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Innovations

22 février 2012

L’école à l’ère numérique

[caption id="attachment_1157" align="alignleft" width="189" caption="Le Cube, Centre de création numérique d'Issy-les-Moulineaux, est intégré un programme d'éducation numérique de la maternelle au lycée. Photo : TRIPELON-JARRY/AFP"][/caption] Les géants Google et Microsoft vont proposer dans les prochains mois des livres scolaires totalement numériques. Il faudra du temps à l’école pour propulser l’éducation dans le XXIe siècle mais on peut imaginer que la tablette d’aujourd’hui sera le cartable de demain. Apple a tenu, le 19 janvier dernier, à New York, une conférence dans le cadre du Guggenheim Museum pour présenter sa vision de l’édition en ligne, ciblant les manuels scolaires pour initier le changement. Avec l’accord de certains des plus importants éditeurs du monde de l’éducation américain, le leader actuel de l’informatique a présenté son nouvel outil, iBook Author, permettant à tout un chacun de créer facilement et rapidement un livre numérique capable d’intégrer photos, bandes audios et vidéos dans un texte mis en forme de manière ludique et attractive et qui sera lu sur une tablette. Tablette qui deviendrait alors le nouveau cartable numérique des écoliers et étudiants. La nouvelle génération de manuels scolaires numériques ne se contentera pas seulement d’intégrer des informations multimédias : les étudiants pourront rechercher la définition d’un mot, écrire des notes directement dans le manuel ou surligner certains passages et les extraire d’un simple clic. La fusion partielle entre le manuel scolaire et le cahier de l’élève se profile, une évolution majeure dans l’organisation de l’apprentissage. Mais le livre scolaire n’est pas le seul outil de classe que la révolution numérique se propose de changer. Ainsi les acteurs du numérique proposent, à travers une série d’applications, de réformer le travail des écoliers, dans la classe comme en dehors. Google et Microsoft ont lancé leur environnement informatique sécurisé au sein duquel élèves et professeurs pourront communiquer via les outils de chat en ligne, créer et échanger des documents, cours et devoirs. Cet environnement est hébergé dans le Cloud et ne nécessite rien d’autre qu’une connexion à Internet. Une conception de l’éducation bouleversée La conception même de l’éducation va cependant être bouleversée plus profondément dans les années qui viennent. Le Cloud et les projets Open Data offrent la possi- bilité de sortir la transmission du savoir des murs de l’école. Enregistrer les cours des meilleurs professeurs dans chaque discipline, sélectionner de multiples exercices sur un même cours pour s’adapter au niveau des élèves ou utiliser les « serious games » ne sont que quelques-unes des possibilités qui s’ouvrent dans une éducation connectée. Une chance pour les classes rurales multiniveaux, où les professeurs assurent souvent des cours devant des élèves aux besoins très différents.
 L’iPad déjà obligatoire dans un collège québécois Le collège privé Jean-Eudes a fait ses comptes et va de- mander à tous ses élèves de s’équi- per d’un iPad pour la rentrée prochaine. Livres scolaires, cours et devoirs, tout – ou presque – passera par l’iPad, véritable car- table électronique pour les élèves de ce collège considéré comme l’un des meilleurs établissements secondaires du Québec. Selon la direction, cette décision permettra aux parents comme à l’établissement de faire des économies : moins de fournitures scolaires et de livres à renouveler chaque année pour les parents, des frais généraux, notamment les photocopies, en baisse pour le collège. La tablette sera proposée en lo- cation aux parents, à raison de 25 dollars mensuels.
Le lien personnel entre professeur et élèves pourrait en être boule- versé par cette mutualisation des outils pédagogiques qui seront mis à jour constamment et pour tous. Cette révolution qui se profile est déjà jugée par les spécialistes comme un des meilleurs outils pour combattre l’inégalité scolaire, source de discrimination sociale. Avec un vrai bémol : les élèves et étudiants doivent tous avoir accès à Internet. Ce qui pose la question de la gratuité de l’outil.
Le chiffre : 400 millions d’euros poids annuel du marché de l’édition scolaire. (source le Café pédagogique).

Manuel Singeot Article paru dans le numéro 436 du mercredi 22 FEVRIER 2012

Écrit par

Manuel Singeot

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