Les HLM face au désengagement de l’État

Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), réunie en congrès à Bordeaux, dénonce les choix budgétaires de l’État. Et reproche au Gouvernement de ne pas apporter les bonnes réponses face à l’explosion des besoins sociaux en matière de logement.

Thierry Repentin. Le sénateur socialiste préside l’Union sociale pour l’habitat. Il s’inquiète de l’appauvrissement des locataires, qui provoque de nombreux défauts de paiement. Photo Jean-Pierre Muller / AFP

Avec 1 200 000 ménages en attente d’un logement social, « Les moments difficiles sont plutôt devant nous en raison de la baisse prévue des subventions et des financements de l’État, du 1 % logement et des collectivités locales », prédit Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui chapeaute les organismes HLM, représentant 10 millions de personnes logées. « Les locataires sont de plus en plus pauvres, les situations d’impayés se développent, le logement social subit la crise de plein fouet », rappelle encore Thierry Repentin. Continue reading

« Le mot de rigueur ne me fait pas peur et les impôts augmenteront. Mais la vraie question est de savoir sur qui porteront ces augmentations »

Interview de M. Michel Sapin, par Ludovic Vigogne

Proche conseiller économique de François Hollande, Michel Sapin affirme que le premier devoir de la gauche sera de faire une réforme fiscale et de repenser les priorités en matière de dépenses publiques.

Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle l’an prochain, la politique menée ne sera-t-elle pas la même ?
Ce sera malgré tout de la rigueur, de la rigueur et encore de la rigueur… Non. Même si elle a fait tout le contraire durant ce quinquennat, la droite peut annoncer le même objectif que nous : le désendettement et la réduction de nos déficits, qui doivent être ramenés à 3 % en 2013, comme nous nous y sommes engagés au niveau européen. Mais les moyens pour y parvenir seront différents.

La gauche doit donc assumer qu’elle mènera une politique de rigueur ?
À titre personnel, ce mot ne me fait pas peur. J’aime bien aussi le terme de « sérieux ». Dans la situation très difficile qui est la nôtre aujourd’hui, nous en aurons bien besoin. Continue reading

« L’augmentation des impôts ne peut pas tenir lieu de solution. La priorité, c’est la réduction drastique des dépenses de l’État »

Interview de M. Hervé Novelli, par Ludovic Vigogne

Réduction du nombre de fonctionnaires, privatisations, délégations de service public, pour Hervé Novelli, secrétaire général-adjoint de l’UMP, l’indispensable politique de rigueur passe par une importante diminution du périmètre de l’État dans la sphère économique.

En 2012, que la gauche ou la droite l’emporte, les Français connaîtront-ils autre chose qu’une politique d’austérité ?
Il est clair que l’impératif de réduction des déficits et leur disparition, seul moyen de faire conserver à notre pays son rang, s’imposera à tous. Quels que soient les gouvernants, ce sera un impératif. En revanche, les moyens pour y parvenir seront différents que la gauche ou la droite l’emporte. Dans la genèse des déficits, il y a un déséquilibre de recettes et de dépenses. Il existe trois moyens techniques pour les supprimer : augmenter les recettes, baisser les dépenses ou encore une combinaison des deux. On voit bien aujourd’hui que la tentation de l’augmentation des recettes est dans l’air du temps. La gauche appelle cela la réhabilitation de l’impôt. Une partie de la droite est prête à la suivre. C’est pour moi une solution de facilité. Je reste convaincu que l’augmentation des impôts dans un pays qui a déjà un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l’OCDE ne peut pas tenir lieu de solution. Continue reading

Mélenchon : 1/4 Saint-Just, 3/4 Jaurès

Par Éric Fottorino

Pour le candidat du Front de gauche, la social-démocratie ne vaut guère mieux que le libéralisme. Le grand air de la révolution ne lui fait pas peur. Il l’entonne volontiers avec Saint-Just, Jaurès et les révoltés sud-américains.

Jacques Demarthon / AFP

Sommes-nous avenue de la République, au siège du Front de gauche, ou en Amérique latine ? Dans le bureau de Jean-Luc Mélenchon trône sa photo avec Lula. Son œil brille quand il évoque l’ancien syndicaliste du Parti des travailleurs, qu’il fit venir à Bordeaux en 2002, avant le premier tour de la présidentielle, pour soutenir Jospin. « Lionel l’ignora, regrette-t-il encore. Il le prenait pour un trotskiste échevelé. » Et de citer l’ex-candidat socialiste, qui, à l’image du PS, n’aurait pas compris que les révolutions sud-américaines représentaient le premier contre-choc de la vague libérale. « C’est une grande force qui va mais elle ne sait pas où elle va », minimisait Jospin. Mélenchon n’a pas oublié. Ce mouvement protestataire né dans « l’arrière-cour » des États-Unis, il l’a observé, scruté, disséqué, pour y voir le précurseur des révolutions arabes, l’inspirateur des indignés, la preuve par le rassemblement des gauches que la révolution citoyenne est en marche. Continue reading

Sur le Web : pas de pitié pour l’euro

Athenes le 17 septembre. Des manifestants brulent symboliquement la monnaie europeenne. PHOTO AFP

Indication de tendance : de même qu’en 2005 les blogs faisaient apparaître une majorité hostile à la constitution européenne soumise en France à référendum, en 2011 c’est la blogosphère des 27 qui manifeste sa méfiance à l’égard de l’euro.

Exemple : Luis, étudiant espagnol en doctorat de pharmacie à l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, espère un jour créer sa propre entreprise. Son analyse de la crise reflète sa crainte de l’austérité proposée par les Européens. Il en appelle sans illusion à la chance- lière allemande Angela Merkel. Continue reading

Question de confiance

Par Robert Namias

Cette fois on aurait bien besoin de la potion magique de Panoramix ou, à tout le moins, de la pierre philosophale qui transforme le plomb en or ! Malheureusement pour l’heure rien ne se profile et le fameux bout du tunnel déjà promis par Jacques Chirac dans les années 1980 n’est toujours pas à l’horizon. Pour autant, sauf à se dire que nous ne sommes plus qu’un petit pays encalaminé dans un vieux continent, il faut bien imaginer que l’on sortira un jour de la crise. Ce ne sera le fait ni d’un miracle ni d’une baguette magique, mais le résultat d’une politique à long terme appliquant à l’échelle de la France et de l’Europe de nouvelles règles de conduite économique et financière. Rigueur, réformes fiscale et bancaire, redistribution de la richesse, et sans doute mutualisation de la dette dans la zone Euro, autant de passages obligés après la présidentielle, quel(le) que soit l’élu(e).

Cela suffira-t-il à stopper le cercle vicieux si souvent décrit : pas de croissance, plus de chômage ; augmentation du chômage, diminution de la consommation ; moins de consommation, encore moins de croissance, un schéma de crise aggravé par un endettement qui place de nombreux États en situation de faillite inavouée ?

En fait, l’histoire et l’expérience nous ont appris que le retour au cercle vertueux suppose une condition : que la confiance revienne. Et au premier chef la confiance dans la parole des politiques. Voilà des années, pour ne pas dire des décennies, qu’à droite comme à gauche les promesses intenables, les mensonges électoraux, les paris impossibles ont fait office de programme économique. La défiance des peuples à l’égard de leurs dirigeants constitue aujourd’hui le handicap apparemment indépassable qui plombe toute tentative de redressement. Redonner de la crédibilité au discours politique, redonner envie et confiance aux Français, qui ne croient plus en rien. Seuls des actes conformes au discours et une cohérence d’action dans la durée pourront susciter un retour de cette confiance.

On est pour l’instant loin du compte !

Chaud et venteux !

Le climat politique vu par Brice Teinturier

Une remontée de popularité de Nicolas Sarkozy stoppée net cet été et des primaires socialistes qui pour l’instant intéressent peu les électeurs, c’est le constat du directeur général d’Ipsos, qui mesure jour après jour une opinion de plus en plus déboussolée. Entre révolte et résignation, les Français balancent.

L’été devait être beau. Il fut humide. La croissance devait progressivement revenir. Nous eûmes un krach boursier en août et un plan de mesures d’économies pour la rentrée. Les Français broient du noir ? Mais depuis tellement longtemps ! Tout change, rien ne change ? Non, la plaque tectonique des mentalités continue de se fabriquer et cette rentrée 2011 le signifie plus que les précédentes. Continue reading