Les devoirs de vacances de Jack L.

Le Jeudi 2 octobre 2008

Ecole au rabais, asphyxie des moyens, appauvrissement des programmes et des contenus… Vaste programme pour une Education nationale en bien mauvaise posture. C’est en tout cas ce que Jack Lang s’applique à dénoncer dans « L’école abandonnée », une lettre adressée à Xavier Darcos publiée à la fin de l’été. Il ne s’agit pas d’un « règlement de compte ». L’auteur s’en défend et va même jusqu’à reconnaître avoir eu « considération » et « estime » pour le ministre de l’Education nationale au moment de sa nomination. De bons sentiments que les « prétendues réformes » de Xavier Darcos ont fait voler en éclat.
« Un maître mot résume votre plan : paupérisation », écrit Jack Lang dans ce pamphlet acide. « Travailler moins pour apprendre plus. Voilà une bien étrange médecine », explique-t-il lorsqu’il évoque la réforme du primaire dans laquelle les écoliers perdent deux heures de classe. «A la peau de chagrin des horaires s’ajoute celle des contenus ». Le député PS fustige le soi-disant « retour aux fondamentaux » préconisé par Darcos dans lequel serait privilégiée la mécanisation de l’apprentissage. A quoi bon, s’interroge Jack Lang, quand on sait que les mauvais résultats des collégiens français aux tests internationaux Pisa sont liés à leur manque d’autonomie et de créativité. Touche pas à mon école !
GB

L’école abandonnée. Lettre à Xavier Darcos – Jack Lang - Ed. Calmann-Lévy – août 2008 – 8 E – 133 p.

Géraldine Bouton @ 17:28
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Marathon Man

Le Lundi 8 septembre 2008

Embarquement immédiat sur Air Sarko. Le commandant de bord et son équipage invitent les passagers à parcourir 160 pages de voyages présidentiels. Et dans ce domaine, Nicolas Sarkozy bat des records : cinq tours du monde en 280 jours ! Une performance qui relègue le légendaire Phileas Fogg en catégorie « petit joueur ». Une seule année aura suffi à ce président hyperactif pour totaliser plus de déplacements à l’étranger que ses trois prédécesseurs réunis sur la même période.
Bruno Dive, journaliste à Sud-Ouest, l’a suivi dans ses principaux périples depuis son élection. Chine, Russie, Maroc, Grande-Bretagne, le président survole les continents, traverse les capitales.
Cette chronique des voyages présidentiels dresse le portrait « hors les murs » d’un chef d’Etat globe-trotter. L’écriture est vivante. Des phrases courtes et un ton direct rythment le récit à l’image de celui qui y est décrit. Nicolas Sarkozy y apparaît comme un homme pressé qui cumule « petites gaffes » et autres « impairs ». Une dimension dont Bruno Dive ne fait pas l’économie.

Air Sarko – Bruno Dive - Editions Jacob-Duvernet – 160 pages -17,90 €

Géraldine Bouton @ 18:10
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L’Afrique sinophile

Le Lundi 7 juillet 2008

L’essentiel des relations entre l’Afrique et la Chine tiendrait en quelques chiffres : un commerce bilatéral multiplié par 50 de 1980 à 2005, 100 Mds€ d’échanges prévus pour 2010, 900 entreprises chinoises et 750 000 Chinois installés sur le continent africain, etc. Reste que la vitesse de l’incursion économique de Pékin intrigue. Après avoir visité une quinzaine de pays africains, les journalistes Serge Michel et Michel Beuret reviennent avec des réponses, car les faibles coûts de production n’expliquent pas tout, bien au contraire. Qu’il s’agisse de construire une autoroute, une centrale électrique ou des logements, la Chine propose dans tous les cas des « packages » clés en mains. Un manque de fer pour construire la voie ferrée ? Les Chinois ouvrent une mine. Les habitants voient d’un mauvais Å“il cette main d’œuvre étrangère arrivant en masse ? Ils ouvrent un hôpital. Le rouleau compresseur chinois se met en place en subtilisant aux Européens les contrats un à un. La machine est particulièrement bien huilée : pendant que les petits entrepreneurs privés investissent et créent des PME sur place, l’Etat chinois mène de grands travaux d’infrastructures… et prodigue aides financière et juridique aux premiers. A cela il faut ajouter la délicate attention de la Chine qui ne souhaite pas faire « d’ingérence » dans les affaires politiques africaines. Sous-entendu : le Zimbabwe et le Soudan sont des partenaires économiques comme les autres, qu’ils ne vont pas importuner avec des conditions sur les droits de l’Homme…
Conséquence : les comparaisons faites par les hommes politiques africains entre entrepreneurs chinois et africains se font toujours au détriment de ces derniers. « La Françafrique est morte. Vive la Chinafrique ! » semblent dirent certains, pas fâchés d’évincer des Français jugés trop arrogants et posant trop de conditions à leur aide économique. Un passionnant voyage qui offre également une vision concrète de la mainmise de l’empire du Milieu sur les forêts du Congo, l’uranium du Niger et le pétrole du Tchad.
A.H.

La Chinafrique, Pékin à la tête du continent noir – Serge Michel et Michel Beuret – Grasset – 348 p. – 19,50 €

Aurélien Hélias @ 18:59
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L’Europe malade de ses nations

Le Lundi 7 juillet 2008

Sur l’Europe, il y a les convaincus, qui parlent beaucoup parfois pour ne rien dire, et les sceptiques, qui parlent peu et qui ne proposent pas grand-chose. Difficile donc de se faire un avis. Philippe Riès a eu la bonne idée de se lancer dans un court essai, L’Europe malade de la démocratie, qui pourrait combler ce vide. Il n’y fait pas l’éloge de l’Union, au contraire même, mais il explique objectivement les déficits institutionnels tout autant qu’il démonte certaines critiques infondées. Il fustige notamment l’étrange habitude de choisir les présidents de la Commission parmi les gouvernants des Etats membres, et pas toujours les plus talentueux. José Barroso n’a ainsi pas laissé un souvenir impérissable au Portugal.
Mais plus que les dysfonctionnements de l’Union, Philippe Riès dénonce surtout le comportement des gouvernants, et au premier chef les Français, qui se servent de l’Europe pour obtenir argent et protection et s’en détournent quand il s’agit d’accuser Bruxelles de tous les maux. Deux exemples illustrent parfaitement cette ambivalence : d’une part, Jacques Chirac défenseur ardent de la politique agricole au mépris de son aberration économique, d’autre part, Nicolas Sarkozy, qui pourfend l’euro et la banque centrale. L’auteur dessine avec mesure ces petits arrangements de l’élite européenne tout en rappelant les succès de l’Union, notamment économiques. « Le projet européen est aujourd’hui malade des dérives malsaines de la démocratie », écrit-il. Pour réconcilier le peuple avec l’Europe, comme le souhaite le président français, il ne faudrait donc plus instrumentaliser ses institutions et son fonctionnement, mais revenir au projet des pères fondateurs, dont les intentions étaient plus pures…
R.R.

L’Europe malade de la démocratie – Philippe Riès – Grasset – 134 p. – 9 €

Raphaël Richard @ 15:45
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Des pavés et du sang

Le Mardi 1 juillet 2008

Mai 68. La température monte à la Sorbonne. Les manifestations contre le pouvoir se multiplient. Les mouvements d’extrême gauche et d’extrême droite s’affrontent. Les pavés fusent, les voitures flambent. C’est dans cette ambiance électrique que François David situe son roman policier. L’histoire ? Une jeune étudiante de Sciences-Po se fait enlever par des hommes engagés par son ex-petit ami dealer pour la mafia corse. Son père, riche industriel, fait appel à un commissaire très efficace et à un détective privé un peu paumé.
Un bon polar, qui permet d’aborder cette période autrement que par le prisme des livres d’histoire ou de sociologie.
C.D.

Un joli mois de mai – François David – Le Cherche midi – 310 p. – 17 €

Carine Duvoux @ 11:20
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Du peu de démocratie en Amérique

Le Mardi 1 juillet 2008

Presque deux siècles après Tocqueville, la démocratie en Amérique a bien changé. Dans Une caste américaine, John MacArthur, directeur du Harper’s Magazine, en décrit les rouages aux Français qui en aurait une image trop idyllique. Elections locales ou fédérales, primaires, fonctionnement des partis, l’auteur fait le tour des instances politiques et dresse un constat sévère. Le taux de renouvellement des élus est très faible, républicains et démocrates s’entendent pour empêcher l’émergence de candidats indépendants, les dons aux partis permettent aux entreprises de s’attirer leurs faveurs… les exemples ne manquent pas pour démontrer la sclérose de l’appareil politique.
Chacun manœuvre pour obtenir ce qu’il veut : Wall-mart pour ouvrir de nouveaux supermarchés, Hillary Clinton pour être présidente, Bush pour faire la guerre, etc. L’auteur constate que les engagements pris dans les grands discours se heurtent souvent aux réalités économiques du terrain… ou aux arguments des plus riches. Sur la guerre en Irak, les démocrates les plus contestataires ont aussi souvent été surpris votant en faveur des crédits militaires nécessaires à ce conflit.
Le constat d’une Amérique aux mains des plus fortunés s’étend aussi à l’école, où le milieu d’origine a un impact sur la réussite. Les médias qui pratiquent l’autocensure sur certains sujets politiques sont également critiqués pour leur manque d’indépendance. Autant d’exemples qui permettent à John MacArthur de démontrer que l’Amérique n’est plus ce qu’elle était.
R.R.

Une caste américaine – John MacArthur – Les Arènes – 272 p. – 21 €

Raphaël Richard @ 10:18
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A la mémoire des oubliés…

Le Mardi 24 juin 2008

Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel

« Quand l’histoire serait inutile aux autres hommes, il faudrait la faire lire aux princes » : c’est sur cette exergue de Bossuet que s’ouvre Les Oubliés de la République, le nouvel ouvrage de Jean-Louis Debré où le président du Conseil constitutionnel livre un regard d’angle sur ces personnalités omises des livres d’histoire et dont les combats sont pourtant fondateurs de ce « contenu affectif » qui anime la conscience républicaine.

Quel était votre projet avec cet ouvrage ?
Je souhaitais réparer une injustice. Un certain nombre de personnalités ont contribué à dessiner les contours de notre république et ont été oubliées par l’Histoire, écartées par des figures telles que Clémenceau, Jaurés, Gambetta ou Thiers sur lesquelles se sont focalisés les feux de l’actualité et le regard des historiens.
Tous ces personnages oubliés avaient des convictions au service desquelles ils ont placé leur engagement politique. Bien sûr, il y en a de plus ou moins connus. Mais je crois que nous ne devrions pas oublier le combat qui fut celui de Jeanne Chauvin, la première femme avocat, pas plus que nous ne devrions ignorer la trace qu’a laissée dans notre histoire Julie Victoire-Daubié, la première femme bachelière.
D’autres personnages devraient être honorés. Je pense à Blaise Diagne, qui fut, après une campagne électorale difficile, le premier Noir africain député, puis ministre. Et comment ne pas être impressionné par la volonté et la lutte de Jules Lemire, député-maire de Hazebrouck, qui fut à l’origine d’une grande partie de notre législation sociale, des jardins ouvriers, du ministère du Travail ?
Quelle injustice, également, d’oublier Camille Sée, qui a été un artisan déterminé de l’enseignement des jeunes filles et à qui l’on doit la création de l’Ecole normale supérieure des jeunes filles !

Ici et là dans votre ouvrage se glissent des allusions au présent. Vous attaquez même le premier chapitre en soulignant : « il fut un temps où les hommes politiques ne ressentaient pas le besoin d’avoir recours à un conseil en communication ». Votre livre se veut-il être un contrepoint à des dérives actuelles ?
En aucun cas je ne veux interférer dans le débat présent, si ce n’est pour faire un constat : la médiatisation de la vie politique a changé la nature du discours politique. Quand vous vous adressez à la caméra, au sortir du Palais Bourbon et que vous disposez de 30, voire 45 secondes pour délivrer un message politique, celui-ci, par la force des choses, devient aseptisé. Si bien que le discours politique ne tient plus dans un raisonnement argumenté, mais se réduit à quelques petites phrases souvent préparées à l’avance, avec l’aide d’un conseiller en communication, et destinées à frapper les esprits. A la démonstration a succédé l’affirmation. Je ne cherche pas à dire si c’est un bien ou un mal : c’est ainsi.
Dans mon livre, je parle d’un député qu’on a oublié, Désiré Barodet. Il souhaitait que soient recueillies, à la suite d’une élection, toutes les professions de foi des députés élus afin que le public puisse juger si les promesses étaient tenues. Quel journaliste, quel sociologue va aujourd’hui rechercher les engagements pris dans les professions de foi ? Tout va beaucoup trop vite pour cela, et, qui plus est, les professions de foi sont aujourd’hui uniformisées par les partis politiques, tandis que jadis, chaque député rédigeait personnellement la sienne. Ce sont d’ailleurs des documents très intéressants : il faut relire les professions de foi de Tocqueville, Michelet, Eugène Sue, Victor Hugo ou Lamartine. Cela donne la mesure du point auquel les temps ont changé.

Qu’est-ce qui a guidé votre choix ?

Rien au départ. Quand j’étais président de l’Assemblée nationale, j’ai fait publier les grands discours républicains et une histoire du Parlement, et je m’étais dit qu’il serait intéressant d’aller retrouver la trace de ceux et celles qui ont œuvré pour la République, qu’ils aient ou non été députés. C’est ainsi que Julie Victoire-Daubié ou Madeleine Brès, la première femme médecin, n’ont jamais été élues. Ce qui m’a importé aussi, c’est l’originalité de leur démarche – il y a quelque chose de nouveau quand Jules-Louis Breton créé le Salon des Arts ménagers – et la difficulté qu’ils ont pu éprouver pour imposer leurs idées. Il a fallu sept ans à Joseph Caillaux pour faire admettre le principe d’un impôt progressif sur le revenu et Léopold Goirant a dû batailler 14 ans pour que soit acceptée l’idée qu’une femme mariée puisse disposer librement de son salaire.

N’est-ce pas là une vision très large du projet républicain ?
La République n’est ni de gauche ni de droite. Je pense qu’elle rassemble des personnalités qui croient que la liberté n’est pas une illusion, que l’égalité est un objectif et que la fraternité est un moyen pour parvenir à la liberté et à l’égalité.
Propos recueillis par François-Xavier Lanfranchi

Jean-Louis Debré, Les Oubliés de la République, Fayard, 2008, 20 €

Coup de jeune !
A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Constitution, le logo du Conseil Constitutionnel changera à la rentrée pour devenir la Marianne stylisée, œuvre de l’agence Carré noir, présentée ci-contre. « J’ai sélectionné un certain nombre de modèles, explique Jean-Louis Debré. Ils ont été exposés aux membres et aux personnel du Conseil, qui ont été appelés à trancher. »

François-Xavier Lanfranchi @ 12:53
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68, année féminine ?

Le Mercredi 21 mai 2008

Parce qu’il estimait que les commémorations de mai 68 ne leur donnaient pas suffisamment de place, Eric Donfu est allé à la rencontre de ces « filles de mai » qui avaient 20 ans à l’époque. L’occasion de mener une réflexion sociologique sur cette période mais aussi – et surtout – sur ce qui change pour les femmes françaises à partir de ce moment. « Seule une minorité de femmes ont participé aux événements de mai 68 dans le Quartier latin, les assemblées générales ou sur les barricades. Mais toutes ont vu leur vie changer en 40 ans, de manière radicale », explique-t-il.
Sans être sur le devant de la scène, monopolisé par les hommes, les étudiantes de mai 68 ont tout de même réussi à s’émanciper, à faire évoluer le couple, la famille et la société. Alors que l’avortement est encore illégal et que la loi Neuwirth autorisant la contraception est toute récente, les femmes affirment leur soif de liberté, leur sexualité et le « droit d’être femme sans pour autant être mère » – qu’exercera une femme sur dix de cette génération.
Eric Donfu rappelle aussi que les filles de mai 68 ne sont pas apparues d’un coup, que « ce sont les femmes de la génération 1920 qui ont tourné la première page ». Ce sont elles qui « ont ouvert la voie à une nouvelle génération de femmes libérées, leurs filles, nées à partir de 1945 ». Les filles de mai, ces « grandes innovatrices » qui sont devenues ces « nouvelles grands-mères », semblent aujourd’hui s’être calmées, mais il ne faut pas s’y tromper, affirme l’auteur : elles n’en sont pas moins déterminées à changer la société.
Guidé par les témoignages de ces femmes, qui décrivent aussi bien mai 68 que mai 2008, le lecteur se laisse porter, par curiosité ou par nostalgie, dans un voyage dans le temps.
C.D.

Ces jolies filles de mai - 68, la révolution des femmes – Eric Donfu – Editions Jacob-Duvernet – 199 p. – 14,90 E

Carine Duvoux @ 16:43
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La contestation conservatrice

Le Mardi 13 mai 2008

Non, les conservateurs américains ne se résument aux figures d’extrémistes politiques, de fanatiques religieux ou de rednecks largement diffusées en France. Dans un ouvrage collectif réalisé sous la direction de l’historien des Etats-Unis Romain Huret, plusieurs chercheurs français et américains soulignent à quel point le conservatisme est un véritable mouvement social qui ne saurait se résumer à ces caricatures. Le ciment de cette « autre culture contestataire », c’est d’abord justement le rejet des valeurs libérales qui se sont diffusées dans les années 1960 : le relativisme moral, l’activisme des juges de la Cour suprême, le poids de l’Etat fédéral, les politiques d’affirmative action. Longtemps confinés au silence, sujets de moqueries, les conservatives ont obtenu leur revanche avec l’élection au pouvoir suprême de Ronald Reagan.
Les auteurs analysent de manière très pointue les modes de mobilisation des conservateurs – notamment les talk-show radio -, leurs modes d’action – une propagande fondée sur le porte-à-porte au contraire des grandes réunions de parti ou de syndicats chapeautées par les libéraux – , et leurs références communes : l’anti-intellectualisme, la famille, la religion, la primauté des droits individuels sur les droits sociaux ou sur l’intervention de l’Etat. Base électorale du Parti républicain sans pour autant lui être inféodée, les conservatives apparaissent comme des individus capables d’une mobilisation sans pareil et très arc-boutés sur leurs principes. Une intransigeance qui explique pourquoi tous les candidats du parti de l’éléphant, à l’image de John McCain aujourd’hui, ne peuvent jamais prendre pour acquis sur le vote conservateur avant d’avoir démontré qu’ils ne sont en rien « pervertis » par les « valeurs progressistes ».
A.H.

Les conservateurs américains se mobilisent, l’autre culture contestataire – Sous la dir. de Romain Huret – Autrement – 159 p. – 17 €

Aurélien Hélias @ 15:36
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Vallini, tout est dit

Le Mardi 13 mai 2008

Autobiographie, critique de l’action de Sarkozy, programme pour la justice ou pour la réforme des institutions, futur du PS… André Vallini a vu grand pour le contenu de son ouvrage Justice pour la République. Le titre n’en annonçait pas tant et le lecteur sera un peu déconcerté d’y trouver dans une première partie le parcours détaillé du député de l’Isère, de ses premières joutes électorales à son activité au Palais Bourbon.
Le porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée se lance ensuite dans une description de la manière dont il a vécu la présidence de la commission d’enquête sur Outreau. Ce passage a tout à la fois le mérite de révéler certains aspects méconnus de cet épisode parlementaire et d’entrer dans le vif du sujet vendu par l’intitulé du livre. Ce sont d’ailleurs les insuffisances des suites données au rapport de la commission qui ont poussé André Vallini à prendre sa plume. Après une rapide et précise critique de Rachida Dati, dont l’approche est « brouillonne, confuse et maladroite », le député développe enfin ses propositions visant à rendre la justice plus accessible, respectueuse et indépendante. Il évoque notamment l’idée de revoir les conditions de la détention provisoire, la mise en place de l’action de groupe, etc.
Dans une quatrième partie qui débute sur une critique générale de Nicolas Sarkozy, il présente son programme pour réformer les institutions – proportionnelle aux législatives, plus de contrôle parlementaire, etc. – et la Constitution – loi ou référendum d’initiative populaire. Les compétences des collectivités locales et le futur du PS… n’en jetez plus la coupe est pleine ! André Vallini aurait gagné en cohérence en traitant dans des volumes séparés les différents sujets sur lesquels son avis est généralement constructif et pertinent.
R.R.

Justice pour la République – André Vallini – l’Archipel – 406 p. – 19,95 €

Raphaël Richard @ 10:49
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