Le Mardi 6 juillet 2010
Audition – Après avoir défendu sobrement devant les députés son point de vue sur le projet de loi NOME (voir l’Hémicycle n° 389 p. 9), Henri Proglio, président d’EDF, a haussé le ton devant la commission de l’économie du Sénat qui, espère-t-il, pourra « améliorer » le texte.
La NOME, qui met en place un mécanisme d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) pour les fournisseurs alternatifs, est pour le président d’EDF une « forme d’expropriation » : EDF devra « vendre, sous la contrainte, sa production à ses concurrents à un prix régulé ». L’entreprise « est favorable à la concurrence et à un marché ouvert, pas à une répartition de force des parts de marché ». Or, elle « va se retrouver amputée pendant 15 ans d’une part importante de sa production. Non pour avoir été défaillante, non pour avoir été mal gérée, non pour avoir abusé d’une position dominante, mais parce qu’elle est trop compétitive ».
Mais, pour Jean-Louis Borloo, la rétrocession n’est pas un cadeau à la concurrence : « Quand vous vendez à la concurrence votre production en intégrant dans le prix vos charges et vos salaires, en bref ce qui vous permet de vivre, on ne peut pas véritablement parler de cadeau. Il n’y a donc pas d’enrichissement sans cause et si la concurrence fait du bénéfice, ce sera parce qu’elle aura mieux géré les réseaux. »
Juste prix
Le président d’EDF insiste cependant pour que le prix de départ soit au minimum de 42 € par MWh, soit l’équivalent du Tarif réglementé transitoire d’adaptation du marché (Tartam), faute de quoi l’opérateur historique serait obligé, « pour assurer la survie du groupe, d’augmenter ses prix de vente aux clients », affirme-t-il.
En outre, « de 42 €, le prix devra être progressivement porté à 45 €, point d’équilibre, incluant le coût de l’extension de durée de vie [des centrales] – mais non le coût de renouvellement ».
Priorité aux industriels
Rappelant que « l’Europe ne demande pas le subventionnement des fournisseurs alternatifs ni le démantèlement, ni l’endettement d’EDF », mais « seulement la fin des tarifs aux entreprises », Henri Proglio estime ensuite que l’Arenh doit être « calibré pour répondre aux attentes des industriels et non pour satisfaire aux schémas marketing des fournisseurs spécialisés sur le segment des clients résidentiels. » « L’essentiel des volumes de nucléaire régulé qui sera mis en vente doit être dédié à la fourniture des entreprises », poursuit-il.
Par ailleurs, afin d’éviter les « effets d’aubaine », il considère que les producteurs d’hydroélectricité, dont les coûts de production sont inférieurs à ceux du parc nucléaire historique, devraient voir leurs volumes d’électricité déduits lors du calcul des droits à l’Arenh. « Les règles du jeu doivent être équitables. »
En conclusion, le président d’EDF appelle les sénateurs à voter la loi, mais en l’amendant. « Je préfère une loi imparfaite, qui respecte cependant les équilibres économiques, à une absence de loi qui conduirait Bruxelles à interférer dans le paysage industriel de façon incontrôlée. »
4 900 réclamations relatives à des pratiques commerciales, des contestations de souscription ou à des résiliations non demandées ont été reçues par le médiateur de l’énergie, Denis Merville, en 2009.
41 % des saisines reçues par le médiateur concernaient GDF-Suez, 35 % EDF, 12 % Direct énergie, 6 % Poweo et 5 % les autres fournisseurs alternatifs.
57 % des recommandations faites par le médiateur de l’énergie ont été suivies en totalité et 26 % en partie.
558 E, ce sont en moyenne les remboursements et dédommagements perçus par le consommateur après recommandation du médiateur.
