Cahiers de campagne – 2

 Par Michèle Cotta

Mercredi 14 septembre
Dominique de Villepin relaxé en appel dans l’affaire Clearstream. Victoire sur toute la ligne de sa défense : pas de complicité de dénonciation calomnieuse, pas de preuves que l’ancien Premier ministre ait eu en sa possession les listings falsifiés établis par Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin.

Sous les voûtes du Palais de justice, l’ancien Premier ministre a célébré avec toute la solennité voulue son innocence reconnue, après, a-t-il précisé une fois de plus, « six ans d’un acharnement sans précédent ».

Pour autant, bien malin qui pourrait dire le chemin que prendra Dominique de Villepin dans les mois qui viennent. Celui de la guerre ou celui de la réconciliation ? Le verra-t-on, les armes à la main, apporter son souffle et la force de ses convictions à une candidature présidentielle, bataille qu’il livrera, dans ce cas, sans gros bataillons, sans espoir de gagner, mais avec celui de faire perdre son adversaire ? Choisira-t-il, au contraire, de retrouver son rang dans la majorité, oubliant ou tentant d’oublier son ressentiment contre Nicolas Sarkozy ? Une chose certaine : il ne finira pas pendu à un croc de boucher. Continue reading

Chaud et venteux !

Le climat politique vu par Brice Teinturier

Une remontée de popularité de Nicolas Sarkozy stoppée net cet été et des primaires socialistes qui pour l’instant intéressent peu les électeurs, c’est le constat du directeur général d’Ipsos, qui mesure jour après jour une opinion de plus en plus déboussolée. Entre révolte et résignation, les Français balancent.

L’été devait être beau. Il fut humide. La croissance devait progressivement revenir. Nous eûmes un krach boursier en août et un plan de mesures d’économies pour la rentrée. Les Français broient du noir ? Mais depuis tellement longtemps ! Tout change, rien ne change ? Non, la plaque tectonique des mentalités continue de se fabriquer et cette rentrée 2011 le signifie plus que les précédentes. Continue reading

Copé sur le pont… d’Arcole

Par Eric Fottorino

Avec ce portrait du secrétaire général de l’UMP, Éric Fottorino inaugure un nouveau rendez- vous de l’Hémicycle. Il s’agit de mieux faire connaître une personnalité à travers les personnages d’hier et d’aujourd’hui qu’elle admire et qui l’ont aidée à se construire. De Bonaparte à de Gaulle en passant par… Zorro, Jean-François Copé révèle à Éric Fottorino des références qui le montrent bien loin de l’image de l’homme « crispé pressé » qu’il donne parfois de lui.

Joel Saget / AFP

Jean-François Copé sait surprendre là où on l’attend. Lui demander quelle figure a inspiré son engagement poli- tique laisse prévoir qu’il va nous réciter son de Gaulle sur le fil de l’épée. Et en effet l’homme du 18-Juin, la geste gaullienne, la capacité sans pareille du Général à incarner une France rassemblée le désignent sans hésitation comme maître de son panthéon intellectuel. Cet été il a relu des passages des Mémoires retraçant les années 1958-1962. Il le dit sans détour : ces pages ont à peine vieilli. La langue est forte, belle et sobre, c’est de la grande littérature au service d’une grande vision, une aptitude à tracer des lignes stratégiques sans perdre le contact du sol. Le secrétaire général de l’UMP a senti cette vibration du gaullisme en s’adressant dernièrement aux jeunes de son mouvement. Il leur a parlé du patriotisme au XXIe siècle. Citer de Gaulle a créé aussitôt une émotion. Dans un sourire, Jean-François Copé avoue avoir retrouvé cet été un cahier rédigé de sa main en classe de 7e où il narre les aventures… de De Gaulle et de Pompidou. En 1971, il avait découpé une photo du gouvernement Chaban-Delmas. Il se souvient de l’émoi qu’il ressentait à la vue de Pompidou, la forte impression laissée sur la télé en noir et blanc par son physique massif, ses sourcils épais… Mais quand on songe comme lui, depuis sa tendre enfance, à devenir un jour président de la France, il est naturel d’avoir projeté ses rêves en direction des grands souverains, ceux qui ont forgé l’Histoire. Et le voilà qui sort son brelan de rois : François Ier, qui, à la suite de Louis XI, façonna l’État moderne et rendit à la France son rayonnement politique et culturel ; Henri IV, qui œuvra à la réconciliation nationale entre catholiques et protestants ; Louis XIV pour la grandeur, la continuité, la longévité sans doute… Continue reading

Les copains et les coquins en Europe

Aussi vieille que les États, la corruption en Europe a encore progressé. Elle coûte chaque année plus de 120 milliards d’euros à la communauté. Les gouvernements ont promis de s’attaquer à un mal devenu un véritable fléau depuis l’élargissement de l’Europe à 27. Mais les mesures prises apparaissent encore bien timides.

DR

« Demandez à un Bulgare ou à un Roumain ce qu’il pense de la corruption. La réponse est immédiate : c’est un problème grave, qui ne fait que s’amplifier !» Cet avis est partagé par la Commission européenne, qui vient de présenter ses propositions aux députés pour tenter d’endiguer un phénomène qui n’est toutefois pas spécifique aux nouveaux pays entrés dans l’Union. Si la nature et l’étendue de la corruption varient, celle-ci cause des préjudices financiers importants en réduisant les fonds publics disponibles ou en empêchant le bon fonctionnement de la passation des marchés. Elle a également des conséquences sociales dans la mesure où des groupes criminels organisés y recourent pour com- mettre ensuite d’autres infractions graves, comme le trafic de drogue. De surcroît, si elle n’est pas combattue, la corruption sape la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. Continue reading