Le Mardi 6 avril 2010
Rapport législatif – La commission spéciale du Sénat chargée du projet de loi relatif au Grand Paris a examiné le 25 mars le rapport de Jean-Pierre Fourcade (UMP, Hauts-de-Seine). Le texte, déjà adopté par l’Assemblée et qui fait l’objet d’une procédure d’urgence, doit être examiné en séance du 6 au 8 avril.
Le projet de loi prévoit la construction d’une nouvelle ligne de métro automatique de 130 km, reliant « en rocade » Paris, les aéroports, les centres de gestion et les pôles économiques importants.
La commission spéciale a également prévu que les élus locaux, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), le syndicat mixte Paris-Métropole et l’atelier international du Grand Paris seraient « associés à la conception et à la réalisation du nouveau réseau ». Ils auront quatre mois à compter de la publication du dossier regroupant les objectifs et les principales caractéristiques du projet de réseau pour faire connaître leur avis au préfet de région.
Débat public sur la double boucle
Un débat public devra avoir lieu, qui portera sur l’opportunité, les objectifs et les principales caractéristiques du projet de réseau de transport public du Grand Paris. Il durera lui aussi quatre mois. La Commission nationale du débat public aura alors deux mois pour faire un bilan de ce débat et l’établissement public Société du Grand Paris (SGP) aura à son tour deux mois pour « indiquer les conséquences qu’il tire de ce bilan pour le schéma d’ensemble » et « préciser le schéma d’ensemble retenu, les modifications éventuellement apportées, ainsi que les conditions prévues pour sa mise en Å“uvre ».
Une dotation pour lever des fonds
Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, avait annoncé le 13 janvier que l’Etat apporterait une dotation en capital de 4 Mds€, sur une période de trois à cinq ans, en fonction des besoins. Cette dotation doit permettre à la SPG de lever « une série d’emprunts devant être remboursés sur une quarantaine d’années, pour couvrir les besoins de financement » du projet de « double boucle de métro ».
« Le projet doit contribuer à créer des richesses nouvelles, et si la valorisation foncière permise par la création de nouvelles infrastructures est inconnue, les expériences de projets similaires en Allemagne ou en Grande-Bretagne, avec la nouvelle gare de Londres, laissent penser que cette valorisation foncière apporterait une forte contribution à l’amortissement financier des infrastructures », avait-il ajouté.
Deux taxes supplémentaires
La commission spéciale, sur proposition du rapporteur, a adopté deux amendements complétant le mode de financement du nouveau réseau de transport. D’une part, la taxe sur les plus-values immobilières liées à la réalisation d’une infrastructure de transport collectif pourra être appliquée à l’ÃŽle-de-France, précédemment exclue de ce dispositif. Cette taxe sera levée par l’État et son produit sera affecté au budget la SGP.
D’autre part, le matériel roulant utilisé sur les lignes de transport en commun de voyageurs en région d’ÃŽle-de-France exploitées par la RATP sera assujetti à l’Imposition forfaitaire des entreprises de réseau (IFER), née de la réforme de la taxe professionnelle. Son produit sera affecté au budget de la SGP.
La commission spéciale a également a précisé que le financement de la double boucle de métro serait « indépendant de la contribution de l’Etat aux contrats de projet conclus avec la région Ile-de-France » et que le produit des baux commerciaux qui seront conclus dans les gares du futur réseau du Grand Paris bénéficiera à la SGP.
Un réseau connecté
La commission spéciale a ensuite voté des amendements soulignant « la nécessité de connecter le nouveau réseau avec le réseau ferroviaire à grande vitesse » et fixant « une obligation de compatibilité entre le schéma d’ensemble et le plan de déplacement urbain de la région d’ÃŽle-de-France ». Ce schéma d’ensemble devra par ailleurs prendre en compte « l’intermodalité » en donnant aux automobilistes la possibilité de laisser leurs véhicules à proximité des gares de la double boucle, dans des « parkings relais ».
Fret : relier Paris aux grands ports normands
Les trains de marchandises ne pouvant circuler sur les voies du métro automatique, un amendement du rapporteur a été adopté, qui fait de la mise en place d’un réseau à haut niveau de performance prioritairement affecté au fret ferroviaire entre les grands ports maritimes du Havre et de Rouen un « objectif d’intérêt national ».
Un rapport sur ce sujet ainsi que sur « les possibilités de construire de nouvelles installations portuaires le long de la Seine pour assurer une meilleure desserte du Grand Paris » devra être remis par le Gouvernement au Parlement au plus tard 12 mois après la promulgation de la loi.
70 000 logements
La commission spéciale a par ailleurs adopté des amendements dans le domaine du logement. Elle a prévu que « les contrats de développement territorial définis et réalisés conjointement par l’État, les communes et leurs groupements, participent à l’objectif de construire chaque année 70 000 logements géographiquement et socialement adaptés en ÃŽle-de-France ».
Le préfet de région arrêtera, pour une période de trois ans, les objectifs annuels de production de nouveaux logements dans des périmètres soumis à l’obligation de réaliser un programme local de l’habitat, les programmes locaux de l’habitat devant tenir compte de ces objectifs.
Les outils du développement territorial
S’agissant des « contrats de développement territorial », qui pourront être conclus entre l’Etat et les communes afin de réaliser les objectifs du projet Grand Paris, la région et le département concerné seront obligatoirement consultés. Ces contrats seront systématiquement soumis à enquête publique.
Enfin, la commission spéciale a apporté des précisions sur le rôle et les missions des deux établissements publics créés par le projet de loi : la SGP et l’établissement public de Paris-Saclay. Ce dernier sera chargé de « l’impulsion et la coordination du développement du pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay », ainsi que dans la promotion du rayonnement international de ce pôle.
Les socialistes et le groupe CRC-SPG ont voté contre le texte issu de la commission spéciale, en raison notamment d’un amendement mettant fin au processus de concertation sur le projet de transport collectif « Arc Express » lancé par la région Ile-de-France.
C.D.
21 Mds€, c’est la somme totale que l’Etat devrait consacrer aux infrastructures de transports dans le cadre du projet du Grand Paris, selon Jean-Pierre Fourcade.
