Le Mardi 25 mai 2010
Jusqu’au 6 septembre, le musée du Louvre présente « Méroé, un empire sur le Nil ». Cette exposition retrace l’histoire d’un empire à la croisée des influences égyptiennes, gréco-romaines et africaines.
Situé à 220 km au nord de Khartoum et au sud de la 5e cataracte du Nil, dans l’actuel Soudan, Méroé a été la capitale d’un empire qui a dominé une région de plus de 1 500 km le long du Nil principal et de ses grands affluents du sud. Cet empire a prospéré de l’époque du roi Arkamani Ier qui fonda une nouvelle dynastie en 270 avant J.-C., à l’arrivée du christianisme au Ve siècle après J.-C., laissant la place à trois royaumes nubiens christianisés (Nobadia, Makouria et Alodia).
Entre influences…
Au cours de ses sept siècles d’existence, Méroé a en effet subi des influences diverses. Tout d’abord, celle de l’Egypte pharaonique, l’empire méroïtique étant un hériter du royaume de Napata et des « pharaons noirs ». Cette influence se retrouve par exemple dans l’architecture et la décoration des temples, dans les pyramides qui servent de sépultures aux rois et reines (pour le reste de la population, l’enterrement sous tumulus est la règle) ou encore dans la maîtrise parfaite par l’élite méroïtique de la langue égyptienne et de l’écriture hiéroglyphique.
Ensuite, l’empire assimile une partie de la culture mais aussi des méthodes artisanales de l’Égypte hellénistique, romaine puis byzantine. Les objets retrouvés notamment dans les tombes de la famille royale et de l’élite méroïtique présentent pour la plupart des motifs empruntés à la civilisation égyptienne, gréco-romaine ou africaine. Les artisans utilisent des techniques elles aussi issues des royaumes voisins : les techniques sont égyptiennes pour fabriquer la faïence et romaine pour le verre, alors que l’orfèvrerie est « un savant mélange de techniques autochtones, pharaoniques et grecques », expliquent les organisateurs de l’exposition.
… et culture originale
Tout en s’enrichissant de ces apports extérieurs, l’empire méroïtique innove et crée sa propre culture. Il invente par exemple une écriture originale jouant sur deux systèmes graphiques de 24 signes chacun, l’un cursif et l’autre hiéroglyphique, tous deux encodant la même langue. De même, aux côtés des dieux pharaoniques – au premier rang desquels Amon –, le panthéon comprend des divinités locales – dont le principal est Apedemak, dieu-lion de la steppe.
Le fonctionnement politique de l’empire est lui aussi particulier : le roi, garant de l’ordre du monde, est responsable devant les dieux, mais le pouvoir peut revenir aux reines, les « candaces ». Cette situation s’est notamment produite au Ier siècle après J.-C., où plusieurs femmes se sont succédées sur le trône.
Enfin, les objets de la vie quotidienne, fabriqués essentiellement à partir d’argile et de métal, sont inspirés par la tradition africaine. Y figurent souvent des végétaux et des animaux ou bien des motifs géométriques faits au peigne ou par incision.
Constituée essentiellement d’objets prêtés par le musée de Khartoum, l’exposition montre également des pièces provenant du chantier de fouilles de Mouweis, ouvert par le département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre en 2007.
Si l’on peut regretter sa taille restreinte, l’exposition présente un aperçu très intéressant de la civilisation méroïtique. A découvrir.
C.D.
Méroé, un empire sur le Nil – Musée du Louvre, aile Richelieu, entresol - tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi, nocturnes jusqu’à 22h les mercredis et vendredis – Tarif : 9,5 € ou 6 € – Renseignements : www.louvre.fr
