Anticiper et proposer

Le Mardi 10 mars 2009

Créé en 1985, le Centre d’étude et de prospective stratégique (CEPS) cherche à identifier « ce qui ne fonctionne pas » dans notre société et à proposer des solutions concrètes et intelligibles. Loïc Tribot La Spière, délégué général du CEPS depuis 1987 et responsable de l’équipe des permanents nous présente le CEPS, qui se veut « une force de propositions simples et pleines de bon sens ».

Loïc Tribot La Spière, délégué général du CEPS depuis 1987

Comment est né le CEPS ?

Le monde est de plus en plus complexe. Il est donc important d’essayer d’éclairer les décideurs du monde public ou privé, de la société civile ou politique.
Le CEPS est avant tout une société de pensée, un club de réflexion et d’anticipation au sein duquel des interlocuteurs se rencontrent dans une approche privée afin d’avoir une liberté de ton et de propos. Nous voulons être un outil d’anticipation et d’analyse pragmatique. Nous voulons éviter les grandes idées et nous souhaitons adopter une démarche collective en ne faisant pas forcément intervenir des thésards ou des spécialistes car nous pensons que les hommes et les femmes du quotidien ont des choses à dire.
Le CEPS a en plus une particularité : association loi de 1901, il a officiellement été reconnu en 2003 comme Organisation internationale non gouvernementale (OING) à statut participatif par le Conseil de l’Europe.

Comment fonctionne le CEPS
?
Nous avons une base en France avec une équipe permanente d’une dizaine de personnes.
De plus, 500 personnes de 23 nationalités différentes sont membres du CEPS. Responsables d’associations, d’OI, d’ONG, parlementaires, industriels, banquiers, universitaires, ils participent directement aux travaux du CEPS.
Par ailleurs, nous avons une dizaine de délégations dans le monde, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Italie, au Japon, aux Etats-Unis ou encore à Beyrouth. Le délégué tient le rôle d’ambassadeur du CEPS.
Enfin, nous travaillons avec une quinzaine de clubs indépendants, pour lesquels le CEPS effectue la fonction de secrétariat. Nous organisons, avec les membres de ces clubs, des réunions sur une problématique donnée – santé, énergie, média, espace, sécurité, télécom, transports aériens, réforme de l’Etat – et l’ensemble des réflexions donnent lieu à une publication.

Comment se traduisent vos idées ?

Nous publions quatre types de documents.
Tout d’abord, une revue trimestrielle d’une cinquantaine de pages, qui est distribuée à environ 2 000 abonnés en Europe.
Puis, au sein de la maison d’édition Publisud, le CEPS dirige une collection dans laquelle nous publions des ouvrages sur les grands chantiers que nous menons.
Nous produisons également des rapports, pragmatiques, qui visent à répondre à un besoin, avec parfois des demandes provenant des ministères.
Enfin, les réunions que nous menons avec les clubs donnent lieu à la création d’une note d’étonnement de trois-quatre pages, afin de faire ressortir les idées clefs et les différents raisonnements menés pendant les réunions.

D’où le CEPS tire-t-il sa légitimité ?
Du fait qu’un certain nombre de nos idées sont reprises. Nous sommes à l’origine de la mise en place d’un intranet gouvernemental sécurisé ; certaines de nos propositions ont été reprises dans le livre blanc de la Défense tout comme des propositions du small business act.
Nous faisons avant tout la promotion d’idées visant à défendre les intérêts de la société.

Quelles sont vos prochaines activités ?
Nous lançons actuellement une campagne dans le cadre des élections européennes, avec pour slogan : « Ne nous loupez pas l’Europe ». Nous allons élaborer, avec nos délégations, une quinzaine de propositions pour l’Europe. Nous souhaitons, entre autres, que les dirigeants s’engagent à organiser les élections au même moment dans tous les pays de l’UE.
L’ensemble de nos propositions sera envoyé aux chefs de gouvernement en Europe, aux têtes de listes et relayé dans la presse.

Propos recueillis par Laure Martin

Laure Martin @ 16:20
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Voix au chapitre européen

Le Mardi 14 octobre 2008

Think tank, mouvement civique, lobby d’intérêt général, Confrontations Europe semble avoir fait de l’effervescence et de l’action ses leitmotivs. Débats, colloques, publications abondent. Née à Paris au début des années 1990, cette association vit à l’heure européenne et voit en l’UE une véritable « chance » pour réformer la France.

Claude Fischer, secrétaire générale de Confrontations Europe


Racontez-nous la genèse de Confrontations Europe. Dans quel contexte est né ce think tank ?

En 1991, le paysage politique français était morose, le dialogue social, perclus. Philippe Herzog, Michel Rocard, Jean-Pierre Brard, Jean Peyrelevade et Jean-Christophe Le Duigou fondent alors Confrontations pour une conflictualité ouverte viable et créative. L’idée était de réfléchir à la réforme en dehors des clivages et des schémas auxquels nous étions habitués : lutte des classes et capitalisme. L’association regroupait déjà syndicalistes, sociologues, grands patrons, chercheurs… Très vite, des groupes de travail se sont mis en place pour travailler sur des thématiques telles que la croissance, l’emploi, la finance et l’Europe. Au fil du temps, notamment après Maastricht, nous nous sommes rendu compte que l’Union européenne prenait corps et qu’elle était une chance formidable de se réformer. La thématique européenne est devenue transversale, commune à tous les groupes de travail de l’association. Et nous avons opté pour le nom de Confrontations Europe au cours de l’année 2003.

Quelles valeurs prônez-vous ?

Le pluralisme ! Nous sommes un mouvement civique non partisan. Nos membres sont issus de tous les bords politiques. Nous prônions la démocratie participative bien avant que l’expression ne soit à la mode.

Les questions européennes couvrent un large spectre. Quelles thématiques avez-vous choisi d’aborder ?
La programmation des travaux de l’association se fait en fonction des grands enjeux politiques. Tout au long de l’année, plusieurs groupes de travail, composés d’une vingtaine personnes, se réunissent régulièrement autour de divers sujets : nouveaux élargissements ; énergie ; banque, finance et assurance ; industrie et service, emploi ; relations extérieures de l’Union européenne ; alimentation et santé publique ; etc. Ces groupes font un véritable travail de veille des dossiers en débat dans l’agenda communautaire. Nos chargés de recherche vont dans les commissions du Parlement européen et effectuent des comptes rendus des débats en temps réel. Chaque membre de l’association peut participer à nos diverses publications.


Quelles sont ces publications ?

Elles sont nombreuses ! Il y a notamment notre revue trimestrielle Confrontations Europe, diffusée à 30 000 exemplaires à travers l’Europe. Nous y proposons dossiers de fond, actualités nationales et mondiales et thématiques culturelles. Une lettre électronique mensuelle est envoyée depuis notre bureau de Bruxelles. Là, il s’agit plutôt de faire le point sur les sujets en débat inscrits à l’agenda communautaire. Il y a également L’Option dans lequel sont publiés les comptes-rendus d’acte. Distribuée à 10 000 exemplaires, La lettre des Entretiens européens aborde des sujets liés à l’alimentation et au nucléaire.
Nous travaillons également sur le terrain. En 2006 et 2007, nous avons fait un « Tour d’Europe » dans une dizaine de capitales européennes. A la fin de ce mois, nous organisons à Bruxelles un colloque international sur l’intérêt européen.

Etes-vous présents dans d’autres Etats membres de l’Union européenne ?

Depuis 2004, nous avons un bureau à Bruxelles où il y a quatre permanents. Il permet, entre autres, de coordonner les associations qui se sont créées au sein du réseau mais qui restent indépendantes. En France, il y a Confrontations-Pyrénées. On en trouve également en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Allemagne, en Grèce, etc. Notre bureau bruxellois gère également le Club Lisbonne qui rassemble une quarantaine d’eurodéputés.

A l’image des think tanks américains, pensez-vous être entendu des institutions qu’elles soient françaises ou européennes ?

L’association a eu accès au Parlement européen par le biais de Philipe Herzog. Député européen jusqu’en 2004, il a offert la possibilité à l’association d’endosser le rôle d’assistant parlementaire. Nous avons fait avancer des dossiers. Nos réflexions sur les services publics en Europe ont été repris dans le livre vert de la Commission européenne en 2004 et nous avons participé à la rédaction de l’article traitant de cette question dans le traité de Constitution européenne. Un exemple parmi tant d’autres… Aujourd’hui, nous sommes sollicités pour notre expertise.

Propos recueillis par G.B.

Géraldine Bouton @ 14:33
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Une pensée pour la gauche

Le Jeudi 4 septembre 2008

Dernier arrivé dans le monde des think tank français, Terra nova fait partie des nombreux cercles de pensée cherchant à faire avancer les débats au sein de la gauche divisée. Ce groupe vise à créer un espace dédié à la réflexion intellectuelle sociale-démocrate. Son président, Olivier Ferrand, explique les enjeux et les missions de cette nouvelle structure de la pensée progressiste indépendante.

ferrandaspx.jpg Olivier Ferrand, président de Terra nova, maire adjoint de Thuir et vice-président de la communauté de communes des Aspres

Comment est né Terra nova ?
Notre think tank existe depuis mai 2008. L’idée m’est venue, avec Thierry Pech, Eric Maurin et Olivier Mongin, lors de la troisième défaite de la gauche aux présidentielles de 2007. Si la gauche peine à renouveler ses idées, c’est avant tout pour une raison structurelle : elle manque de lieux pour faire ce travail. En nous alignant sur le modèle des think tank américains en France, nous entendons créer cet espace dédié à la réflexion intellectuelle de gauche. Plus précisément, Terra nova s’est donné deux missions principales. A court terme, notre but est d’effectuer une analyse de l’actualité et de la diffuser auprès des élus, des médias et des citoyens, afin de leur donner les moyens de mieux la comprendre. Puis, sur le long terme, nous voulons produire des idées neuves. Nous souhaitons contribuer à l’élaboration d’un projet politique de gauche rénové, et ainsi véhiculer des propositions de politiques publiques.

Quelles sont vos moyens pour faire connaître vos propositions ?
Pour diffuser nos idées, des groupes de travaux pluridisciplinaires produisent des essais, d’une centaine de pages, visant à approfondir une réflexion sur les sujets de politiques publiques. Nous souhaitons publier des rapports tous les mois ouvrables, soit environ 10 numéros par an, disponibles en librairie. Pour la rentrée, des groupes de travail préparent des rapports sur le bilan de la carte scolaire, l’enseignement supérieur, la grande pauvreté, la croissance et l’innovation ou le sport. Concernant les analyses de l’actualité, la production des experts est pluri-hebdomadaire. Les notes prétendent fournir aux leaders politiques (qui peuvent faire une demande spéciale) et au grand public des analyses de sujets politiques. Elles sont publiées sur le site Internet de Terra nova, et diffusées par voie électronique. L’idée est de fournir, face à la communication gouvernementale, une expertise de gauche. Cependant, Terra nova reste un espace de réflexion indépendant du Parti socialiste.

Qui sont les membres de ce think tank ?
Pour transformer les diagnostics en solutions politiques, la politique a besoin de pluridisciplinarité. Il faut des échanges entre les communautés, entre les intellectuels, les spécialistes, les praticiens et les politiques. Nos membres viennent de ces différentes sphères et ce sont eux qui participent directement aux productions de Terra nova. La direction comprend 15 membres dont Louis Dreyfus, et Alain Christnacht , conseiller d’Etat. Le Conseil d’orientation scientifique (COS), présidé par Michel Rocard, regroupe les 150 personnalités les plus en vue de l’espace progressiste. Il est divisé en trois collèges : le collège universitaire, le collège « société civile » et le collège international. Il a en charge la qualité scientifique des travaux produits par Terra nova. Enfin, le cabinet d’experts réunit 250 personnes qualifiées issues du monde de l’entreprise, de la fonction publique et du monde associatif. Actuellement, le Conseil d’orientation scientifique est bouclé. Par contre, nous recevons toujours des candidatures pour les membres du cabinet d’experts.

Terra Nova en bref
Date de création :
mai 2008
Membres : environ 400 membres plus les adhérents
Budget : Un million d’euros, issus du mécénat d’entreprises privées françaises et européennes
Site : http://www.tnova.fr/
Publications : communiqués (commentaires d’actualité) publiés sur Internet, notes, essais dont Pour une primaire à la française d’Olivier Duhamel et Olivier Ferrand.

Propos recueillis par Laure Martin

Laure Martin @ 17:35
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Couper le cordon

Le Mardi 15 juillet 2008

Entre think tank et cercle politique, l’Ami public a du mal à se positionner, notamment par rapport aux choix de carrière de son fondateur, Christian Blanc, alors président du mouvement « Energies démocrates ». Le cercle de réflexion compte bien rebondir et porter à nouveau le débat sur la réforme de l’Etat.

Catherine Gallou, présidente de l’Ami public

Comment est né l’Ami public ?
En 2001, Christian Blanc a souhaité lancer un cercle de réflexion pour trouver des moyens de répondre aux différents blocages de la société française. Nos thèmes de prédilection étaient la réforme de l’Etat, le service minimum, les simplifications administratives, la suppression de certains échelons locaux, le contrôle de la dette publique, la décentralisation, etc. Nous souhaitions apporter des réponses sur des sujets précis avec une grande indépendance d’esprit.

Qui sont vos membres ? Leur profil a-t-il évolué ?
Nous ne souhaitons pas une réunion de gens d’une même couleur politique. Au contraire, l’idée est de dépasser la fracture droite-gauche. Il y avait à l’origine de l’Ami public beaucoup de sociologues et de fonctionnaires. Nous essayons de diversifier les profils en nous ouvrant au privé et en rajeunissant nos troupes. Nos adhérents sont aujourd’hui des gens qui ne veulent pas forcément faire de la politique. Je me donne trois ans pour étoffer à nouveau les effectifs, plus de 650 à la création, être plus proche de la société civile et faire le point sur nos travaux.

Quels sont vos méthodes de travail et vos moyens de diffusion des propositions?
L’Ami public se saisit d’un sujet, d’un thème, sur lequel il travaille en amont d’une conférence. L’idée est d’assurer à la suite de ce débat un suivi de la réflexion en faisant remonter les différentes pistes et idées sur le sujet. Beaucoup d’antennes travaillent en province et contribuent au débat.
Pour la communication, une newsletter devrait prochainement voir le jour.

Quels sont vos thèmes de travail pour cette année ?
Après avoir abordé l’économie verte l’année dernière, une conférence est prévue en septembre sur ce que j’appelle « la chaîne de la valeur » : les interactions entre le social, l’économique et les obligations juridiques liées.
L’Europe reste au cœur de nos préoccupations, avec l’idée de la faire avancer par deux ou trois idées concrètes. Nous travaillons aussi sur la santé publique, pour laquelle il faut privilégier la prévention plutôt que de couper dans les dépenses.
Nous souhaitons enfin faire vivre un observatoire de la réforme pour faire des points réguliers sur l’avancée de telle ou telle loi, pour analyser ce qui fonctionne et ce qui est à revoir.
Propos recueillis par Aurélien Hélias

Aurélien Hélias @ 9:52
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« Une vraie volonté d’agir »

Le Lundi 23 juin 2008

« Humanistes et iconoclastes », c’est ce que veulent être les membres d’Entreprise et progrès, think tank qui s’est donné pour mission de réconcilier économie et social. Philippe Charrier explique l’esprit qui anime l’association et présente ses actions visant à faire découvrir le monde de l’entreprise.

Philippe Charrier, président d’Entreprise et progrès

Quelles sont les raisons pour lesquelles Entreprise et progrès a été créé ?
En 1970, José Bidegain, alors patron des entreprises de la chaussure, et François Dalle, président de l’Oréal, ont créé l’association pour réconcilier l’économique et le social en pensant que plus de l’un provoque plus de l’autre. Cet état d’esprit est résumé par cette phrase : « L’Homme au cœur de l’entreprise, l’entreprise au cœur de la cité ». Aujourd’hui nos travaux se sont étendus du social aux politiques sociétales, afin de prendre en compte des problématiques comme l’environnement.

Comment prend forme cet état d’esprit ?
Tout d’abord par une liberté de parole et par le fait que les patrons se retroussent eux-mêmes les manches sur des chantiers pour diffuser les bonnes pratiques. Nous allons au-delà de l’activité de think tank, nous avons une vraie volonté d’agir.

Quels sont les sujets abordés par l’association ?
Par le passé, nous sommes notamment intervenus sur l’intéressement et la participation, sur les seniors ou sur la loi Dutreil. Plus récemment, nous avons publié des cahiers sur l’insertion des jeunes en difficulté et sur le passage des PME à l’international. Nous faisons de la politique, mais nous ne sommes pas partisans.

Outre les chantiers, quelles sont les activités d’Entreprise et progrès ?
Nous souhaitons tout d’abord être des vecteurs d’information pour nos membres, ce qui se concrétise par exemple par l’organisation de petits-déjeuners autour de personnalités politiques. Nous rencontrons également régulièrement les parlementaires de toutes tendances pour leur présenter les enjeux des entreprises. Ils ne connaissent souvent pas bien ce milieu, même si cela change. Nous organisons aussi des stages en entreprise pour les magistrats.

Vous menez aussi des opérations de ce type auprès des collégiens ?
Dans le cadre du stage obligatoire en entreprise en classe de troisième, nous avons mené des opérations très locales en Seine-Saint-Denis. En accord avec l’Education nationale, nous avons fait venir des patrons pour qu’ils fassent découvrir aux élèves ce qu’est une entreprise.
Propos recueillis par Raphaël Richard

Raphaël Richard @ 13:21
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Dans la lignée de Jacques Delors

Le Lundi 16 juin 2008

Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale de Notre Europe

Créé par Jacques Delors, le think tank Notre Europe travaille à perpétuer l’héritage de son fondateur à l’époque où il dirigeait la Commission européenne. Tant les choix des problématiques abordées par l’association que les membres du conseil d’administration visent à préserver l’esprit et les valeurs qui étaient les siennes à cette époque.

Pour quelles raisons Notre Europe a-t-il été créé ?
Au moment où Jacques Delors quitte la présidence de la Commission en 1996, un certain nombre de personnalités souhaite qu’il continue son action au niveau de l’Union. Il lance alors Notre Europe qui était à l’origine un cercle de réflexion sur les questions européennes. Les membres du conseil d’administration, qui sont toujours les mêmes aujourd’hui, sont des proches de Jacques Delors. Ce dernier a une vision forte de l’Union et c’est son héritage qui continue d’être le fil rouge de nos activités.

Comment est organisé le think tank ?
Nous avons à notre tête un comité d’orientation composé de personnalité de « haut niveau ». Il se réunit environ une fois par an pour prendre des positions à l’occasion d’événements particuliers. Le Conseil d’administration est lui très engagé sur le fond. Il donne des orientations administratives et programmatiques.

Comment se concrétise la dimension européenne de l’association ?
Nous sommes un think tank européen basé en France, ce qui nous permet de cultiver une double identité. Notre démarche est complètement européenne avec une équipe plurinationale, un conseil d’administration composé de personnalités européennes et un public cible tout autant européen que français. Nous ne souhaitons pas installer d’antenne à Bruxelles, mais plutôt, à long terme, créer des « sœurs » dans d’autres Etats membres.

Quelles sont les problématiques de Notre Europe ?
Notre programme annuel, qui fixe entre 60 et 70 % des grands sujets abordés, s’inscrit d’abord dans les thématiques chères à Jacques Delors comme les questions institutionnelles ou économiques et sociales. Les 30 à 40 % restants sont décidés en cours d’année pour s’ajuster avec l’actualité.
En 2008, nous abordons l’agriculture, le budget européen, l’énergie, le développement rural, etc.

Quelles sont les activités de l’association pour faire vivre ces sujets d’étude ?
Il y a d’une part nos publications et d’autre part des relais événementiels tels que des séminaires de recherche. Nous venons aussi de publier un rapport commun avec 13 think thanks européen et la Fondation pour l’innovation économique [voir l’Hémicycle n° 321] afin de porter des propositions pour la prochaine « troïka » des présidences de l’Union. Notre Europe va également organiser des Etats généraux de l’Europe, un projet plus grand public. Car si nous ciblons d’abord les décideurs européens, nous nous adressons de temps en temps directement aux citoyens.
Propos recueillis par Raphaël Richard

Raphaël Richard @ 10:56
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« Rendre notre pays plus prospère »

Le Mardi 27 mai 2008

Michel Rousseau, président de la Fondation Concorde

Centrée à l’origine sur les questions des entreprises, la Fondation Concorde a peu à peu élargi les problématiques sur lesquelles réfléchissent en son sein professionnels, universitaires et élus. Michel Rousseau présente les travaux de ce think tank qui se veut plus indépendant du pouvoir après avoir inspiré le programme de Jacques Chirac en 2002.

Comment la Fondation Concorde a-t-elle été créée ?
Au milieu des années 1990, des députés et des universitaires se sont réunis pour travailler ensemble au sujet des petites entreprises et notamment des « petites industries ». Avec la dissolution de l’Assemblée en 1997, ces réunions sont devenues le point de rassemblement permettant de remettre à plat certains projets de l’opposition d’alors. De nombreuses personnalités telles qu’Hervé Gaymard, Hervé Morin, Anne-Marie Idrac, Valérie Pécresse ou Luc Chatel nous ont rejoints à cette période. Avec le soutien de Jérome Monod, nous avons lancé officiellement la fondation en 1999-2000 en nous ouvrant aux dirigeants de petites entreprises.

Comment la fondation a évolué ensuite ?
Nous avons participé à la préparation du programme présidentiel de 2002 puis nous avons affirmé une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir. Nous nous sommes alors plus ouverts aux universitaires et aux chefs d’entreprise. Nous avons des affinités particulières, mais aucun lien avec le Cac 40 ou un parti politique.

Quel rôle souhaite jouer la fondation dans la réflexion politique ?
Notre objectif est aujourd’hui de rendre notre pays plus prospère. Nous essayons d’être des stimulateurs pour les responsables politiques qui partagent nos convictions en ouvrant des pistes et en mettant l’accent sur les points essentiels. Nos sujets de prédilection sont notamment la réduction de la dépense publique et l’énergie. Nous étions par exemple les premiers à préconiser l’ouverture du capital d’EDF ou la création d’un ministère du développement durable. Nous devenons aussi très pointus sur la rénovation du système de santé et l’évaluation des politiques publiques.

Comment fonctionne la fondation ?
Notre bureau donne les orientations générales, valide les dépenses et représente la fondation auprès de nos partenaires. Le comité d’expert réunit les responsables de la douzaine de groupes de travail afin de valider les actifs des travaux en cours.

Quelles sont les activités que vous organisez ?

Environ quatre colloques se tiennent chaque année à notre initiative et en lien avec nos groupes de travail. Selon les dates, de 200 à 1 000 personnes sont rassemblées. Le prochain aura lieu le 24 juin au Sénat et concernera la santé. Nous organisons aussi une quinzaine de petits-déjeuners tous les ans, avec entre 30 et 60 personnes réunies autour d’une personnalité.
Raphaël Richard

Raphaël Richard @ 11:14
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L’économie au cœur de la recherche

Le Mardi 13 mai 2008

Héritier de la Fondation Saint-Simon, le think tank En temps réel mène une activité approfondie de recherche principalement sur des questions économiques.

Gilles de Margerie, président de En temps réel

Dans quelles circonstances avez-vous créé En temps réel ?
En 2000, alors que venait de disparaitre la Fondation Saint-Simon, un certain nombre de ses membres a pensé qu’un nouveau cercle devait prendre le relais. C’est de cette volonté qu’est né En temps réel, un lieu de réflexion dédié aux problématiques de vie de la cité, très ouvert à l’international, au monde économique et à la vie des entreprises. Sur ces questions, nous souhaitons, avec une exigence intellectuelle très forte, faire avancer le débat et la recherche. Aujourd’hui, nous nous tournons de plus en plus vers une activité éditoriale et de recherche : nous ne souhaitons pas proposer des solutions directement opérationnelles aux politiques comme peut le faire l’Institut Montaigne.

Quel est le profil de vos membres ?
Du point de vue politique, la sensibilité réformiste est indéniable. Certains diront que nous sommes des socio-libéraux, d’autres que nous représentons le centre-gauche. L’important est que les débats restent très libres et la réflexion approfondie.
Nous essayons depuis quelques temps, avec un certain succès, de rajeunir et de féminiser nos membres. Par rapport à la Fondation Saint-Simon, essentiellement composée de hauts-fonctionnaires, notre cercle accueille beaucoup de chercheurs, de journalistes et de jeunes travaillant dans le privé.

En quoi consistent vos travaux ?
L’essentiel de notre « production » se retrouve dans les Cahiers, faciles d’accès mais qui conservent une grande exigence intellectuelle. Si certains sont des comptes-rendus de débats, la plupart sont des essais de chercheurs : une thèse « contre le conservatisme démographique français » par le démographe Hervé Le Bras ou une autre sur l’innovation, l’enseignement supérieur et la recherche publique par le mathématicien Jean-Marc Schlenker. D’autres Cahiers portent sur une expérience vécue comme la présentation exhaustive de la Haute autorité de lutte contre les discriminations par son président Louis Schweitzer.

Quelles formes prennent vos débats ?
Nous organisons environ tous les trois mois à la Fnac en partenariat avec France culture des rencontres ouvertes à tous, le plus souvent liées au thème d’un Cahier. En revanche, nos ateliers – deux à trois par an – sont réservés à un public limité : une douzaine d’intervenants s’expriment très librement sur un sujet, puisque la confidentialité des débats est la règle, et donne lieu à un compte-rendu interne.
Enfin, nos séminaires, organisés sur plusieurs mois, permettent d’anticiper les évolutions de la société sur le long terme sur des sujets tels que l’avenir de la presse ou les modèles économiques du Web.
Plus occasionnellement, nous organisons des rencontres autour d’un homme public connu : Gerhart Schröder, Peter Mandelson ou Hubert Védrine ont été nos invités.

Quel est votre programme pour cette année ?
Neuf cahiers sont en chantier, notamment autour des thèmes de la justice, de l’innovation et de la finance internationale. Une rencontre est d’ores-et-déjà prévue le 29 mai autour du président de l’Agence française de développement, Jean-Michel Sévérino, et du directeur du Centre d’études et de recherches internationales, Christophe Jaffrelot, pour débattre de la régulation de la mondialisation. De manière générale, nous souhaitons renforcer notre spécificité en nous concentrant sur les questions économiques internationales et de régulation.
Propos recueillis par Aurélien Hélias

Aurélien Hélias @ 15:22
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« Porter la parole de la France »

Le Mardi 29 avril 2008

Yves Boyer, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique

La Fondation pour la recherche stratégique (FRS) est un think tank un peu à part. Tout d’abord pour son statut de fondation de droit privé, ensuite pour ses domaines de prédilection – la sécurité et la défense –, enfin pour sa « schizophrénie » entre ses travaux pour l’Etat et l’activité de ses chercheurs à l’étranger. Yves Boyer explique cette « double vie ».

Comment la FRS a-t-elle été créée ?
En 1972, Michel Debré lance la Fondation pour les études de défense nationale (FEDN) pour mener des recherches dans ce domaine. En 1987, je participe à la création du Centre d’étude des relations entre les stratégies et les technologies (CREST) avec Jean-François Delpech. La FEDN, devenue entre temps la Fondation pour les études de défense (FED), fusionne avec le Crest en 1997. La première amène son capital important, le second son équipe de chercheurs. La FRS est le fruit de ce rapprochement. Nous avons le statut de fondation de droit privé. Nous sommes comme une petite PME et nous payons donc nos chercheurs qui ne sont pas détachés de tel ou tel organisme.

Quels sont les objectifs de fondation ?
Nos objectifs sont ambigus car nous sommes dans un système ambigu qui nous oblige à une certaine schizophrénie. D’une part, nous réalisons des contrats d’étude pour l’Etat, la Commission européenne et parfois des industriels. Chaque année le ministère de la Défense fixe les thèmes d’étude à venir… qui sont parfois un peu dépassés. Cette activité est largement alimentaire. D’autre part, nos chercheurs publient, enseignent et participent à des colloques. Nous avons 18 chercheurs qui travaillent pour nous dont une dizaine seulement participent au second volet de notre activité. C’est pourtant le plus important, même si cela passe inaperçu en France.

Quels sont les domaines de prédilection ?
C’est la « diplomatie grise ». Nous nous occupons surtout de sécurité, de défense, d’armement, à la fois d’un point de vue intérieur et international.

Quelles sont les activités organisées par la fondation ?
Nous organisons six à sept fois par an des journées d’études qui réunissent 200 personnes à la Maison de la chimie à Paris (1), ainsi qu’une dizaine de séminaires en comité plus restreint. Mais la part la plus importante de notre activité se déroule à l’étranger afin notamment de porter un point de vue français dans les lieux de débat. Cet aspect de notre travail est ignoré par le monde politique français où le cadre de discussion est trop rigide. Nous menons donc en quelque sorte une double vie.
Propos recueillis par Raphaël Richard

(1) La prochaine se déroule le 4 juin sur la sécurité européenne.

Raphaël Richard @ 10:44
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Le réseau des entrepreneurs de croissance

Le Mardi 15 avril 2008

Edith Henrion d’Aubert, directrice générale de CroissancePlus

Club d’entrepreneurs et think tank, CroissancePlus réunit depuis plus de dix ans les entreprises « de pointe » afin d’informer et d’échanger sur les questions de fiscalité, d’emploi ou de financement. Edith Henrion d’Aubert nous explique l’évolution de l’association qui revendique aujourd’hui quelque 320 membres.

Quelle a été la trajectoire de CroissancePlus depuis sa création ?
Quand Denis Payre, fondateur de Business object, a créé l’association en 1997, l’objectif était de traiter principalement des problématiques fiscales et de la taxation des stock-options. Nos membres étaient alors essentiellement des entreprises du secteur high-tech. Après une montée en puissance jusqu’en 2000, CroissancePlus a subi de plein fouet les conséquences de l’éclatement de la « bulle » Internet, évitant de peu de mettre la clef sous la porte.
2003 a été l’année du rebond avec l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction et la reconstruction des fondamentaux : ouverture des membres à tous les secteurs d’activités, élargissement des domaines de réflexion, multiplication des événements, médiatisation intense des propositions, etc. Tout cela a porté ses fruits et le travail accompli en moins de cinq ans a fait de CroissancePlus un mouvement au développement et à la notoriété sans précédent.

Quelles sont les missions de l’association ?
Nous en avons trois. La première est d’être une force de proposition, mêlant les activités de think tank et de lobbying, caractérisée par des positions constructives et réactives face aux sujets d’actualité.
La seconde consiste à représenter le premier réseau français des entrepreneurs de croissance. A ce titre, nous organisons de très nombreux événements qui sont autant d’occasions pour nos membres de se rencontrer et d’échanger autour d’invités prestigieux.
La troisième mission, récemment initiée, est d’assurer la médiatisation de nos membres dans la presse écrite ou audiovisuelle pour porter l’esprit d’entreprise qui nous anime.

Quels sont les domaines de prédilection de CroissancePlus ?
Nous animons actuellement sept commissions dans les domaines suivants : juridique/fiscal ; création/financement d’entreprise ; social/emploi ; recherche/innovation ; international ; grands comptes/PME ; et croissance responsable. Mais notre caractéristique est d’être réactifs face à l’actualité ou à des sollicitations précises des pouvoirs publics. Tout récemment par exemple, nous avons travaillé sur la réforme des stock-options et nous sommes saisis des délais de paiement, une question essentielle pour la survie des PME. Nous avons ainsi pu faire valoir nos propositions dans les discussions avec le Gouvernement en vue du projet de loi de modernisation de l’économie.

Quel type d’événements organise l’association pour ses membres ?
Ils sont principalement de quatre types. Les grands événements – déjeuners ou dîners-débat – réunissent, au rythme de deux par trimestre, les membres et des journalistes autour de personnalités de premier plan du monde politique ou économique. Ainsi cette année, après avoir accueilli François Fillon et Franck Riboud, nous recevrons François Chérèque en juin.
Nous organisons également tous les mois des petits-déjeuners thématiques avec une cinquantaine de participants ainsi qu’un rendez-vous mensuel « La Table de CroissancePlus » pour un déjeuner amical, de « business » et d’échange de bonnes pratiques.
Enfin, depuis quatre ans, notre ouverture sur l’international nous conduit à organiser des voyages d’étude et de prospection à l’étranger : Chine, Russie, Inde et Vietnam – autant d’opportunités de développement sans égal pour nos entrepreneurs !
Propos recueillis par Raphaël Richard

Raphaël Richard @ 10:35
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