Le retour à la croissance : une affaire de compétitivité

Par Axel de Tarlé
Pour l’éditorialiste d’Europe 1, c’est moins le coût du travail que l’innovation et l’intelligence créatrice qui sont en cause dans la compétitivité. Selon Axel de Tarlé, c’est l’excellence qui permettra aux entreprises françaises de redevenir concurrentielles. Airbus, Vuitton et quelques autres donnent l’exemple.

Nicolas Sarkozy avec le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb. En présentant ses vœux aux acteurs économiques et sociaux le 19 janvier à Lyon, le président de la République a souligné que la bataille de la compétitivité était pour lui essentielle. Photo Robert Pratta / AFP

La bataille de l’emploi a cédé sa place à la bataille de la compétitivité. Il ne s’agit plus de soutenir l’emploi à bout de bras, avec des contrats aidés. Il s’agit de faire revenir en France nos emplois, en redevenant compétitif. Nuance ! Et ça change tout. Au point d’entendre le patronat s’interroger sur la pertinence des réductions de charges sur tous les bas salaires. Les allégements de charges sur les bas salaires (inférieurs à 1,6 fois le Smic) ont coûté 22 milliards d’euros en 2010 aux caisses de l’État. « A quoi bon ? s’interroge tout haut l’un des représentants du patronat. Les groupes de BTP et la grande distribution profitent massivement de ces aides. Or ces emplois sont non délocalisables. On ferait mieux d’utiliser cet argent pour aider les secteurs exposés à la concurrence internationale. » On a changé de logiciel ! On le voit, il ne s’agit plus de défendre l’emploi, il s’agit de rendre la France plus compétitive pour en faire une « terre d’emploi » ! Continue reading

Assemblée-Bundestag, même combat

Par Nathalie Segaunes

Tandis que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel tentent de trouver un terrain d’entente, les dirigeants de l’UMP discutent avec ceux de la CDU et François Hollande assiste au congrès du SPD à Berlin. De leur côté, les Parlements français et allemand ont créé un groupe de travail commun rassemblant des élus de droite et de gauche. Avec un objectif : consolider le couple franco-allemand, fragilisé par la crise.

Les députés français travaillent eux aussi, dans l’ombre, à la relance du moteur franco- allemand. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée, et Norbert Lammert, président du Bundestag, ont décidé conjointement, en pleine crise de la dette européenne, la mise en place d’un groupe de travail franco-allemand, qui se réunira pour la deuxième fois ce vendredi, à Paris. « La relation franco-allemande ne peut pas se limiter à un tête-à-tête entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy », justifie Yves Bur, député UMP du Bas-Rhin et président du groupe d’amitié France-Allemagne. Continue reading

France-Allemagne, le grand écart

Par Axel de Tarlé

Français et Allemands multiplient les sommets et pourtant le fossé n’a jamais été aussi grand des deux côtés du Rhin. Les économies divergent et les Allemands s’agacent de plus en plus ouvertement des faiblesses françaises. Un axe rouillé pour une politique peu commune.

Photo Eric Feferberg / AFP

Nicolas Sarkozy s’est-il rendu à Berlin le dimanche 9 octobre pour prendre le thé ou boire une bière ? On pourrait le croire au vu du résultat pitoyable de ce sommet franco-allemand. Alors même qu’on s’interroge sur l’avenir de la monnaie unique, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé… de ne rien décider avant plusieurs semaines ! Il y a le feu dans la maison Europe, mais on a le temps d’attendre ! Continue reading

Nostalgie ou avant-garde ? Une Europe à quelques-uns… ce serait tellement mieux

Par Axel de Tarlé

Le Grand Rendez-vous Europe 1 – iTélé – Le Parisien, 2 octobre : François Hollande fait une proposition curieusement passée inaperçue. Il préconise la constitution d’un noyau central au sein de l’Europe des 27. En quelque sorte, une Europe à deux vitesses. Et un vrai débat pour la présidentielle.

François Hollande. Le responsable socialiste prône la création d’une « Europe d’avant-garde ». Photo Thomas Samson / AFP

La petite phrase de François Hollande est passée totalement inaperçue, et pourtant c’est une bombe ! Invité du Grand Rendez-vous d’Europe 1, le candidat socialiste, en tête dans les sondages, a expliqué qu’il fallait qu’un « petit nombre de pays, au sein des vingt-sept, puissent se constituer en noyau central ». François Hollande prône la création d’une « Europe d’avant- garde ». Car la crise grecque montre l’échec de l’Europe « monolithique », où un seul pays, comme la Finlande ou la Slovaquie, peut bloquer toute décision, quitte à plonger le Vieux Continent dans le chaos. Cette Europe-là, plus personne n’en veut, à commencer par les Allemands. Dans une interview aux Échos, le député libéral Frank Schäffler lance sans détour : « C’est une erreur fondamentale que l’Allemagne soit représentée au sein du Conseil (de la Banque centrale européenne) de la même façon que Malte. » Le directeur de l’institut économique Ifo, à Munich, Hans- Werner Sinn, enfonce le clou : « Des pays comme Malte ou Chypre ont autant à dire que la France ou l’Allemagne. C’est intolérable. Nous nous dirigeons vers un conflit d’importance au sein de la zone euro. » Continue reading

« L’augmentation des impôts ne peut pas tenir lieu de solution. La priorité, c’est la réduction drastique des dépenses de l’État »

Interview de M. Hervé Novelli, par Ludovic Vigogne

Réduction du nombre de fonctionnaires, privatisations, délégations de service public, pour Hervé Novelli, secrétaire général-adjoint de l’UMP, l’indispensable politique de rigueur passe par une importante diminution du périmètre de l’État dans la sphère économique.

En 2012, que la gauche ou la droite l’emporte, les Français connaîtront-ils autre chose qu’une politique d’austérité ?
Il est clair que l’impératif de réduction des déficits et leur disparition, seul moyen de faire conserver à notre pays son rang, s’imposera à tous. Quels que soient les gouvernants, ce sera un impératif. En revanche, les moyens pour y parvenir seront différents que la gauche ou la droite l’emporte. Dans la genèse des déficits, il y a un déséquilibre de recettes et de dépenses. Il existe trois moyens techniques pour les supprimer : augmenter les recettes, baisser les dépenses ou encore une combinaison des deux. On voit bien aujourd’hui que la tentation de l’augmentation des recettes est dans l’air du temps. La gauche appelle cela la réhabilitation de l’impôt. Une partie de la droite est prête à la suivre. C’est pour moi une solution de facilité. Je reste convaincu que l’augmentation des impôts dans un pays qui a déjà un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l’OCDE ne peut pas tenir lieu de solution. Continue reading

Sur le Web : pas de pitié pour l’euro

Athenes le 17 septembre. Des manifestants brulent symboliquement la monnaie europeenne. PHOTO AFP

Indication de tendance : de même qu’en 2005 les blogs faisaient apparaître une majorité hostile à la constitution européenne soumise en France à référendum, en 2011 c’est la blogosphère des 27 qui manifeste sa méfiance à l’égard de l’euro.

Exemple : Luis, étudiant espagnol en doctorat de pharmacie à l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, espère un jour créer sa propre entreprise. Son analyse de la crise reflète sa crainte de l’austérité proposée par les Européens. Il en appelle sans illusion à la chance- lière allemande Angela Merkel. Continue reading