L’Agence nationale de l’habitat : une source de financement pour les communes

Crédit : MICHAÎL MOHR/AFP

L’effort en matière de logement social ne cache pas le manque de cohérence dont souffre la politique du logement, toujours marquée par le désengagement de l’État. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) finance les propriétaires et octroie des subventions parfois méconnues au profit des communes afin de lutter contre l’insalubrité.

Suivant les termes de la loi de 1971, l’Anah a pour mission de mettre en œuvre la poli- tique nationale de développement et d’amélioration du parc de logements privés existant. Son statut d’établissement public à caractère administratif est régi par le code de la construction et de l’habitation. L’agence lutte, entre autres, pour la rénovation thermique des logements, l’adaptation et l’accessibilité notamment liées à la perte d’autonomie des personnes, le développement d’une offre de logements à loyers et charges maîtrisés. Elle participe aussi à l’humanisation des centres d’hébergement, aux côtés d’associations luttant contre l’habitat indigne, dans le but de mettre aux normes ou de transformer des structures en subventionnant les hôtels sociaux, les maîtres d’ouvrage propriétaires et les projets d’amélioration d’accueil de jour. Plus de 388 millions d’euros de subventions ont été distribués par l’Anah et 72 958 logements ont pu être traités en 2011. La majorité des « récipiendaires » sont des par- ticuliers propriétaires. Lire la suite

Le logement social pour retarder la dépendance

Comment repousser l’âge d’entrée en Ehpad et alléger la facture de la dépendance ? Certaines collectivités expérimentent le logement intergénérationnel, une solution inspirée de l’étranger qui commence à donner des résultats.

Au Creusot, en Saône-et- Loire, la résidence Puebla fait partie d’une expérimentation de logements « solidaires » à l’échelle du département. Dans ce petit immeuble inauguré en mars dernier, des seniors et handicapés occupent le rez-de-chaussée tandis que de jeunes couples et des familles logent dans les niveaux supérieurs. En vertu d’une charte de bon voisinage, les jeunes acceptent de faire des courses groupées, d’effectuer du petit bricolage ou des démarches administratives pour les plus âgés. Ceux-ci offrent de leur temps libre pour des gardes d’enfants.

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Les HLM face au désengagement de l’État

Thierry Repentin. Le sénateur socialiste préside l’Union sociale pour l’habitat. Il s’inquiète de l’appauvrissement des locataires, qui provoque de nombreux défauts de paiement. Photo Jean-Pierre Muller / AFP

Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), réunie en congrès à Bordeaux, dénonce les choix budgétaires de l’État. Et reproche au Gouvernement de ne pas apporter les bonnes réponses face à l’explosion des besoins sociaux en matière de logement.

Avec 1 200 000 ménages en attente d’un logement social, « Les moments difficiles sont plutôt devant nous en raison de la baisse prévue des subventions et des financements de l’État, du 1 % logement et des collectivités locales », prédit Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui chapeaute les organismes HLM, représentant 10 millions de personnes logées. « Les locataires sont de plus en plus pauvres, les situations d’impayés se développent, le logement social subit la crise de plein fouet », rappelle encore Thierry Repentin. Lire la suite

Les dommages collatéraux de la crise en Europe : des sans-abri par millions

Par Joël Génard

Pervenche Berès, députée socialiste au Parlement européen. Photo Lluis Gene / AFP

Depuis deux ans, le nombre des sans-abri a augmenté de manière spectaculaire parmi les pays les plus touchés par la crise : la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et même le Royaume-Uni. Dans ces pays, ceux qui n’ont plus de toit sont en augmentation de 15 à 50 %. Deux députées européennes ont fait adopter par le parlement de Strasbourg une résolution qui demande à la Commission de prendre des initiatives pour contraindre les États membres à lutter contre ce fléau.

« Être sans-abri est la pire forme d’exclusion sociale » pour la socialiste Pervenche Berès. « Il est temps que les gouvernements prennent leurs responsabilités. Notre premier devoir est de protéger les plus vulnérables », selon la verte Karima Delli. Les deux Françaises ont préparé la résolution du Parlement qui vient d’être adoptée.

Si le terme de « sans-abri » évoque des exclus de la société dormant sous des tentes ou sur des cartons, cette image ne recouvre en fait qu’une petite partie de la réalité. De plus en plus de personnes en Europe sont touchées par la précarité : une perte d’emploi, une baisse de revenus conséquente à la crise peuvent avoir des effets dramatiques. Il est alors difficile de trouver un toit – un phénomène renforcé par la flambée des prix du logement. Lire la suite

Pas de larmes pour les SDF, des solutions concrètes

3 questions à Karima Delli, par Joel Génard

Photo Miguel Medina / AFP

Vous vous êtes engagée avec Pervenche Berès dans ce combat contre la précarité. Avez-vous le sentiment qu’un pas a été franchi avec cette résolution votée ?

C’est une avancée importante et il faut absolument régler ce problème d’ici 2015. Il fallait cette résolution et, dans la commission des affaires sociales et de l’emploi, j’ai réussi à faire adopter un texte débattu ensuite en plénière. Il faut savoir que l’estimation minimum des sans-abri en Europe est de 3 millions de personnes. Mais c’est sans doute beaucoup plus. Des millions de personnes vivent aussi dans des situations difficiles, voire précaires. L’absence de chez-soi est une violation grave des droits. Mais la forme la plus visible et criante du mal-logement est celle des sans-abri. Il faut lutter contre le scandale de l’inaction des gou- vernements sur ces problématiques. Lire la suite