de défendre les droits de l’homme et toutes les actions humanitaires liées à l’Europe. C’est la plus ancienne institution européenne. Son nouveau président, le député UMP Jean-Claude Mignon, entend donner une notoriété nouvelle à cette assemblée. Interview.</strong></p>
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<div id="attachment_766" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/jean-claude-mignon.jpg"><img class="size-medium wp-image-766" title="jean-claude-mignon" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/jean-claude-mignon-300x243.jpg" alt="" width="300" height="243" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Claude Mignon. Le député (UMP) a pris ses fonctions de président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 23 janvier. Photo Jean Ayissi / AFP</p></div>
<p><strong>N’avez-vous pas le sentiment de présider, depuis le 23 janvier, une institution qui reste fort méconnue et dont on sous-estime sans doute le rôle ?</strong></p>
<p>Je suis le 26e président et le 6e Français à présider cette Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui reste méconnue. Cette institution est la plus ancienne et a été créée en 1949. Elle est à l’origine de la création de l’Union européenne. Nous traitons de sujets qui concernent le quotidien de 800 millions d’Européens. Nous sommes une instance qui est un forum permanent de débats sur des sujets qui ont trait à la diplomatie européenne. Les parlementaires qui y siègent représentent 47 États et réfléchissent à des sujets de fond dans des domaines aussi variés que l’environnement, la culture ou la bioéthique. Les résolutions votées et les recommandations sont transmises aux gouvernements des 47 afin de nourrir les réflexions des parlements nationaux, de manière à enrichir les textes ou les conventions. Nous sommes le fer de lance sur des problématiques aussi importantes que le conflit entre la Russie et la Géorgie, la situation de Chypre ou encore la problématique des droits de l’homme en Ukraine. L’institution a beaucoup évolué et nous avons accueilli avant même que l’Union européenne le fasse des pays comme la Roumanie, la Bulgarie, la Slovénie. Le travail de nos commissions est ensuite souvent repris par l’Union européenne.<span id="more-764"></span></p>
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<p><strong>Comment comptez-vous vous y prendre pour réveiller cette institution « endormie » ?</strong></p>
<p>Je m’inspire souvent de Jean-Louis Debré et de Philippe Séguin, qui ont su renforcer les assemblées qu’ils présidaient. Je serai au plus près des parlementaires lors des quatre semaines de session à Strasbourg. Je souhaite que les commissions travaillent différemment et je réunirai le bureau du Conseil de l’Europe tous les mois, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il faut que nous puissions évoquer en temps réel les sujets d’actualité. La marque qui sera la mienne sera de faire de cette assemblée une institution plus politique, plus lisible, plus proche de l’opinion et plus présente pour que les présidents des parlements nationaux prennent en compte le travail de leur délégation dans cette Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. J’ai cette volonté politique.</p>
<p>Il faut aussi revaloriser le rôle de l’Assemblée parlementaire aux yeux des parlements nationaux. Les commissions des affaires européennes et des affaires étrangères de chaque parlement devront être davantage associées.</p>
<p>Le président de l’Assemblée parlementaire n’a pas toujours été en prise directe avec les parlementaires. Il faut « mouiller sa chemise » et être plus offensif sur le terrain de la diplomatie européenne.</p>
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<p><strong>Quelle sera votre première initiative comme président ?</strong></p>
<p>Je souhaite moderniser l’institution et lui faire subir un électrochoc. Je serai un président plus présent dans le travail parlementaire et je ne serai pas le VRP du Conseil de l’Europe. Je valoriserai la présidence pour faire fonctionner autrement cette assemblée.</p>
<p>Je responsabiliserai les membres du bureau et je fixerai des objectifs précis. J’associerai différemment les rapporteurs pour un réel suivi de leurs rapports.</p>
<p><strong>Quel sera le premier dossier prioritaire ?</strong></p>
<p>Le premier dossier prioritaire sera la validation des pouvoirs des nouvelles délégations, dont celle de la Russie. Le dossier sensible sera celui de la Hongrie.</p>
<p>Mais nous devrons aborder rapidement les dossiers sensibles comme par exemple le dossier des conflits dits « gelés » (Chypre).</p>
<p>Je serai aussi très attaché à traiter une urgence : il s’agit de la situation en Ukraine de l’ex-Premier ministre Ioulia Timochenko, condamnée à sept ans de prison ferme. Le 5 août dernier, l’égérie de l’historique Révolution orange en Ukraine s’est vue arbitrairement mise en détention, sur ordre du juge présidant son procès pour un présumé « abus de pouvoir » lorsqu’elle était Premier ministre, par le tribunal de Kiev. Cela n’est pas acceptable de la traiter de la sorte.</p>
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<p>Je veux enfin créer une passerelle entre le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour aborder efficacement ces questions. Je dois rencontrer le tout nouveau président du Parlement européen, Martin Schulz, car jusqu’à présent les relations étaient trop distantes entre les deux institutions.</p>
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<p><strong>Ce qu’il faut savoir de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe</strong></p>
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<p>L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe est composée de délégations des parlements des 47 États membres, dont la taille varie en fonction de celle des délégations. S’ajoutent également des représentants des États des pays observateurs (Canada, Mexique, Israël) et, depuis juin 2011, ceux des pays ayant le statut de « partenaire pour la démocratie » auprès de l’APCE. Le Maroc est le premier pays à avoir obtenu ce statut, le Conseil national palestinien l’a obtenu lors de la dernière session.</p>
<p>Les différentes instances de l’APCE sont le Comité des présidents, le Bureau, la Commission permanente, les commissions et les groupes politiques.</p>
<p>Siègent au <strong>Bureau</strong> de l’APCE le président de l’APCE, les vingt vice-présidents, les présidents ou leurs représentants des groupes politiques et des commissions générales de l’APCE.</p>
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<p>Le <strong>Comité des présidents</strong> se compose du président de l’APCE, des présidents des groupes politiques et du secrétaire général de l’APCE. Le président de l’APCE, élu au sein du groupe politique auquel a été attribuée la présidence, est élu pour deux ans par l’ensemble des représentants de l’APCE. Outre la fonction de présidence traditionnelle d’une assemblée, il joue un rôle diplomatique non négligeable en assurant la représentation de l’APCE à l’extérieur.</p>
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<p>La <strong>Commission permanente</strong>, composée du président de l’APCE, des vice-présidents, des présidents des groupes politiques, des présidents des délégations nationales, des présidents des commissions, peut adopter des rapports.</p>
<p>L’Assemblée comporte <strong>huit commissions</strong>, dont la commission de suivi qui exerce un contrôle sur le respect par les États membres de leurs engagements.</p>
<p>Les <strong>groupes politiques</strong> jouent un rôle important au sein de l’APCE. Au nombre de cinq, ils désignent les membres qui participeront dans les commissions aux missions d’observation des élections. Les partis politiques représentés sont les mêmes qu’au Parlement européen : il s’agit du Parti populaire européen (PPE), du groupe Socialiste (SOC), du groupe des Démocrates européens (GDE), de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE), du groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE).</p>
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<p>L’APCE dispose de divers pouvoirs de nomination : élection du secrétaire général et du commissaire européen aux droits de l’homme, élection des juges à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), transmission au comité des ministres d’une liste de candidats pour le comité de prévention de la torture (CPT), sur laquelle ce dernier choisit. Au-delà de ces décisions, elle exerce une « magistrature d’influence » : elle émet des avis, par sa commission de suivi, sur le respect des valeurs du Conseil de l’Europe par ses membres. Elle a beaucoup contribué à la réussite des grands combats du Conseil de l’Europe, allant de l’abolition de la peine de mort à la lutte contre les médicaments contrefaits. Elle participe également aux missions d’observation des élections.</p>
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		<title>Afghanistan : tenir ou partir ?</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 16:44:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
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		<description><![CDATA[Par François Clemenceau L’Afghanistan s’est tragiquement invité dans la présidentielle. François Hollande a confirmé que, s’il était élu président, il accélérerait le retrait des troupes françaises. Nicolas Sarkozy, qui reçoit Hamid Karzaï vendredi, a évoqué cette possibilité après l’attentat qui &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/afghanistan-tenir-ou-partir/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<p><em>Par François Clemenceau</em></p>
<p><strong>L’Afghanistan s’est tragiquement invité dans la présidentielle. François Hollande a confirmé que, s’il était élu président, il accélérerait le retrait des troupes françaises. Nicolas Sarkozy, qui reçoit Hamid Karzaï vendredi, a évoqué cette possibilité après l’attentat qui a coûté la vie à quatre soldats français. Mais un retrait anticipé sera compliqué à organiser militairement et politiquement.</strong></p>
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<div id="attachment_762" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/gerard-longuet-afghanistan-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-762" title="gerard-longuet-afghanistan-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/gerard-longuet-afghanistan-lhemicycle-300x174.jpg" alt="" width="300" height="174" /></a><p class="wp-caption-text">Gérard Longuet. Le ministre de la Défense se recueille devant les cercueils des quatre soldats français tués en Afghanistan le 20 janvier. Photo Joël Sage / AFP</p></div>
<p>Diplomates, militaires, politiques ont retourné le problème dans tous les sens, la question de la présence des forces françaises en Afghanistan relève de la quadrature du cercle. « Anticiper » ou « accélérer » le retrait de nos forces reviendrait en effet à bâcler la mission sur laquelle porte l’essentiel de nos priorités et de nos moyens : la formation des forces de sécurité afghanes. Les états-majors alliés se sont donnés jusqu’à fin 2014 pour pouvoir passer le témoin à l’Armée nationale afghane (ANA) ainsi qu’à la police et à la gendarmerie locales lorsqu’elles auront atteint un effectif d’au moins 225 000 hommes. Les autorités afghanes souhaitaient au départ qu’il soit porté à 400 000. L’an dernier, le chiffre a été revu à la baisse, aux alentours de 300 000, pour des raisons de calendrier et de budget, puis finalement à un peu plus de 200 000, car le temps presse.<span id="more-761"></span></p>
<p><strong>Paradoxe</strong></p>
<p>Comme le signale un expert français du renseignement militaire, « <em>lorsqu’on annonce à l’avance à quelle heure se termine le match, pas étonnant que l’équipe adverse redouble d’efforts pour le gagner</em> », allusion évidente au calendrier de départ général en 2014 officialisé par le Président Obama et derrière lequel les autres dirigeants des pays de l’Alliance se sont rangés. Résultat, depuis le début de l’an dernier, les talibans ont évité de chercher l’affrontement militaire et ont multiplié les attaques classiques d’une guerre asymétrique : attentats, infiltrations meurtrières, actions-suicide individuelles visant à désorganiser l’ennemi tout en créant une onde de choc émotionnelle via la puissance des médias. Une méthode d’autant plus prévisible et obligée pour les insurgés que l’hiver rend bien plus difficiles leurs offensives de grignotage du terrain. Les quatre soldats français de la base de Gwan ont été assassinés par un sous-officier des forces afghanes révolté, selon ses aveux, par la vidéo de marines urinant sur des cadavres de talibans diffusée sur Internet dans la semaine qui a précédé le drame. « <em>Il est impossible de cibler par avance ce genre de comportement</em> », commente un général français, «<em> d’autant qu’il n’existe pas d’état civil précis ni de fichage biographique des recrues, encore moins de DPSD (service de protection et de surveillance interne à l’armée française) afghane.</em> » C’est d’ailleurs tout le paradoxe de cette formation que délivrent les Français dans le cadre des OMLT (<em>Operational Mentoring and Liaison Team</em>). Afin de s’assurer la meilleure cohésion pour offrir le meilleur entraînement, les instructeurs vivent et combattent avec leurs « frères d’armes » afghans. « <em>On est obligés de travailler en confiance</em> » ajoute le général français, qui connaît bien le terrain. « <em>Au total d’ailleurs, c’est un succès et 99 % des recrues se révèlent des soldats fiables</em>. » C’est oublier le taux de désertion, qui a très fortement augmenté en 2011, jusqu’à un soldat formé sur trois ! Mais cela pose tout de même la question de la poursuite de la mission des OMLT dans une atmosphère de suspicion généralisée.</p>
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<p><strong>5e colonne</strong></p>
<p>Politiquement, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas faire autrement que de remuer le couteau dans la plaie. Confronté à une opinion publique hostile à près de 80 % à la présence de nos forces en Afghanistan, le  chef de l’État se devait de prendre les Français (pour ne pas dire des électeurs) à témoin de cette trahison afghane. En signalant que le rapport du ministre de la Défense et du chef d’état-major des armées sur la sécurité de nos instructeurs servirait de premier chapitre aux discussions qu’il aura avec Hamid Karzaï ce vendredi, Nicolas Sarkozy a ainsi exprimé sa colère. « <em>Nous ne pouvons pas nous permettre d’aider un État au sein duquel se serait infiltrée une 5e colonne !</em> » dit-on à l’Elysée. Quelles que soient les maigres assurances que lui prodiguera le Président afghan, Nicolas Sarkozy devra alors clarifier sa position sur l’anticipation ou l’accélération du retrait. D’ici la fin 2014, près de 3 000 hommes seront concernés. Même si le nombre est dix fois moindre par rapport aux effectifs américains, le geste est crucial. Il a été discuté longuement avec le général Allen, patron des forces de l’Otan en Afghanistan, lors de sa visite à Paris la semaine dernière. Puis à nouveau samedi soir lors d’une conversation téléphonique entre Alain Juppé et Hillary Clinton, à la demande de la secrétaire d’État, qui s’inquiétait des menaces françaises de retrait prématuré. Sans attendre la réunion qui se tiendra vendredi avec Hamid Karzaï, les diplomates français ont rassuré leurs partenaires américains : on continue de travailler ensemble mais pour assurer « la solidité et l’efficacité continues de la mission ». Chaque mot a été pesé. « Solidité », pour traduire le degré de solidarité qui doit se manifester entre alliés et avec le Gouvernement afghan. « Efficacité », pour que le passage de témoin entre l’ISAF (International Security Assistance Force) et l’ANA soit tenu avec des effectifs viables et une formation suffisante afin que les autorités afghanes ne vacillent pas sous les coups de boutoir des talibans. « Continues », afin qu’il n’y ait pas de rupture dans le rythme et les échéances que se sont fixés les alliés.</p>
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<p><strong>Et après ?</strong></p>
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<p>Reste la question centrale : et après ? Le traité d’amitié franco- afghan et le partenariat stratégique qui seront signés à Paris lors de la visite officielle visent à officialiser nos engagements de coopération  pour la période qui s’ouvre après 2014. Là encore, le montant de notre aide civile et militaire devra se décider en concertation avec nos partenaires de l’Otan lors du sommet de Chicago, en mai prochain. « <em>Il faut qu’Hamid Karzaï puisse tenir dans cette phase décisive</em> », confie-t-on dans l’entourage du président de la République. « <em>Ce n’est pas facile d’être à sa place aujourd’hui et on n’a pas d’autre choix que de faire avec lui.</em> » De là à s’avancer sur le processus de dialogue que les Américains souhaitent voir s’installer prochainement à Doha, au Qatar, entre représentants de Karzaï et talibans ? C’est encore trop tôt pour se prononcer, résume-t-on à Paris. Tout le monde a bien compris en effet que tout tenait du rapport de force. Pourquoi négocier alors que le fruit pourrait tomber comme un fruit mûr une fois que les troupes de l’Otan auront quitté l’Afghanistan ? D’où l’aspect absolument vital de la formation des fantassins afghans par les OMLT. A n’en pas douter, les résultats des élections présidentielles française puis américaine auront un impact certain sur la résolution, même partielle, du casse-tête afghan.</p>
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		<title>2012  Et si c’était le choix de l’apaisement</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 23:39:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Par Brice Teinturier S’il ne renverse pas la table, le directeur général d’Ipsos tente ici de remettre les faits à l’endroit. Et ça n’est pas forcément ce qu’on entend le plus fréquemment depuis quelques mois. Pour Brice Teinturier, les Français &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/2012-et-si-c%e2%80%99e%cc%81tait-le-choix-de-l%e2%80%99apaisement/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<div><em> Par Brice Teinturier</em><strong></strong></div>
<div><strong>S’il ne renverse pas la table, le directeur général d’Ipsos tente ici de remettre les faits à l’endroit. Et ça n’est pas forcément ce qu’on entend le plus fréquemment depuis quelques mois. Pour Brice Teinturier, les Français pourraient fort bien voter pour celui qui proposera l’apaisement plutôt que la révolte.</strong></div>
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<div id="attachment_758" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-bayrou-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-758" title="francois-bayrou-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-bayrou-lhemicycle-300x173.jpg" alt="" width="300" height="173" /></a><p class="wp-caption-text">François Bayrou. Le candidat centriste progresse fortement en image et en intentions de vote. Mais selon Brice Teinturier, de la popularité à la crédibilité, la route est encore longue pour le président du MoDem. Photo Denis Charlet / AFP</p></div>
<p>Il y a aujourd’hui des ajustements et des évolutions d’opinion mais il n’y a pas ou pas encore de bouleversements majeurs : depuis début janvier, François Hollande a en effet stabilisé sa baisse de décembre et domine nettement le premier tour, avec 28 % environ des intentions de vote quel que soit l’institut et des seconds tours toujours ultradominants, autour de 57 %. François Bayrou a progressé et s’est installé dans une zone à 14 % sans toutefois remettre en cause la domination du candidat socialiste. Jean-Luc Mélenchon progresse également et se situe maintenant à 8 %, voire un peu plus. Les choses sont en revanche plus incertaines pour Nicolas Sarkozy, qui, après être remonté en décembre, se tasse à nouveau autour de 23 % des suffrages tandis que Marine Le Pen semble a minima stable selon certains, en progrès pour d’autres, dans une zone pouvant aller jusqu’à 20 %. La campagne semble donc atone. La presse s’ennuie. Les choses bougent un peu mais pas suffisamment pour indiquer une direction claire et, en tout cas, qui remettrait en cause la victoire annoncée de François Hollande. Au-delà des constructions intellectuelles artificielles qui fleurissent ici ou là, deux scénarios sont à envisager.<span id="more-757"></span></p>
<p><strong>Une campagne atone</strong></p>
<p>Premier scénario : la flambée des extrêmes. Sur fond de crise profonde et de parallèle avec la situation des années trente, ce scénario est alimenté par le fort niveau mesuré du vote Le Pen et produit des anticipations de présence au second tour de sa candidate. Une telle hypothèse n’est naturellement pas à exclure mais elle suppose de nombreux éléments qui ne sont pas encore mesurés (et notamment une poussée supplémentaire de François Bayrou au seul détriment de Nicolas Sarkozy). Mais surtout, en l’état actuel, on confond « fort niveau du Front national » et « poussée de la contestation du système ». Or, que constatons-nous ?</p>
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<p>Que même en incluant Jean-Luc Mélenchon dans les forces opposées au système de gouvernement, qui serait incarné par le PS, EELV, le MoDem et l’UMP – inclusion par ailleurs très discutable, le Front de gauche n’étant pas l’extrême gauche – on obtient un bloc un peu en dessous de 30%. Il n’y a donc pas, ou pas encore, de flambée des votes périphériques au système à un niveau inégalé. Le niveau est certes important ; il traduit la colère de pans entiers de la société et il ne s’agit ni de le nier ni de le minimiser. Mais il n’y a pas une envolée et l’on reste même plutôt un peu en deçà du pic de 2002 (29,7 %).</p>
<p><strong>Un désir d&#8217;apaisement</strong></p>
<p>Second scénario : le désir d’apaisement. C’est ce scénario qui, moins en vogue, nous semble néanmoins le plus en phase avec la réalité électorale mesurée mais, aussi, les tendances sociétales de ces toutes dernières années. Bayrou + Hollande + Sarkozy représentent près des deux tiers des intentions de vote. François Hollande a pris le PS au centre gauche et non « à gauche toute ». Comme lui, François Bayrou joue la carte du rassemblement et dénonce les excès. Et les difficultés de Nicolas Sarkozy, dont les causes sont multiples – crise du résultat, désenchantement profond par rapport au contrat de 2007, coupure avec le peuple –, relèvent aussi d’un mode de gouvernance aujourd’hui rejeté et que le chef de l’Etat s’efforce de corriger : moins vertical voire brutal, moins « clivant », moins axé sur la performance, l’action et le résultat immédiat d’un seul. De fait, ce que nos observatoires sociologiques montrent, c’est une demande de réhumanisation de la société française : la place prise par le numérique et le digital dans les relations humaines crée une contre-tendance marquée par un désir de rapports plus « authentiques » et « humains » ; la brutalité de la crise et les déclassements qu’elle opère ou, a minima, l’impossible projection d’un avenir meilleur qu’elle entraîne génère un retour sur soi, un désir de prendre davantage le temps et de se consacrer à l’essentiel. L’urgence et l’importance de la décision n’ont évidemment pas disparu mais on veut retrouver le sens de la durée et de rapports pacifiés. Enfin, une société plus respectueuse des personnes est la première aspiration des Français.</p>
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<p>Il est donc parfaitement possible d’avoir une Marine Le Pen à un très haut niveau sans que cela signifie pour autant que la société se soit « droitisée » – thèse simpliste et au surplus erronée – ou même que la contestation soit le mode dominant de ce que la France recherche ou exprime actuellement. Que le pays ait peur de l’avenir est une certitude. Mais cette peur alimente aussi bien la « politisation négative » que les « choix raisonnables ». En 2007, on assistait à une érotisation et à une hystérisation de la relation à des candidats de fait étonnants et clivants. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Que cela frustre une partie des électeurs et des commentateurs de 2012 est compréhensible mais pourrait être la marque de cette élection. Et le signe de ce désir d’apaisement.</p>
<p><strong>Les chances de François Bayrou</strong></p>
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<p>Dans ce contexte, quel est le potentiel d’un François Bayrou pour accéder au second tour ? La progression du leader du MoDem est forte notamment en termes d’image : cinq mois de hausses consécutives dans le baromètre Ipsos-Le Point, ce qui le hisse à la première place (56 % de jugements favorables, comme François Hollande mais avec un peu moins de jugements défavorables). Des items d’image également en progression sur toutes les dimensions. Des jugements très positifs (plus de 60 %) sur son image personnelle (« sincère », « honnête », « sympathique », « a des convictions »&#8230;). Et un doublement des intentions de vote en sa faveur, de 7% à 14%,évec notamment des électeurs de François Bayrou de 2007 et/ou des sympathisants MoDem qui l’avaient quitté, le redécouvrent et reviennent vers lui.</p>
<p>Mais la route est encore longue pour le leader centriste : son image politique progresse mais 60 % des Français estiment encore qu’il n’a pas la stature présidentielle et 56 % qu’il ne tiendra pas ses engagements. Les certitudes de choix évoluent à la hausse mais sont encore très faibles : de l’ordre de 35 %, alors qu’elles sont à plus de 60 % pour les électeurs de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Et son positionnement toujours difficile : pour progresser, faut-il envoyer des signaux à droite pour capter des électeurs de Nicolas Sarkozy ? Mais comment alors ne pas faire fuir la sensibilité de gauche ? Faut-il rester au centre du système ? Mais avec qui gouverner ?</p>
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<p>A ce stade de la campagne, la probabilité reste donc toujours orientée en faveur d’un second tour Hollande / Sarkozy et d’une victoire du premier. Même avec une Marine Le Pen élevée. Même avec un François Bayrou en progression. Après un mois de janvier déterminant, février sera donc décisif pour inverser les tendances&#8230; ou les confirmer.</p>
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		<title>«L’absence de candidature de Marine Le Pen provoquerait un séisme spectaculaire mais vite digéré par l’opinion »</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 23:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Election presidentielle]]></category>
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		<description><![CDATA[Interview de Roland Cayrol, par Ludovic Vigogne Pour Roland Cayrol, même s’il n’y croit guère, le risque d’une non-candidature Marine Le Pen n’est pas nul. Dans ce cas, il favoriserait l’abstention, le vote blanc et au final Nicolas Sarkozy. Estimez-vous &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/%c2%abl%e2%80%99absence-de-candidature-de-marine-le-pen-provoquerait-un-se%cc%81isme-spectaculaire-mais-vite-dige%cc%81re%cc%81-par-l%e2%80%99opinion-%c2%bb/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><em>Interview de Roland Cayrol, par Ludovic Vigogne</em></p>
<p><strong>Pour Roland Cayrol, même s’il n’y croit guère, le risque d’une non-candidature Marine Le Pen n’est pas nul. Dans ce cas, il favoriserait l’abstention, le vote blanc et au final Nicolas Sarkozy.</strong></p>
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<div id="attachment_755" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/roland-cayrol-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-755" title="roland-cayrol-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/roland-cayrol-lhemicycle-300x260.jpg" alt="" width="300" height="260" /></a><p class="wp-caption-text">Roland Cayrol, directeur de recherche au CEVIPOF. Photo Thomas Coex / AFP</p></div>
<p><strong>Estimez-vous possible que Marine Le Pen n’ait pas ses 500 signatures ?</strong></p>
<p>Je crois que ce n’est pas impossible. On a un peu le sentiment qu’à chaque fois le Front national nous fait le coup afin de se victimiser et de recueillir de manière plus sécurisée les parrainages manquants. Mais, cette fois, il semble y avoir un vrai risque. Les maires de communes rurales qui ont donné leurs signatures au FN sont de plus en plus agressés par leurs concitoyens. Même si le parrainage n’a pas été conçu juridiquement ainsi, cela passe quand même toujours pour un soutien. Ils ont donc bien plus de pression. Quant aux grands partis, ils tiennent leurs élus.</p>
<p><strong>Comment réagirait l’opinion si Marine Le Pen était absente de la campagne présidentielle ?</strong></p>
<p>Elle condamnerait cette absence sévèrement. Le FN fait partie du paysage pluraliste français. Marine Le Pen est aux environs de 20 % dans les sondages. L’exclure de la compétition de façon maligne, perverse serait très sévèrement jugé. Les Français auraient le sentiment qu’il manque quelque chose, que la démocratie a failli. Après les gens descendraient-ils dans la rue pour autant ? Je ne le crois pas. Une fois que ce séisme aura eu lieu, il sera passé. Il sera mal jugé, mais l’opinion pourra s’en accommoder. Il n’y aura plus que les politologues, les politiciens, les médias pour le commenter. C’est comme le 21 avril. Le remords n’a pas existé dans l’électorat.<span id="more-754"></span></p>
</div>
<div>
<p><strong>À qui cette absence profiterait-elle ?</strong></p>
<p>Cela favoriserait d’abord l’abstention et le vote nul. Quant à ceux qui iraient voter pour un autre candidat, cela profiterait aux 2/3 ou aux 3/4 à la droite et donc à Nicolas Sarkozy. Reste que ce mouvement pourrait être contrecarré par le fait que Marine Le Pen, si elle n’a pas ses 500 signatures, accusera le Président d’être l’auteur de la manœuvre. Mais vous savez, la question du report d’un candidat inexistant sur un autre candidat est toujours compliquée.</p>
<p><strong>PS et UMP peuvent-ils laisser faire cela ?</strong></p>
<p>Le sentiment de magouille sera fort, mais que peuvent-ils faire ? Si l’UMP aide Marine Le Pen, on dira que c’est pour se concilier l’électorat du Front national en vue du second tour. Si le PS l’aide, on l’accusera de vouloir diviser la droite. Les grands partis sont donc complètement coincés. Ils peuvent dire que l’absence de Marine Le Pen de la compétition électorale serait anormale, ils ne peuvent pas s’y opposer. La meilleure solution aurait été de changer la règle avant le début de la campagne.</p>
<p><strong>Se victimiser comme le fait actuellement Marine Le Pen en communiquant beaucoup sur sa difficulté à rassembler ses 500 signatures, cela rapporte des points dans les sondages ?</strong></p>
<p>Non. Dans l’opinion, cela ne change rien. En revanche, cela permet de mettre plus de pression sur les maires.</p>
</div>
</div>
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		<title>«Le parrainage est  désormais assimilé  à un soutien. Ce qui ne  devrait pas être le cas »</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 23:11:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[parrainage]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Jacques Pélissard, par Ludovic Vigogne En désaccord avec Christian Jacob, le président de l’Association des maires de France propose que les élus aient une double signature. Que se passe-t-il du côté des maires ? Le système des 500 &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/%c2%able-parrainage-est-de%cc%81sormais-assimile%cc%81-a%cc%80-un-soutien-ce-qui-ne-devrait-pas-e%cc%82tre-le-cas-%c2%bb/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><em>Interview de Jacques Pélissard, par Ludovic Vigogne</em><br />
<strong>En désaccord avec Christian Jacob, le président de l’Association des maires de France propose que les élus aient une double signature.</strong></div>
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<div id="attachment_750" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/jacques-pelissard-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-750" title="jacques-pelissard-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/jacques-pelissard-lhemicycle-300x263.jpg" alt="" width="300" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Jacques Pélissard, député-maire UMP de Lons-le-Saunier, président de l&#39;association des maires de France. Photo Pierre Verdy / AFP</p></div>
<p><strong>Que se passe-t-il du côté des maires ?</strong></p>
<p>Le système des 500 signatures est la clef de voûte du système politique français. Il a été conçu pour donner de la crédibilité à un candidat. Mais, dans l’esprit des Français, il s’est retrouvé transformé. Le parrainage est assimilé désormais à un soutien. C’est ce qui explique que les candidats qui sont aux extrémités du champ politique aient du mal à les recueillir. Ce n’est pas facile pour un citoyen de base de comprendre que, si son maire donne sa signature à un candidat d’extrême droite ou d’extrême gauche, il ne le soutient pas pour autant. Il y a donc un refus des maires de signer pour eux, d’autant plus que 2014, date des prochaines élections municipales, c’est tout près. Ils n’ont pas envie d’essuyer des reproches.</p>
<p><strong>Quelle solution pourrait donc être imaginée pour remédier au problème ?</strong></p>
<p>Je ne suis pas favorable au rétablissement de l’anonymat des signatures. Les maires sont responsables, la transparence, dont je suis partisan, est normale. En revanche, pour éviter de nouveaux blocages, je propose que chaque maire dispose de deux signatures. L’une serait un parrainage qui équivaudrait à un soutien ; il serait pour un candidat de cœur. L’autre serait un parrainage républicain ; il n’aurait en rien valeur de soutien, mais un maire le donnerait à tel ou tel candidat, dont il estime la présence ou les idées dans le débat présidentiel normales. Cette dualité laisserait davantage de marges de manœuvre et de liberté aux maires. En 2007, j’avais par exemple reçu dans ma ville de Lons-Le-Saunier un candidat dont je trouvais les idées très intéressantes et qui avaient selon moi leurs places dans le débat. Avec le système que je suggère, je lui aurais donné ma signature.<span id="more-749"></span></p>
</div>
<div>
<p><strong>Mais cela ne rendrait-il pas à nouveau possible une multiplicité de candidatures ?</strong></p>
<p>Alors pour éviter le risque, remontons à 1 000 le nombre de parrainages nécessaires. A ceux qui voient aussi dans le système que je propose la possibilité pour un camp de diviser le camp adverse en favorisant telle ou telle candidature, je réponds que c’est déjà le cas. La tentation a toujours existé. Elle a même été mise en pratique ! Au RPR, certains ont ainsi donné des signatures à Bruno Mégret en 2002 pour affaiblir Jean-Marie Le Pen. Le maintien de la publicité des signatures empêchera trop de tentations.</p>
<p><strong>Que faire si Marine Le Pen ne peut pas se présenter ?</strong></p>
<p>Je ne pense pas qu’elle ne les obtienne pas. Je pense qu’elle fait aujourd’hui de la tactique. Mais il serait anormal qu’elle ne puisse pas se présenter. Tout candidat qui pèse plus de 10 % dans un sondage doit pouvoir le faire.</p>
<p><strong>Et si elle disait vrai&#8230;</strong></p>
<p>Il faudrait dans l’urgence mettre en place un système qui lui permette de se présenter. Ce serait un déni de démocratie qu’elle ne puisse pas concourir.</p>
<p><strong>Les petits candidats accusent PS et UMP de bloquer le parrainage de leurs élus&#8230;</strong></p>
<p>Avec le système actuel, cela se comprend. J’espère qu’après l’élection le système sera changé. Il faudra absolument le faire. Il est sclérosé. J’en avais parlé au chef de l’État et aux ministres concernés en 2007. Mais je n’avais pas réussi à les convaincre.</p>
</div>
</div>
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		<title>«Prenons garde aux effets pervers d’un changement. Attention de ne pas modifier le système en pire »</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 23:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Election presidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[parrainage]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de François Rebsamen, par Eric Mandonnet Marine Le Pen dit avoir du mal à obtenir ses 500 signatures. Doit-elle les obtenir ? Je considère qu’à partir du moment où une formation politique – que je combats, que je taxe &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/27/%c2%abprenons-garde-aux-effets-pervers-d%e2%80%99un-changement-attention-de-ne-pas-modifier-le-syste%cc%80me-en-pire-%c2%bb/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div>
<p><em>Interview de François Rebsamen, par Eric Mandonnet</em></p>
<div id="attachment_746" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-rebsamen-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-746 " title="francois-rebsamen-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/francois-rebsamen-lhemicycle-300x274.jpg" alt="" width="300" height="274" /></a><p class="wp-caption-text">François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon, président du groupe PS au Sénat. Photo Jeff Pachoud / AFP</p></div>
<p><strong>Marine Le Pen dit avoir du mal à obtenir ses 500 signatures. Doit-elle les obtenir ?</strong></p>
<p>Je considère qu’à partir du moment où une formation politique – que je combats, que je taxe parfois de xénophobie – représente une part significative de l’opinion publique, elle doit être apte à concourir. Sinon, il faut interdire ce parti. Et je pense que Marine Le Pen aura ses 500 signatures.</p>
<p><strong>Comment déterminer qui a le droit, ou pas, de se présenter à l’élection présidentielle ?</strong></p>
<p>Pour le moment, constatons que le système a bien fonctionné. Franchement, quelqu’un qui n’arrive pas à recueillir 500 signatures sur 45 000 élus, du maire au parlementaire en passant par le conseiller régional ou général, c’est qu’il n’a pas sa place dans l’élection présidentielle. Le système qui existe est donc plutôt convenable. Je m’exprime à titre personnel : on ne peut pas être candidat à l’élection présidentielle simplement pour présenter quelques idées. Il faut avoir une reconnaissance territoriale que les élus locaux sont à même de donner. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de candidat vraiment légitime qui ait été empêché de concourir, et le système permet d’éviter des candidats de diversion. On parle parfois du cas de Jean-Marie Le Pen en 1981, mais il était alors à la tête d’un vrai parti d’extrême droite totalement minoritaire.<span id="more-745"></span></p>
<p><strong>Y a-t-il moyen, néanmoins, d’améliorer le système ?</strong></p>
<p>Je trouve que le tirage au sort de 500 noms est une bonne chose. Si on publiait l’intégralité des soutiens, cela pourrait gêner des élus. S’il fallait vraiment améliorer le système, je poserais une condition : un consensus entre toutes les formations politiques. Et prenons garde aux effets pervers d’un changement. Il faut avoir la certitude de ne pas modifier en pire le système actuel.</p>
</div>
<div>
<p><strong>Avec la multiplication des intercommunalités, même le plus petit des maires peut dépendre d’un autre élu. N’y a-t-il pas le risque de représailles ?</strong></p>
<p>C’est un argument que je commence à entendre et que je ne peux pas balayer d’un revers de la main. On n’a jamais constaté, jusqu’à présent, pareille difficulté. Si un candidat, cette fois, fait état de pressions en raison d’une autocensure de petits maires ou d’une pression supposée ou réelle au sein d’une communauté de communes, il faudra aviser. Mais ayons confiance dans le caractère des maires. C’est un privilège, un honneur pour eux de délivrer leur parrainage !</p>
<p><strong>N’importe qui ne doit pas pouvoir se présenter, dites-vous. Prenons le cas</strong><br />
<strong> d’un ancien Premier ministre : Dominique de Villepin devrait-il disposer de ses 500 signatures ?</strong></p>
<p>A mon avis, Dominique de Villepin ne rencontrera aucune difficulté pour recueillir 500 signatures – s’il veut vraiment être candidat, ce qui est un autre problème. Si une candidate de Lutte ouvrière arrive à trouver 500 parrainages, il n’est pas pensable qu’un ancien Premier ministre n’y parvienne pas.</p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>«Les élus locaux sont les mieux placés pour évaluer la crédibilité d’un message politique »</title>
		<link>http://www.lhemicycle.com/2012/01/26/%c2%ables-e%cc%81lus-locaux-sont-les-mieux-place%cc%81s-pour-e%cc%81valuer-la-cre%cc%81dibilite%cc%81-d%e2%80%99un-message-politique-%c2%bb/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=%25c2%25ables-e%25cc%2581lus-locaux-sont-les-mieux-place%25cc%2581s-pour-e%25cc%2581valuer-la-cre%25cc%2581dibilite%25cc%2581-d%25e2%2580%2599un-message-politique-%25c2%25bb</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 22:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Election presidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Elus]]></category>
		<category><![CDATA[Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[parrainage]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Christian Jacob, par Eric Mandonnet La présidentielle n’est pas un concours de beauté. Comment sélectionner les candidats ? Le filtre qui existe aujourd’hui est un bon filtre. Ce n’est pas un système parfait, mais il me convient. Aucun &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/26/%c2%ables-e%cc%81lus-locaux-sont-les-mieux-place%cc%81s-pour-e%cc%81valuer-la-cre%cc%81dibilite%cc%81-d%e2%80%99un-message-politique-%c2%bb/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div>
<p><em>Interview de Christian Jacob, par Eric Mandonnet</em></p>
<div id="attachment_742" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/christian-jacob-lhemicycle.jpg"><img class="size-medium wp-image-742" title="christian-jacob-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/christian-jacob-lhemicycle-300x281.jpg" alt="" width="300" height="281" /></a><p class="wp-caption-text">Christian Jacob, député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l&#39;Assemblée Nationale. Photo Boris Horvat / AFP</p></div>
<p><strong>La présidentielle n’est pas un concours de beauté. Comment sélectionner les candidats ?</strong></p>
<p>Le filtre qui existe aujourd’hui est un bon filtre. Ce n’est pas un système parfait, mais il me convient. Aucun candidat avec des idées fortes n’a été empêché de se présenter.</p>
<p><strong>En 1981, Jean-Marie Le Pen n’a pas récolté le nombre suffisant de signatures&#8230;</strong></p>
<p>C’est arrivé une seule fois, il y a plus de trente ans, et Jean-Marie Le Pen ne représentait pas alors ce que représente désormais le Front national.</p>
<p><strong>Y a-t-il moyen, néanmoins, d’améliorer le système ?</strong></p>
<p>Je vois une piste. Si on allait plus loin, en obligeant à la transparence complète – chaque candidat publiant l’intégralité de ses soutiens – cela ne me dérangerait pas. Un élu qui parraine s’engage pour un candidat, alors autant que les choses soient claires.<span id="more-741"></span></p>
<p><strong>Parrainer, c’est soutenir ? On a l’habitude de nous expliquer exactement l’inverse !</strong></p>
<p>Ne soyons pas hypocrites. Je n’imagine pas un instant parrainer un candidat que je ne soutiendrais pas.</p>
<p><strong>Quelque 45 000 personnes sont susceptibles de donner leur signature. Est-ce un bon collège ?</strong></p>
<p>C’est un vrai mélange entre des élus locaux, des plus petits aux plus grands, et des parlementaires. Tous sont passés par les fourches caudines du suffrage universel, ils ont donc vocation à représenter les citoyens.</p>
<p><strong>Mais avec la multiplication des intercommunalités, même le plus petit des maires peut dépendre d’un autre élu. N’y a-t-il pas le risque de représailles ?</strong></p>
</div>
<div>
<p>C’est un débat d’élus ! Cessons de croire que les Français ne sont pas majeurs. Ils savent faire la part des choses. Dans ma ville de Provins, en Seine-et-Marne, le rapport entre la droite et la gauche est de 53 %/47 %, et pourtant je suis élu maire avec 70 %. Et, personne n’ignore mon appartenance politique : j’ai été plusieurs fois ministre, je préside aujourd’hui le groupe UMP à l’Assemblée nationale ! Le bon sens populaire comprend mieux l’attitude des élus que les élus eux-mêmes.</p>
<p><strong>On ne sait si Marine Le Pen dispose ou pas</strong><strong> de 500 signatures, ce qui donne lieu à toutes sortes de polémiques. Faut-il plus de transparence dans le décompte de la collecte, au fur et à mesure qu’elle a lieu ?</strong></p>
<p>Le FN fait du chantage, c’est, à chaque fois, la même histoire.</p>
<p><strong>Mais, au bout du compte, Marine Le Pen doit-elle avoir ses 500 signatures ?</strong></p>
<p>Oui, ce serait normal. Je ne suis pas choqué que des élus lui accordent leur parrainage. Chacun agit en son âme et conscience.</p>
<p><strong>Dominique de Villepin est un ancien Premier ministre : devrait-il disposer de ses 500 signatures ?</strong><br />
Chacun, qu’il soit un ancien Premier ministre ou pas – là n’est pas la question – est légitime pour aller chercher les 500 signatures. Après tout, les uns et les autres sont ainsi confrontés à un premier test, avant la véritable bataille présidentielle : les élus locaux sont les mieux placés pour évaluer la crédibilité d’un message politique.</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>«Le système de 500 signatures ne répond plus aux objectifs fixés. Il a failli et il est devenu totalement absurde »</title>
		<link>http://www.lhemicycle.com/2012/01/26/%c2%able-syste%cc%80me-de-500-signatures-ne-re%cc%81pond-plus-aux-objectifs-fixe%cc%81s-il-a-failli-et-il-est-devenu-totalement-absurde-%c2%bb/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=%25c2%25able-syste%25cc%2580me-de-500-signatures-ne-re%25cc%2581pond-plus-aux-objectifs-fixe%25cc%2581s-il-a-failli-et-il-est-devenu-totalement-absurde-%25c2%25bb</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 22:40:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agora]]></category>
		<category><![CDATA[Election presidentielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Guy Carcassonne, par Ludovic Vigogne. Pour le constitutionnaliste, le prochain gouvernement devrait réformer sans tarder les conditions de l’élection présidentielle. Guy Carcassonne propose un système de parrainages populaires qui coexisterait avec la signature non plus de 500 mais &#8230; <a href="http://www.lhemicycle.com/2012/01/26/%c2%able-syste%cc%80me-de-500-signatures-ne-re%cc%81pond-plus-aux-objectifs-fixe%cc%81s-il-a-failli-et-il-est-devenu-totalement-absurde-%c2%bb/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Interview de Guy Carcassonne, par Ludovic Vigogne.</em></p>
<div id="attachment_737" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1031px"><a href="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/guy-carcassonne-lhemicycle.jpg"><img class="size-full wp-image-737" title="guy-carcassonne-lhemicycle" src="http://lhemicycle.com/WordPress3/wp-content/uploads/2012/01/guy-carcassonne-lhemicycle.jpg" alt="" width="1021" height="473" /></a><p class="wp-caption-text">Guy Carcassonne, agrégé de droit, membre de l&#39;Institut Montaigne</p></div>
<p><strong>Pour le constitutionnaliste, le prochain gouvernement devrait réformer sans tarder les conditions de l’élection présidentielle. Guy Carcassonne propose un système de parrainages populaires qui coexisterait avec la signature non plus de 500 mais de 750 élus.</strong></p>
<p><strong>Le système des 500 signatures d’élus nécessaires à un candidat à l’élection présidentielle pour se présenter semble toucher ses limites. C’est aussi votre sentiment ?</strong></p>
<p>Absolument. C’est un système qui est devenu absurde. Il avait au départ une double ambition : éviter les candidatures trop nombreuses et permettre néanmoins à tous ceux qui représentent quelque chose de pouvoir concourir à l’élection présidentielle. Or, sur ces deux objectifs, il a failli. Des candidats qui représentent pourtant quelque<br />
chose n’ont pas pu l’être et d’autres qui ne représentaient rien ont pu eux se présenter. Mais quelle est la contribution au débat démocratique de candidats qui obtiennent au final 1 ou 2%? Ils font en plus courir le risque d’accident du type de celui du 21 avril 2002. Le système, mal conçu, est devenu pénalisant.<span id="more-735"></span></p>
<p><strong>Par quoi ce système pourrait-il être remplacé ?</strong></p>
<p>Il faudrait mettre en place selon moi un double système : un parrainage citoyen et un parrainage des élus, dont on augmenterait le nombre. Le parrainage citoyen s’inspirerait du référendum d’initiative populaire. Pour se présenter à l’Elysée, un candidat devrait ainsi récolter 500 000 ou un million de signatures, par exemple par Internet. Il faudrait néanmoins aussi garder le système de parrainages des élus et le faire passer à 750. Il sera nécessaire en cas de décès ou de destitution d’un Président au cours de son mandat. Il n’y aurait en effet alors pas le temps d’organiser le collectage des parrainages citoyens pour les candidats.</p>
<p><strong>Préconisez-vous que le parrainage des élus redevienne anonyme, ce qu’il n’est plus depuis 1974 ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout. Marine Le Pen trouve que cela la pénalise, mais une législation n’est pas faite pour favoriser l’un ou l’autre. Il est normal que des administrés puissent savoir que leur maire a apporté son parrainage à tel ou tel candidat.</p>
<p><strong>Que fait-on si un candidat qui est à 20 % dans les sondages ne peut pas être candidat au printemps prochain ?</strong><br />
C’est un scénario totalement virtuel. Je crois que Marine Le Pen obtiendra ses 500 signatures. La famille Le Pen nous fait le coup à chaque fois.</p>
<p><strong>Mais si elle ne bluffait pas, que se passera-t-il alors ? Les grands partis ou le Gouvernement devraient-ils faire quelque chose ?</strong></p>
<p>Cela me choquerait que Marine Le Pen ne soit pas candidate, mais on ne change pas des règles en cours de route. On ne pourrait donc rien faire. Mais, je le redis, je n’y crois pas un seul instant. C’est, selon moi, une hypothèse complètement inconsistante.</p>
<p><strong>Comprenez-vous les « petits candidats » qui accusent les grands partis de verrouiller les signatures de leurs élus et les empêchent d’obtenir leurs 500 signatures ?</strong></p>
<p>Mais c’est normal que les grands partis réagissent ainsi. Ils ne sont pas là pour encourager une concurrence susceptible de leur prendre des voix. C’est tout à fait logique et compréhensible.</p>
<p><strong>Faudrait-il cette fois que le Gouvernement réforme vraiment le système au lendemain de cette élection pour éviter que, cinq années plus tard, on revive encore la même situation ?</strong></p>
<p>Oui, même si ce n’est pas une priorité, ce serait sage et souhaitable. C’est une règle qui a vécu. Elle a été voulue par le général de Gaulle. A l’époque, en 1965, il ne fallait que 100 signatures pour un candidat pour se présenter car de Gaulle était sur la ligne « Il faut laisser la parole au peuple ». Le problème s’est posé en 1974, où le nombre de candidats a explosé. Ils sont douze à s’être alors présentés. Cela a conduit à réagir et à passer le nombre de signatures exigé à 500. Il n’y avait pas beaucoup d’autres<br />
solutions disponibles à l’époque. Internet n’existait pas. Aujourd’hui, grâce à ce nouvel outil, on peut envisager autre chose.</p>
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