Le retour à la croissance : une affaire de compétitivité

Par Axel de Tarlé
Pour l’éditorialiste d’Europe 1, c’est moins le coût du travail que l’innovation et l’intelligence créatrice qui sont en cause dans la compétitivité. Selon Axel de Tarlé, c’est l’excellence qui permettra aux entreprises françaises de redevenir concurrentielles. Airbus, Vuitton et quelques autres donnent l’exemple.

Nicolas Sarkozy avec le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb. En présentant ses vœux aux acteurs économiques et sociaux le 19 janvier à Lyon, le président de la République a souligné que la bataille de la compétitivité était pour lui essentielle. Photo Robert Pratta / AFP

La bataille de l’emploi a cédé sa place à la bataille de la compétitivité. Il ne s’agit plus de soutenir l’emploi à bout de bras, avec des contrats aidés. Il s’agit de faire revenir en France nos emplois, en redevenant compétitif. Nuance ! Et ça change tout. Au point d’entendre le patronat s’interroger sur la pertinence des réductions de charges sur tous les bas salaires. Les allégements de charges sur les bas salaires (inférieurs à 1,6 fois le Smic) ont coûté 22 milliards d’euros en 2010 aux caisses de l’État. « A quoi bon ? s’interroge tout haut l’un des représentants du patronat. Les groupes de BTP et la grande distribution profitent massivement de ces aides. Or ces emplois sont non délocalisables. On ferait mieux d’utiliser cet argent pour aider les secteurs exposés à la concurrence internationale. » On a changé de logiciel ! On le voit, il ne s’agit plus de défendre l’emploi, il s’agit de rendre la France plus compétitive pour en faire une « terre d’emploi » ! Continue reading

Disparition d’une rockstar

Par Robert Namias

John Lennon, Jimi Hendrix, Michael Jackson, Steve Jobs. Le créateur d’Apple est mort en rockstar. Couvert sous les fleurs d’un hommage planétaire. Situation peu banale pour un
patron qui n’avait pas la réputation d’être facile, connu même pour son autoritarisme. Tout a été dit sur Jobs et tout est vrai : Lutteur exceptionnel, y compris contre une maladie qui aurait dû l’emporter en quelques mois et contre laquelle il a résisté sept ans, visionnaire, incarnation de la modernité rassemblant dans une « applemania » des centaines de millions de jeunes et moins jeunes à travers le monde. Il fabriquait ses ordinateurs comme d’autres fabriquent des tubes. Et beaucoup étaient prêts à piétiner pendant des heures pour être parmi les premiers à acquérir le dernier-né de la gamme Apple, à l’identique des fans qui se précipitent pour acheter le dernier album de Prince ou de Madonna.

Cela dit, au-delà de ces hommages, la mort de ce génie de l’informatique et des nouvelles technologies nous renvoie cruellement à cette question lancinante déjà posée avec la sortie de The Social Network et la réussite d’un jeune étudiant de Harvard : pourquoi là-bas ? (Aux États- Unis et sans doute bientôt en Chine ou en Inde) et pas en France ? Pourquoi eux et pas nous ? Sommes-nous si déclinants et si impuissants que nous ne puissions plus envisager de produire un Steve Jobs ou un Mark Zuckerberg ? Sommes-nous si englués dans nos petitesses et nos lourdeurs administratives et bancaires pour que nous nous interdisions à jamais de redevenir leaders de ces secteurs qui exigent non seulement un savoir-faire technologique mais une vision quasi mystique du futur. Airbus et l’aéronautique, le TGV et le transport ferroviaire sont aujourd’hui les alibis commodes et réussis qui nous autorisent tout juste à masquer la déconfiture d’une recherche qui végète faute de moyens financiers et de soutiens politiques ? C’est pourtant l’avenir du pays et sans doute de l’Europe qui se joue sur cette capacité de penser l’impensable et d’imaginer l’inimaginable. Le système américain avec tous ses défauts peut le faire, le régime chinois avec tous ses défauts va savoir le faire, le système indien est en passe de le faire. Et nous ?… Peut-être que les candidats à la présidentielle vont nous éclairer sur la question !