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Innovations

20 novembre 2013

« Numérique : plus de 14 000 initiatives d’élus et de collectivités échangées sur notre plate-forme »

[caption id="attachment_3933" align="alignleft" width="600" caption="Florence Durand-Tornare, fondatrice de l'association Villes Internet"]Florence Durand-Tornare, fondatrice de l'association Villes Internet[/caption] Entretien avec Florence Durand-Tornare, fondatrice et déléguée de l'association Villes Internet. A-t-on raison de parler de fracture numérique ? Il n’y a pas une, mais des fractures numériques, elles sont nombreuses. Nous sommes dans une logique très différente d’il y a 15 ans, quand il s’agissait de montrer les opportunités des outils numériques aux habitants et aux usagers, notamment pour les services publics et la vie locale. Les smartphones et les tablettes ont depuis fortement augmenté le niveau de connectivité mais il existe encore des fractures géographiques : les quartiers périphériques et le monde rural sont clairement pénalisés. Il existe aussi une fracture économique : s’équiper et se connecter à Internet a un coût. Certaines personnes économisent sur leur consommation alimentaire pour financer ces moyens de communication et d’information. Il y a enfin une fracture culturelle, qui est liée à l’accessibilité des dispositifs en ligne, des services et des informations, qui sont bien souvent rédigées par une élite culturelle qui ne se met pas toujours à la portée de tous, et encore moins des personnes en situation de handicap. Cette inaccessibilité peut même concerner des contenus de service public. La fracture générationnelle est moins déséquilibrée qu’il y a 15 ans, notamment sur les usages les plus répandus. En revanche, nous voyons des populations « mono-usagères », notamment des jeunes, dont les usages sont uniques ou peu diversifiés ; pour eux aussi l’accès au service public numérique peut s’avérer compliqué. Comment les aider ? Il s’agit aujourd’hui de travailler sur l’accessibilité et de faire appel au multimédia : il faut qu’Internet ne soit plus seulement un média écrit. L’idée est de rendre les services publics plus efficaces et plus accessibles pour l’ensemble des citoyens français. Il faut penser un véritable « service public numérique » répondant aux besoins fondamentaux de l’ensemble de la population. Le numérique est-il entré dans la culture des élus locaux ? Nous observons les mêmes différences d’appropriation des outils numériques que celles qui existent dans la population. Certains élus sont conscients des avantages que cela peut leur apporter, notamment en termes de rapprochement avec leurs administrés et de démocratie locale. C’est perceptible durant les périodes électorales : il est aujourd’hui difficile de faire une campagne électorale sans être présent sur les réseaux. Une relation numérique s’est créée entre les élus et leurs administrés, comme elle peut se créer entre les agents territoriaux et les administrés autour de l’administration électronique. Faire semblant d’utiliser cette nouvelle manière de communiquer en se limitant à de l’information descendante peut créer une distance qui peut s’avérer fatale pour un élu. La réalité est qu’il y a encore trop d’élus dans l’opacité, mais beaucoup ont fait le choix de la transparence avec le numérique. Aujourd’hui on peut créer de véritables « conversations » sur les projets de ville à la fois en présentiel et en distanciel. C’est-à-dire ? Des dispositifs numériques sont mis en place pour renforcer les instances participatives et, ainsi, créer des systèmes d’expression et d’écoute plus ouverts. On peut le voir actuellement à la commission du débat public, qui vit un changement culturel important ; elle va proposer bientôt un nouveau site participatif de débat public. Les différences entre les élus, dans l’appropriation de ces outils, dépendent-elles de leur niveau de responsabilités, de l’importance du territoire ? Non, la capacité ou la volonté de s’approprier ces outils est propre à la culture personnelle de chaque élu. Leurs collaborateurs les aident souvent à comprendre et utiliser les réseaux numériques. Il est très rare qu’il n’y ait pas un minimum d’utilisation de ces outils, au moins pour diffuser de l’information descendante. Au niveau des municipalités, la problématique de la gouvernance d’un territoire numérique est celle de l’interterritorialité. Les informations et les données sont des flux qui doivent être pensés de la même manière que l’énergie ou l’eau. Le problème des frontières administratives est encore plus criant à l’heure du numérique et impose de travailler sur la base des bassins de vie, comme l’a proposé Claudy Lebreton, dans son dernier rapport à Cécile Duflot. Cela pose-t-il des problèmes de gouvernance ? Je pense que les départements ont un rôle très fort à jouer sur la question de l’accès à des services publics numériques, légitimé par leur compétence sociale. Il existe sur ce point une inégalité criante entre les territoires numériques selon les usages et les services rendus, sans parler des infrastructures qui ne tiennent pas leurs promesses ou qui sont absentes. La gouvernance nationale sur le numérique, autour de l’école par exemple, nous permet d‘espérer l’avènement de l’égalité des territoires numériques.

Écrit par

J.T.

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