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Les communes sous basse tension

[caption id="attachment_1250" align="alignleft" width="300" caption="Photo : ALAIN BASCHENIS/AFP"][/caption] Les collectivités locales vont devoir faire des économies d’énergie en réduisant notamment le coup de l’éclairage public. Pour ce faire, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vient de débloquer 20 millions d’euros pour aider les villes de moins de 2 000 habitants à rénover leur parc de lampadaires. Trop de lumière coûte cher ! C’est le constat de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), qui vient de débloquer une enve- loppe de 20 millions d’euros à destination des communes de moins de 2 000 habitants pour rénover leur parc d’éclairage public. Plus de la moitié du parc actuel, soit 9,5 millions de lampes environ, est composée de lampadaires et autres éclairages très énergivores. « 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans », constate Bruno Lafitte, ingénieur à l’Ademe, avant de faire référence à un autre chiffre édifiant : « 30 % de la lumière ne sert qu’à l’éclairage du sol. » Complètement dépassés, les lampadaires éclairent mal, diffusent une quantité de lumière trop importante qui parfois éblouit l’automobiliste. De plus, cette déperdition de lumière nuit éga- lement à la faune : mal orientés, les lampadaires deviennent des pièges à insectes et désorientent les oiseaux dans leurs déplacements nocturnes.
« LA MODERNISATION DE L’ÉCLAIRAGE PUBLIC REPRÉSENTE UN GISEMENT TRÈS IMPORTANT D’ÉCONOMIES D’ÉNERGIE, QUI PEUT PERMETTRE DE GAGNER 25 % SUR LA FACTURE D’ÉLECTRICITÉ DES COMMUNES. »Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Écologie
Mais énergiquement parlant cet éclairage public est source de gaspillage d’énergie occasionné par l’usage inconsidéré de ces lampadaires. Selon l’Ademe, l’éclai- rage urbain représente 50 % des dépenses d’énergie des collectivités. Soucieuses de réduire leur consommation, bon nombre d’entre elles ont réagi, poussées par les associations comme l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (Anpcen), qui labellise chaque année plusieurs communes pour leur action exemplaire en matière d’éclairage. Face à ces dépenses importantes dans les budgets communaux, certaines municipalités en arrivent à devoir limiter le nombre d’heures d’éclairage ou à couper durant la nuit l’alimentation de ces éclairages publics. Symboliques, ces actions s’accompagnent parfois de plans de rénovation à grande échelle des dispositifs d’éclairage. Besançon, Clermont-Ferrand ou plus récemment Grenoble se sont lancés dans de telles opérations techniques permettant de rationaliser l’usage des lampadaires sur le long terme. Des investissements que de toutes petites municipalités ne peuvent malheureusement pas se permettre. Ce n’est donc pas un hasard si le plan de l’Ademe s’adresse aux communes de moins de 2 000 habitants. 3 000 euros par lampadaire Parmi les actions subventionnées par l’agence figurent le remplacement du luminaire, du candélabre, ou les travaux de voirie nécessaires au déplacement d’un lampadaire par exemple. Les montants dépendront du pourcentage de réduction de consom- mation d’électricité ciblé par la commune. Pour une division par deux de sa consommation, une commune impliquée dans cette démarche percevra 360 euros par lampadaire. Pour une réduction des deux tiers ou de 75 % de sa consommation, elle pourra percevoir jusqu’à 3 000 euros. Autant dire qu’à ce rythme ce plan, qui au départ devait concerner les villes de moins de 10 000 habitants, risque de se révéler bien vite insuffisant pour satisfaire les demandes des 31 900 communes qui sont susceptibles de solliciter l’aide de l’Ademe. Certains élus considèrent toute- fois que ce plan est en deçà des objectifs du Grenelle, qui abordait, à travers les lois Grenelle I et II, la pollution lumineuse de manière globale et prévoyait « des mesures de prévention, de suppres- sion ou de limitation » destinées notamment à « garantir l’observation du ciel nocturne ». Ce qui semble avoir prévalu dans le plan de l’Ademe, c’est la réduction de la consommation d’énergie et le gain économique. Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Écologie, a souligné lors de la présentation du plan que « la modernisation de l’éclairage public représente un gisement très important d’économies d’énergie, qui peut permettre de gagner 25 % sur la facture d’électricité des communes. » Ainsi, pour y parvenir, les collectivités devront prendre en compte la problématique et retirer par exemple les lampes à mercure, les moins efficaces des sources d’éclairage, qui sont dans le collimateur de Bruxelles. Un règlement fait d’ailleurs obligation aux États membres de retirer ces lampes du marché à l’horizon 2015. D’ici cette date, des recommandations sur le type d’ampoules à privilégier seront adressées aux collectivités par l’Ademe.

Joël Genard Article paru dans le numéro 446 du mercredi 9 MAI 2012

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Joël Genard

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