Le Mercredi 16 décembre 2009
Dans le cadre du Projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2009, les députés ont adopté en séance l’essentiel des modifications proposées par la commission des finances (voir aussi ici) créant une procédure judiciaire d’enquête fiscale et renforçant l’identification des paradis fiscaux.
Tout d’abord, les députés ont adopté à l’unanimité l’amendement du rapporteur général, Gilles Carrez (UMP, Val-de-Marne), inspiré des conclusions de la mission d’information sur les paradis fiscaux, créant une procédure judiciaire d’enquête fiscale. Il s’agit d’assouplir la procédure actuelle de saisine de la Commission des infractions fiscales (CIF) concernant les paradis fiscaux et les montages qui passent par eux, ainsi que les fraudes graves (falsifications et usurpations d’identité ou trafics de documents).
Ils ont prévu que le ministre chargé du Budget pourra se baser sur de simples présomptions de fraude fiscale pour déclencher une procédure judiciaire en saisissant la CIF, sans en informer le contribuable. Cela doit permettre à la commission « d’autoriser plus rapidement le passage à la procédure judiciaire ».
L’amendement confère aussi des pouvoirs judiciaires aux agents des services fiscaux, des garanties étant apportées pour assurer les droits des contribuables.
Plusieurs sous-amendements gouvernementaux ont été adoptés, qui visent à « recentrer le champ de la procédure sur les fraudes les plus graves ». Ils prévoient aussi « que les agents des services fiscaux dotés de prérogatives de nature judiciaire seront compétents uniquement pour les délits de fraude fiscale » et qu’ils seront placés « au sein du ministère de l’Intérieur ». Enfin, « l’articulation des phases fiscales et pénales de traitement de l’affaire est précisée, afin qu’elles demeurent, comme aujourd’hui, indépendantes. »
Identifier les paradis fiscaux
L’Assemblée a enfin adopté des amendements du rapporteur concernant l’identification des paradis fiscaux. Désormais, tout Etat ou territoire n’ayant pas répondu positivement, dans un délai d’un an, à une proposition de la France de conclure une convention d’assistance administrative permettant l’échange de renseignements figurera sur la « liste noire » française. Tout ajout, mais également tout retrait d’un territoire de cette liste devra être motivé. En outre, tous les flux partant de France pour aller vers un paradis fiscal seront taxés à la source à hauteur de 50 %.
C.D.
Taxer les trafics
L’Assemblée a ensuite voté l’alignement du traitement fiscal des activités illicites sur celui des activités occultes. En outre, les sommes d’argent utilisées comme monnaie d’échange dans le cadre des trafics entreront dans la base du revenu imposable.
Par ailleurs, les députés ont adopté plusieurs amendements du Gouvernement précisant que seules les personnes réellement impliquées dans les trafics seront concernées, celles ayant eu la garde temporaire de biens liés à ces activités délictuelles étant exclues du dispositif. Toujours sur proposition du Gouvernement, ils ont approuvé l’idée d’une « taxation forfaitaire » des trafiquants « en fonction de leur train de vie ».
