Le Mardi 10 mars 2009
Créé en 1985, le Centre d’étude et de prospective stratégique (CEPS) cherche à identifier « ce qui ne fonctionne pas » dans notre société et à proposer des solutions concrètes et intelligibles. Loïc Tribot La Spière, délégué général du CEPS depuis 1987 et responsable de l’équipe des permanents nous présente le CEPS, qui se veut « une force de propositions simples et pleines de bon sens ».
Loïc Tribot La Spière, délégué général du CEPS depuis 1987
Comment est né le CEPS ?
Le monde est de plus en plus complexe. Il est donc important d’essayer d’éclairer les décideurs du monde public ou privé, de la société civile ou politique.
Le CEPS est avant tout une société de pensée, un club de réflexion et d’anticipation au sein duquel des interlocuteurs se rencontrent dans une approche privée afin d’avoir une liberté de ton et de propos. Nous voulons être un outil d’anticipation et d’analyse pragmatique. Nous voulons éviter les grandes idées et nous souhaitons adopter une démarche collective en ne faisant pas forcément intervenir des thésards ou des spécialistes car nous pensons que les hommes et les femmes du quotidien ont des choses à dire.
Le CEPS a en plus une particularité : association loi de 1901, il a officiellement été reconnu en 2003 comme Organisation internationale non gouvernementale (OING) à statut participatif par le Conseil de l’Europe.
Comment fonctionne le CEPS ?
Nous avons une base en France avec une équipe permanente d’une dizaine de personnes.
De plus, 500 personnes de 23 nationalités différentes sont membres du CEPS. Responsables d’associations, d’OI, d’ONG, parlementaires, industriels, banquiers, universitaires, ils participent directement aux travaux du CEPS.
Par ailleurs, nous avons une dizaine de délégations dans le monde, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Italie, au Japon, aux Etats-Unis ou encore à Beyrouth. Le délégué tient le rôle d’ambassadeur du CEPS.
Enfin, nous travaillons avec une quinzaine de clubs indépendants, pour lesquels le CEPS effectue la fonction de secrétariat. Nous organisons, avec les membres de ces clubs, des réunions sur une problématique donnée – santé, énergie, média, espace, sécurité, télécom, transports aériens, réforme de l’Etat – et l’ensemble des réflexions donnent lieu à une publication.
Comment se traduisent vos idées ?
Nous publions quatre types de documents.
Tout d’abord, une revue trimestrielle d’une cinquantaine de pages, qui est distribuée à environ 2 000 abonnés en Europe.
Puis, au sein de la maison d’édition Publisud, le CEPS dirige une collection dans laquelle nous publions des ouvrages sur les grands chantiers que nous menons.
Nous produisons également des rapports, pragmatiques, qui visent à répondre à un besoin, avec parfois des demandes provenant des ministères.
Enfin, les réunions que nous menons avec les clubs donnent lieu à la création d’une note d’étonnement de trois-quatre pages, afin de faire ressortir les idées clefs et les différents raisonnements menés pendant les réunions.
D’où le CEPS tire-t-il sa légitimité ?
Du fait qu’un certain nombre de nos idées sont reprises. Nous sommes à l’origine de la mise en place d’un intranet gouvernemental sécurisé ; certaines de nos propositions ont été reprises dans le livre blanc de la Défense tout comme des propositions du small business act.
Nous faisons avant tout la promotion d’idées visant à défendre les intérêts de la société.
Quelles sont vos prochaines activités ?
Nous lançons actuellement une campagne dans le cadre des élections européennes, avec pour slogan : « Ne nous loupez pas l’Europe ». Nous allons élaborer, avec nos délégations, une quinzaine de propositions pour l’Europe. Nous souhaitons, entre autres, que les dirigeants s’engagent à organiser les élections au même moment dans tous les pays de l’UE.
L’ensemble de nos propositions sera envoyé aux chefs de gouvernement en Europe, aux têtes de listes et relayé dans la presse.
Propos recueillis par Laure Martin
